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La pilule fait-elle vivre plus longtemps? Oui et non.

Slate.fr, mis à jour le 13.03.2010 à 14 h 59

Les femmes qui se demandent quels sont les effets à long terme de la prise de la pilule contraceptive peuvent se rassurer. A en croire une étude publiée vendredi dans le British Medical Journal, les femmes qui ont commencé à utiliser ce moyen de contraception à la fin des années 60 vivent plus longtemps que celle qui n'y ont jamais eu recours. Les médecins britanniques auteur de cette enquête épidémiologique ont étudié 46.112 femmes depuis 1968 pendant 39 ans et comparé les taux de mortalité des différents groupes. Globalement, «la contraception orale n'a pas été associée à une augmentation du risque de décès au Royaume-Uni». Voire, le rapport bénéfice/risque semble même être en faveur de la contraception. Le risque de mourir d'un cancer du colon est par exemple inférieur de 38% pour les femmes qui utilisait cette méthode contraceptive, de 12% en moyenne pour d'autres maladies.

«De nombreuses femmes, notamment celle qui ont utilisé la première génération de pilules, seront probablement contentes, a expliqué le professeur Philip Hannaford, responsable de l'étude, à la BBC.

Les chercheurs ne connaissent pas encore avec certitudes les raisons de ces taux de mortalité inférieurs. Est-ce parce que les femmes qui prennent la pilule ont une hygiène de vie supérieure à celles qui n'en ont pas l'usage? La pilule, qui contient des hormones pour supprimer l'ovulation, pourrait prévenir certains cancers et maladie, notamment ceux des ovaires, tout en augmentant le risque du cancer du sein.

C'est d'ailleurs ce qui pourrait expliquer que les résultats soient plus problématiques pour les femmes plus jeunes. Pour les moins de 30 ans en effet, la prise de pilule serait plus risquée et exposerait les plus jeunes à un risque plus élevé de cancer du sein. Pas de quoi vraiment inquiéter là encore, puisqu'il semble que l'arrêt de la prise de pilule remette les pendules à zéro avec le groupe des femmes les plus âgés.

Reste que cette étude recèle une étrangeté non médicale : les femmes qui ont pris la pilule seraient davantage exposées au risque d'une mort violente. Allons bon! Deux hypothèses : celle du responsable de la recherche, lui-même pas vraiment convaincu par les résultats («Cela pourrait signifier que ces femmes ont un style de vie plus risqué») et celle d'un psychiatre Jayashri Kulkarni déniché par The NewsScientist, qui penche plutôt vers une anomalie de l'enquête épidémiologique.

[Lire la dépêche sur AP]
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