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Les accusations de sexisme contre le nouveau Clint Eastwood sont jugées sexistes

Temps de lecture : 2 min

Dans le nouveau film du réalisateur américain, une journaliste couche pour obtenir un scoop. Olivia Wilde, qui incarne le personnage, s'attaque aux critiques adressées au long-métrage.

Clint Eastwood lors de la première du film à Hollywood le 20 novembre 2019. | Matt Winkelmeyer / Getty Images North America / AFP
Clint Eastwood lors de la première du film à Hollywood le 20 novembre 2019. | Matt Winkelmeyer / Getty Images North America / AFP

Le prochain film de Clint Eastwood, Le cas Richard Jewell, est fondé sur l'histoire vraie d'un agent de sécurité faussement accusé d'avoir été l'auteur des attentats des Jeux d'Atlanta en 1996. La journaliste qui enquêtait sur l'affaire est interprétée par Olivia Wilde. Dans le film, elle a une liaison avec un agent du FBI (interprété par Jon Hamm). Or Kathy Scruggs, qui est décédée en 2001, n'a en fait jamais couché avec cet agent pour obtenir des informations, comme le film le suggère.

Le journal pour lequel elle travaillait, l'Atlanta Journal-Constitution (AJC), demande donc désormais au studio distributeur du film, Warner Bros, d'inclure un avertissement indiquant que cette partie de l'histoire a été inventée. Le quotidien accuse le film de réduire la journaliste à «un objet qui échange le sexe contre des services». Selon le rédacteur en chef, le film promeut des stéréotypes nocifs sur les femmes journalistes qui couchent pour obtenir des informations, comme dans de nombreux autres films hollywoodiens (notamment Absence of malice et Thank you for smoking), mais aussi des séries.

Le studio a rétorqué qu'un avertissement indiquait déjà que certains événements avaient été réimaginés et dramatisés, mais, pour le quotidien d'Atlanta, suggérer que cette journaliste a agi de façon contraire à l'éthique professionnelle est une accusation diffamatoire grave.

«Interprétation erronée du féminisme»

L'actrice Olivia Wilde a réagi à ces accusations en expliquant que se concentrer ainsi sur cette scène était injuste et sexiste car personne ne parlait de l'éthique de l'agent du FBI. (Une des différences est que cet agent ne porte pas le nom d'un agent ayant réellement existé, alors que le personnage joué par Wilde porte le nom de la journaliste.)

L'actrice a tenté de se justifier avec un discours sur les représentations des femmes au cinéma: «Si un personnage féminin est moralement douteux, nous la condamnons ou nous condamnons le film qui a permis à une femme d'être impure de cette façon. C'est une interprétation erronée du féminisme de présupposer que les femmes devraient être représentées comme n'ayant pas de sexualité.»

La réponse, considérée comme hors sujet, a été à son tour vivement critiquée: «Défense étrange venant d'Olivia Wilde. Coucher avec ses sources est une violation basique de l'éthique journalistique. Le signaler n'est absolument pas puritain ou antiféministe.»

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