Parents & enfants / Santé

Il n'y aurait pas de lien entre naissance par césarienne et obésité

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques suédois contredisent des études qui établissaient une causalité entre l'une et l'autre.

La césarienne doublerait, en revanche, les risques de complications graves pour la mère. | Rainer Maiores via Pixabay
La césarienne doublerait, en revanche, les risques de complications graves pour la mère. | Rainer Maiores via Pixabay

En quinze ans le nombre de naissance par césarienne dans le monde a doublé, passant de 16 millions (12%) en 2000 à 29,7 millions (21%) en 2015. Plusieurs études ont lié ce mode d'accouchement à une gamme de problèmes de santé chez l'enfant, y compris l'asthme, les allergies et l'obésité. Mais la dernière étude réalisée par l'Institut Karolinska en Suède remet en cause ces liens.

Dans la revue Plos Medicine, Viktor Ahlqvist, co-auteur de l'étude, et ses collègues rapportent qu'ils se sont appuyés sur des données concernant des hommes nés entre 1982 et 1987 et ayant fait leur service militaire suédois avant 2006. L'équipe a examiné les données de 97.291 individus au regard de plusieurs critères, comme le mode d'accouchement à la naissance, l'IMC de la mère avant la grossesse, le tabagisme maternel, l'âge de la mère et le niveau d'éducation des parents.

Ainsi, si l'équipe a constaté un risque d'obésité 17% plus élevé chez les personnes nées par césarienne que chez celles nées par voie basse, aucun lien de causalité clair n'a été établi après avoir pris en compte l'ensemble des critères. C'est l'IMC de la mère avant la grossesse qui s'est révélé être le facteur le plus important.

Une étude et des limites

Cependant, cette nouvelle étude a des limites. L'utilisation de données provenant de conscrits signifie que ce travail scientifique n'a observé que des hommes et que les sujets n'avaient pas de problèmes de santé graves.

La docteure Audrey Gaskins, de l'université Emory aux États-Unis, dont les recherches antérieures avaient identifié un lien entre obésité et naissance par césarienne, a salué les résultats tout en soulevant le fait qu'il existait peut-être des différences entre la Suède et les États-Unis sur la manière ou la priode où les césariennes avaient été pratiquées. Audrey Gaskins a aussi relevé des différences d'environnement entre les deux pays –il y a plus d'obésité aux États-Unis qu'en Norvège– qui pourraient expliquer ces conclusions.

Si, d'après cette nouvelle étude, la césarienne ne serait donc pas un facteur déterminant une future obésité, il est bon de rappeler que cette opération doublerait les risques de complications graves pour la mère, comme l'a relevé une équipe de chercheurs de l'Inserm en avril dernier. Leurs conclusions ont mis en évidence que la probabilité de complications maternelles graves était presque doublée (x1,8) pour les femmes ayant accouché par césarienne par rapport à celles ayant accouché par voie basse, et triplée pour les femmes âgées de 35 ans et plus.

Selon Catherine Deneux-Tharaux, directrice de recherche à l'Inserm et responsable de l'étude, «ces résultats ont des implications pour la pratique clinique et seront utiles pour décider du type d'accouchement; les femmes et les médecins doivent être informés de ce risque accru pour déterminer la meilleure façon d'accoucher, surtout pour les mères plus âgées».

Newsletters

Les enfants maltraités, victimes silencieuses du confinement

Les enfants maltraités, victimes silencieuses du confinement

Alors que les signalements affluent, les professionnel·les de la protection de l'enfance redoutent une flambée des violences dans les prochains jours.

Comment ne pas faire exploser son couple pendant le confinement

Comment ne pas faire exploser son couple pendant le confinement

On a beau s'aimer, personne n'est fait pour rester plusieurs semaines d'affilée dans le même espace avec la même personne en gardant la même patience.

Les podcasts sur la maternité à écouter pendant le confinement

Les podcasts sur la maternité à écouter pendant le confinement

Une sélection apaisante pour les femmes enceintes inquiètes d'accoucher à l'heure du coronavirus. Et aussi pour leurs conjoint·es.

Newsletters