Boire & manger

Une sélection de champagnes historiques ou récents, de 30 à 250 euros et plus

Temps de lecture : 8 min

Ainsi que nos conseils pour servir ce vin de fêtes.

Les champagnes Ruinart | © Ruinart France
Les champagnes Ruinart | © Ruinart France

C'est à la fin de l'année que les vins de la Champagne éternelle figurent en priorité sur les tables de fêtes. La pétillance des bulles apporte de la joie et une certaine euphorie uniques dans le monde des bouteilles nobles –tout l'esprit de la civilisation française.

Des champagnes fondateurs de l'appellation

Ruinart

Inventée en 1729 par le drapier Nicolas Ruinart qui eu l'idée géniale de loger ses vins dans des caves crayeuses de Reims, la marque intégrée dans le groupe LVMH grâce à Bertrand Mure, directeur général, a valorisé le cépage chardonnay dans le blanc de blancs superbe (66 euros) et dans le Dom Ruinart millésimé, le sommet de la maison (170 euros). Des bruts d'une qualité constante.

Moët & Chandon

C'est la grande maison d'Épernay, leader incontesté de la Champagne à l'export –près de 30 millions de bouteilles réparties sur le globe. La régularité des bruts est exemplaire (40 euros) et le millésimé ainsi que le rosé ont atteint un bon niveau de qualité: une vraie prouesse liée à l'expérience des œnologues et chefs de cave, la science au service des vins de l'Empereur.

Grand Vintage rosé Moët & Chandon 2006 | © moetfrance

Dom Pérignon

Élaborée par Richard Geoffroy, génial œnologue, la cuvée la plus fameuse de la Champagne reste une bouteille de légende, toujours millésimée (130 euros) d'un style épanoui, conciliant puissance et finesse. Un must pour les fêtes. Rosé rare et cher (300 euros).

Champagnes Dom Pérignon millésimés | © Dom Pérignon

Louis Roederer

Cette maison familiale de Reims développée depuis 1833 produit de très grands bruts issus d'un vignoble de 240 hectares cultivés en biodynamie, en constante progression qualitative. Les différentes cuvées qui évoluent dans le haut de gamme sont partout présentes en restauration, le Brut Premier s'achète les yeux fermés (41 euros) écrit un connaisseur, tout comme le rosé millésimé (72 euros) et le Cristal toujours millésimé, un champagne de luxe et de beauté (200 euros).

Billecart-Salmon

Deux frères de la famille originelle portent le nom de la maison de Mareuil-sur-Aÿ qui vient de fêter son 200e anniversaire et sa notoriété dans le petit monde des champagnophiles ne fait que croître et embellir. Billecart-Salmon produit peu de bouteilles (1.700.000), mais l'élégance des vins, la régularité et la finesse du Brut Sous Bois (48 euros) ont positionné la marque dans les meilleures tables du globe, le rosé reste un modèle du genre (60 euros).

Champagne Billecart-Salmon Brut Sous Bois | © champagnebillecartsalmon

Bollinger, le pari de l'excellence

Familiale depuis 1829, active et indépendante, la maison d'Aÿ, berceau de la Champagne, a conquis la meilleure clientèle attachée à des bruts vineux, charpentés pour la gastronomie et des plats inattendus comme la sole au basilic de Taillevent. La champagnisation spécifique signe le style masculin des cuvées à base de pinots noirs réputés du vignoble maison (160 hectares). Les vins fermentent sous bois et sont conservés en magnums de cinq à dix ans, cela s'appelle la maîtrise du temps. C'est l'un des secrets de la qualité, de la rondeur enveloppante des vins.

À l'heure présente, la marque chère aux bons sommeliers est à son top niveau dans tous ses bruts, le Spécial Cuvée (40 euros) le plus vendu est inscrit à la carte des tables étoilées dans la planète comme Dom Pérignon et Cristal. Et Bollinger reste le champagne de James Bond. Le 2011, puissant et harmonieux (190 euros).

Champagne Bollinger millésimé 2011, édition limitée | © Bollinger

Heidsieck

Cette maison rémoise a eu son héros au XIXe siècle, l'aventurier Charlie qui a forgé la réputation de ses vins aux États-Unis où il a même été condamné à la prison. L'ancêtre Heidsieck savait que son champagne avait assez de puissance et de vivacité pour être exporté comme tout grand vin. Un excellent chef de cave, Daniel Thibaut, trop tôt disparu en 2002, a impulsé le style vif, frais, minéral du Brut Réserve (40 euros), mais les millésimés (75 euros) expriment encore mieux le caractère de ces bruts aux saveurs multiples, si plaisantes à la dégustation. C'est le champagne du Four Seasons George V.

Champagnes Charles Heidsieck | © CharlesHeidsieckFrance

Krug

Il y a les Krugistes et les autres qui auront peut-être la révélation de ces vins si particuliers, d'une étonnante vibration –la rareté même. Car la maison familiale de Reims englobée dans la galaxie LVMH en 1999 livre peu de flacons, beaucoup moins d'un million de cols réservés à des moments d'exception.

Rien n'est plus complexe à élaborer qu'un brut de la maison chère au regretté chef illustre Alain Chapel et à Jean-François Revel, académicien aux papilles trieuses. La Grande Cuvée dont on célèbre la 165e édition allie la fraîcheur quasi végétale à une plénitude infinie, le vin vous parle sans fin. Le millésime 2006 offre une tension, une allonge gourmande, idéale à table. Krug est un champagne de gastronomie (200 euros ou plus) et de connaisseurs.

Champagne Krug 2006 | © Krug

G.H. Mumm

Inventée en 1827 par les frères Mumm d'origine allemande, la marque de Reims, très puissante dans la restauration parisienne tout au long de l'après seconde guerre, a été intégrée dans le groupe Pernod-Ricard qui exporte les bruts aux États-Unis en priorité. À côté du Grand Cordon brut (35 euros), l'amateur recherchera la Cuvée Mumm de Cramant à base de chardonnay (62 euros) et le champagne de six ans harmonieux et frais, une exclusivité bien conçue (34 euros).

Champagne G.H.Mumm Brut Cordon Rouge | © ghmumm

Pol Roger

Cette marque d'Épernay est iconique de la Champagne historique, elle fut la préférée de Winston Churchill qui buvait les bruts racés sur les champs de bataille. Les deux familles Pol Roger et de Billy ont préservé les approvisionnements (89 hectares de vignes) et le style vif, brillant des bruts enrichis par le chardonnay. Le blanc de blancs millésimé (85 euros) est exemplaire de la qualité Pol Roger, près de deux millions de cols dont la majorité est destinée à la Grande-Bretagne.

Champagnes Pol Roger | © champagnepolroger

Veuve Clicquot

La maison rémoise est l'une des premières à avoir été lancée par Barbe Nicole Ponsardin, veuve à 27 ans, qui a beaucoup contribué à l'amélioration des bruts et à la création du premier rosé champenois, une référence de qualité (46 euros). Avec près de 400 hectares, Clicquot se classe au deuxième rang en termes de volumes produits –12 millions de cols, pas rien. L'amateur s'offrira la Grande Dame, la cuvée de prestige dont les millésimés récents représentent le meilleur de l'appellation comme le sont Cristal et Dom Pérignon à des tarifs décents (120 euros).

Taittinger

La maison rémoise, son vignoble de 290 hectares, ses traditions, son savoir-faire, sa mémoire ont été préservés et non cédés à un groupe américain grâce à la volonté, au dynamisme de Pierre-Emmanuel Taittinger l'héritier et le directeur général depuis 2006. Jamais les bruts n'ont été meilleurs, plus fins, plus séduisants. En dehors du Brut Réserve (39 euros), il faut s'orienter pour une soirée de fête vers les Comtes de Champagne à base de chardonnay bien né (145 euros), un blanc de blancs millésimé d'un équilibre savoureux. Présent dans tous les grands restaurants, idéal à l'apéritif.

Champagne Taittinger Comtes de Champagne 2007 | © champagnetaittingerfrance

Des champagnes de création récente

Laurent Perrier

La maison familiale de Tours-sur-Marne a été réveillée, dynamisée par Bernard de Nonancourt, un seigneur des coteaux qui a fait propulser les ventes de 80.000 à 8 millions de bouteilles au bas mot. Les bruts maison ont plu (38 euros), c'est peu dire, ils ont conquis la population des champagnophiles au-delà de toutes les prévisions.

Tous les vins de Laurent Perrier présentent une finesse, une élégance, une buvabilité qui correspondent à une conception originale du champagne, un vin de plaisir féminin. Les cuvées de prestige, les rosés et, surtout, le Grand Siècle (130 euros) vont hisser la marque au sommet. Les bruts des deux filles du créateur, Alexandra et Stéphanie de Nonancourt, sont présents dans tous les pays développés, chez le prince Charles à Londres et jusqu'en Afrique.

Bruno Paillard

Un ancien courtier, Bruno Paillard né à Reims, excellent connaisseur des grandes marques, a créé une gamme de bruts d'une allure très droite, peu dosés et d'une fraîcheur plaisante. Sa Première Cuvée (38 euros) et le NPU Extra Brut (180 euros) ont été vendus à l'export dans de très bons restaurants. Bruno Paillard et sa fille Alice, son bras droit, ont conquis Joël Robuchon au début des Ateliers du grand chef. Une marque à découvrir sans tarder.

Champagne Bruno Paillard Première Cuvée | © champagnebrunopaillard

A R Lenoble

Anne et Antoine Malassagne ont repris cette modeste maison de Champagne créée par leur père dont l'atout majeur reste le vignoble de Chouilly, dans la fameuse Côte des Blancs, et à Bisseuil pour les pinots. Le blanc de blancs (32 euros) s'est imposé chez des restaurateurs étoilés, chez les Roux à Londres, et les propriétaires ont étendu la gamme: une dizaine d'étiquettes forme l'éventail de la maison Lenoble. Est-ce trop quand on réussit si bien le pur chardonnay?

Deutz

Cette maison d'Aÿ fondée par deux investisseurs allemands a été rachetée en 1995 par Roederer qui a nommé à sa tête Fabrice Rosset, un patron décidé à remodeler l'allure des bruts. De fait, les cuvées maison ont été redéployées, les élevages affinés et les assemblages mieux définis. Ainsi Deutz s'est forgé une identité classique, bien reçue en restauration. La maison produit deux millions de cols et le Classic (40 euros) challenge les meilleures marques. Le blanc de blancs, l'Amour de Deutz et la Cuvée William Deutz complètent l'offre de façon magistrale.

Champagnes Deutz | © champagnedeutz

Philipponnat

Lancée en 1910, cette maison de Mareuil-sur-Aÿ (600.000 bouteilles) est très prisée par les connaisseurs de la pétillance champenoise pour certaines cuvées bien constituées. Le Clos des Goisses, élevé sur une pente spectaculaire, est un vin majeur comme Dom Pérignon et Cristal. L'Extra Brut, le blanc de blancs, le Grand Blanc millésimé (53 euros) composent un ensemble remarquable par le sérieux, la rigueur et la régularité des vins.

Champagne Philipponnat Clos des Goisses | © Philipponnat

Diebolt-Vallois

La famille Diebolt s'est établie à la fin du XIXe siècle à Cramant, un village de grands chardonnays complétés par des pinots noirs et meuniers bien choisis. Les bruts faiblement dosés (30 euros) d'une étonnante délicatesse livrent des blancs de blancs désaltérants et fins. Le champagne de petite production (150.000 bouteilles) est l'un des favoris d'Éric Beaumard au Four Seasons George V.

Champagne Diebolt-Valois | © dieboltvallois

Comment servir le champagne à table?

Les bruts à la mousse perlante exigent de la fraîcheur. Chez Lasserre, les vins des coteaux champenois sont proposés à 9 degrés, c'est-à-dire jamais glacés, ils ne doivent pas séjourner dans le bac à glace mais reposer durant le service dans un seau rafraîchi.

Si le champagne est ancien, de dix à vingt ans d'âge, il est servi à température de cave soit de 10 à 14 degrés. Pour un repas festif tout au champagne, le vin d'apéritif pourra être non millésimé. Sur les plats du repas, les poissons et crustacés peuvent être agrémentés de millésimes récents (2006). Sur les viandes blanches, le veau de lait par exemple, un noble brut prêt à boire ou une belle cuvée de prestige: Cristal, Comtes de Champagne, Dom Pérignon, la Grande Dame de Clicquot, Amour de Deutz, Dom Ruinart, le sommet de la maison rémoise, selon vos goûts et vos achats. Les magnums sont recommandés si vous êtes nombreux.

Le fromage de brie, proche des coteaux, peut être accompagné du même flacon à peine rafraîchi.

Certains desserts, pas tous, peuvent être escortés d'un champagne rosé comme la pavlova aux fruits rouges, une meringue italienne crémée, ou une tarte aux quetsches ou aux pommes: c'est l'occasion de revenir aux flacons ouverts dès le début du repas, le temps les a modifiés. Attention, un champagne débouché perd ses bulles dans les heures qui suivent.

À lire: La vie mystérieuse du vin de Bruno Quenioux, un essai stimulant pour le cerveau du dégustateur signé d'un caviste d'une vaste culture, adepte de l'ivresse raisonnée et de la boisson vue du côté du sacré. Un texte lumineux. Éditions du Cherche Midi, 192 pages. 19 euros.

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