Parents & enfants / Monde

Les enfants yéménites souffriront de la faim pendant vingt ans

Temps de lecture : 2 min

Selon un rapport de l'ONG International Rescue Committee, même si la guerre s'arrêtait aujourd'hui, vingt années seraient nécessaires pour enrayer la famine.

Plus des trois quarts des habitant·es du pays font aujourd'hui face à une pénurie alimentaire, comme cet enfant souffrant de malnutrition, le 22 juin 2019, dans l'hôpital al-Sabeen de Sanaa au Yémen. | Mohammed Huwais / AFP

 
Plus des trois quarts des habitant·es du pays font aujourd'hui face à une pénurie alimentaire, comme cet enfant souffrant de malnutrition, le 22 juin 2019, dans l'hôpital al-Sabeen de Sanaa au Yémen. | Mohammed Huwais / AFP  

Après cinq années de combats, de frappes aériennes meurtrières, de maladies et de crise humanitaire, le Yémen mettra longtemps à se remettre de la guerre, si tant est qu'elle se termine. Selon un rapport d'International Rescue Committee, il faudra près de vingt ans pour ramener ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, à un niveau de malnutrition moindre que ce qu'il connaissait avant le conflit.

Car au milieu des affrontements entre les rebelles chiites houthis, appuyés par l'Iran, et les forces du gouvernement d'Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues notamment par l'Arabie saoudite, c'est bien la population qui souffre le plus. Aujourd'hui, 80% des Yéménites, soit 24 millions de personnes, ont un besoin urgent d'assistance humanitaire.

«Le Yémen abrite désormais la plus grande population au monde en situation d'insécurité alimentaire», indique le rapport de vingt pages intitulé «The War Detroyed Our Dream», qui précise également que les enfants sont les principaux touchés.

«La malnutrition n'est pas quelque chose dont on peut se remettre», a déclaré Frank McManus, directeur de l'IRC au Yémen. «Elle a un impact sur votre développement. Chaque enfant se voit privé de toutes les opportunités qu'il aurait pu avoir.»

29 milliards de dollars d'aides

La guerre déclenchée en 2014 a provoqué l'effondrement économique du Yémen. Les hôpitaux, écoles et centres d'aide alimentaire de l'État se réduisent comme peau de chagrin. Dans ce pays en ruine, l'aide humanitaire des organisations internationales semble être la seule bouée de sauvetage à laquelle la population peut s'accrocher.

D'après le rapport d'International Rescue Committee (IRC), sans un cessez-le-feu immédiat, la communauté internationale devra financer jusqu'à 29 milliards de dollars d'aide humanitaire. Si rien n'est fait, la situation du pays ne peut qu'empirer selon l'ONU, qui estime que 500.000 Yéménites de plus mourront si les combats perdurent jusqu'en 2022. Parmi eux, 300.000 décèderont faute de nourriture ou de soins.

Pour éviter une pareille situation, l'IRC appelle à l'instauration d'une paix urgente, dans la continuité de l'accord de Stockholm signé en décembre 2018 entre le gouvernement yéménite et les houthistes, qui avait mis un terme aux combats dans la ville portuaire d'Al-Hodeïda.

La situation sur place s'est complexifiée au fil du temps avec l'émergence de séparatistes au sud, de combattants d'Al-Qaida et de groupes armés qui profitent du chaos pour proliférer.

Les pays occidentaux sont aussi vivement critiqués pour continuer à vendre des armes de pointe et à fournir un soutien militaire au régime saoudien dans ses efforts pour vaincre les Houthis, considérés comme des alliés de l'Iran.

La France a notamment été sous les feux des projecteurs après les révélations du site Disclose en avril 2019 sur l'utilisation d'armes françaises vendues à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis dans le conflit au Yémen.

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