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Au Texas, un ancien agent de l'immigration découvre qu'il est mexicain et risque l'expulsion

Temps de lecture : 2 min

Son certificat de naissance avait été falsifié.

Des agents du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CPB) à Ciudad Juárez (Mexique) en janvier 2019. | Herika Martinez / AFP 
Des agents du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CPB) à Ciudad Juárez (Mexique) en janvier 2019. | Herika Martinez / AFP 

Pendant près de vingt ans, au Texas, Raul Rodriguez a travaillé pour le Service des douanes et de la protection des frontières (CPB), où il a traité de nombreux cas de demandes d'asile et d'expulsion de personnes originaires du Mexique et d'Amérique centrale. Mais, après quasiment cinquante ans passés aux États-Unis, c'est maintenant lui qui risque d'être renvoyé de son pays.

En effet, pour aider son frère mexicain à immigrer en Amérique du Nord, Rodriguez avait envoyé son certificat de naissance américain aux autorités, qui ont conclu que le document était faux. Après une enquête, son certificat authentique a été retrouvé, et Rodriguez a été surpris d'apprendre qu'il était en fait né au Mexique et que son père lui avait menti.

Depuis, il a été licencié et risque d'être expulsé. Sa demande de visa n'a pour l'instant pas été approuvée à cause de l'utilisation du certificat falsifié. Son avocat a tenté d'expliquer que l'employé des douanes, qui a effectué cinq déploiements dans la marine américaine, ne savait pas que son père avait contourné la loi, mais, pour l'instant, sa situation reste en suspens.

Jurisprudence complexe

La jurisprudence est complexe sur la question de savoir si la demande de visa est admissible dans les cas où une personne fait une fausse déclaration sans le savoir. En tant que fonctionnaire, sa nationalité et ses antécédents avaient pourtant déjà été vérifiés par le gouvernement américain, mais la falsification n'avait jamais été détectée.

Rodriguez se dit désormais très inquiet au quotidien: «À chaque fois que je vois un officier de police, je deviens tendu et je suis stressé quand je vois des gardes-frontières. Ce sont des gens avec qui j'ai travaillé, et maintenant j'ai peur d'eux.» Il est en train d'essayer d'obtenir l'aide de responsables politiques de la région, mais son avocat note que le contexte politique est défavorable: «Les politiques d'immigration de ce gouvernement sont centrées sur l'expulsion et cela affecte des personnes innocentes qui méritent d'être ici.»

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