Santé / Monde

Aux États-Unis, on meurt plus souvent à la maison qu'à l'hôpital

Temps de lecture : 2 min

Cela faisait plus d'un demi-siècle qu'une telle situation ne s'était pas produite.

Nombre de patient·es en phase terminale sont confié·es aux bons soins de leur entourage. | Parentingupstream via Pixabay
Nombre de patient·es en phase terminale sont confié·es aux bons soins de leur entourage. | Parentingupstream via Pixabay

En 2017, 29,8% des décès d'origine naturelle aux États-Unis sont survenus dans les hôpitaux et 30,7% à domicile, rapporte une équipe de recherche dans le New England Journal of Medicine. L'écart est faible, mais cette tendance à davantage mourir chez soi que dans un établissement de santé va se poursuivre, estiment les scientifiques.

Un tel ratio n'avait pas été observé depuis le milieu du XXe siècle, précise Haider J. Warraich, cardiologue au centre de santé des anciens combattants à Boston et coauteur de l'étude.

Les Américain·es déclarent de longue date préférer mourir à la maison et éviter le cadre institutionnel. Environ 45% des personnes âgées ont rempli des directives anticipées, qui précisent souvent que le corps médical ne doit pas prendre de mesures extrêmes pour prolonger leur vie.

Les soins palliatifs, généralement dispensés à domicile, sont plus disponibles que jamais. Quelque 1,49 million de bénéficiaires de Medicare, le système d'assurance santé américain, ont reçu de tels soins en 2017, un chiffre en hausse de 4,5% par rapport à 2016.

Les hôpitaux perçoivent depuis longtemps des incitations financières pour ne pas garder les patient·es du Medicare pendant de longues périodes, indique Diane Meier, professeure de gériatrie et de médecine palliative à l'école de médecine Icahn du Mount Sinai Hospital, à New York.

En règle générale, Medicare paie les hôpitaux par diagnostic et par patient·e, et non en fonction du nombre de jours d'hospitalisation. «Nous envoyons des patients très malades et compliqués à domicile, sous la garde de membres de la famille qui ne sont pas des professionnels formés», déplore la médecin.

Entourage sous pression

Nombre de patient·es en phase terminale se retrouvent ainsi confié·es aux bons soins de leur entourage, parfois insuffisamment préparé à la tâche.

«Nous déplaçons, peut-être de manière appropriée, le site de soins là où les patients et les familles disent vouloir être, commente Sean Morrison, directeur du département de gériatrie et de médecine palliative à l'école Icahn. Mais nous avons imposé un énorme fardeau aux familles quant au type de soins qu'elles doivent fournir et ceux qu'elles doivent payer.»

Les proches sont souvent pris·es au piège de lacunes dans le système. «Je ne pense pas que les familles ou les personnes aidantes aient conscience de ce que suppose mourir à la maison, expose Diane Meier. Il faudra qu'elles comprennent comment gérer les symptômes, comme la douleur, l'essoufflement ou la confusion. Elles doivent être disponibles 24 h/24 et 7 jours/7 et attentives à tout moment aux changements. Leurs journées ne se terminent pas après huit heures de travail [...] et 99 minutes sur 100, la famille est seule.»

En France, selon les derniers chiffres de l'Insee, 610.000 personnes sont mortes en 2018: 24% à leur domicile et 53% dans un hôpital ou une clinique.

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