Égalités / Monde

À Los Angeles, l'ombre est un marqueur d'inégalité sociale

Temps de lecture : 2 min

Des zones ombragées chez les riches, une chaleur extrême chez les pauvres. La ville est au croisement des crises climatique et sociale.

Les palmiers, aussi beaux soient-ils, n'apportent que peu d'ombre. | Antonio Fucito via Flickr
Les palmiers, aussi beaux soient-ils, n'apportent que peu d'ombre. | Antonio Fucito via Flickr

La Cité des anges peut parfois s'apparenter à un enfer. Souvent en proie à de fortes chaleurs, notamment l'été où le thermomètre dépasse régulièrement les 40°C, la ville de Los Angeles a observé que le manque d'ombre pouvait être un facteur d'inégalité sociale, et entend bien le régler.

Le maire Eric Garcetti a ainsi déclaré: «Peut-être que nous ne l'avions pas pensé ainsi, mais l'ombre est une question d'équité.» D'un côté, on trouve les quartiers riches de Bel-Air ou Beverly Hills, où d'immenses arbres font croire à une paisible canopée. De l'autre, les quartiers pauvres comme ceux du sud ou de l'est de la ville, où les habitant·es traquent la moindre zone d'ombre en attendant le bus, qu'elle provienne d'un panneau de circulation, de l'auvent d'une boutique ou tout simplement d'une autre personne.

Pour remédier à ce problème, accentué par la crise climatique –d'après les scientifiques de l'Université de Californie, le nombre de jours d'extrême chaleur devrait passer de sept à vingt-deux d'ici à 2050 et à plus de cinquante d'ici à la fin du siècle– les autorités ont décidé d'implanter des voiles d'ombrage autour de plus de 750 arrêts de bus.

Des inégalités historiques

Après avoir peint les routes en gris pour abaisser la température au sol, Los Angeles, qui a récemment recruté sa première agente forestière, Rachel Malarich, s'engage aussi à planter plus de 90.000 arbres d'ici à 2021. Leurs emplacements ont été déterminés grâce aux données des zones de fortes chaleurs, combinées à celles du trafic urbain des bus.

L'ensoleillement a toujours été un argument de vente pour la Cité des anges au moment d'attirer de nouveaux et nouvelles habitant·es et d'en faire une mégalopole, surtout à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Mais très vite la végétation est devenue un enjeu, y compris sécuritaire: la police craignait que les arbres servent de cachette pour des armes ou de la drogue.

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Ce passé ressurgit aujourd'hui, selon le constat de Rachel Malarich: l'ouest de la ville ainsi que les quartiers Los Feliz sont recouverts à 35% d'arbres. Au contraire, les quartiers défavorisés du sud de Los Angeles ne le sont qu'à hauteur de 10 à 12%. Cette inégalité se ressent aussi au niveau de la santé. Une étude montre qu'un nombre plus important d'arbres réduit le taux d'asthme, celui des visites à l'hôpital en période de fortes chaleurs et qu'il améliore la santé mentale des habitant·es.

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