Société / Économie

Pourquoi le bruit au bureau dérange certaines personnes plus que d'autres

Temps de lecture : 2 min

À toutes celles et ceux qui ne supportent pas le boucan que font leurs collègues.

La mode est aux open spaces, au grand dam des salarié·es qui ne supportent pas les nuisances sonores. | Shridhar Gupta via Unsplash
La mode est aux open spaces, au grand dam des salarié·es qui ne supportent pas les nuisances sonores. | Shridhar Gupta via Unsplash

Le Francis Crick Institute, un centre de recherche biomédicale londonien, est à la fois un chef-d'œuvre architectural, un temple de la recherche, un immense espace ouvert et un cauchemar pour les scientifiques qui ont besoin de silence pour bûcher.

Cette cathédrale de la science, qui a coûté 650 millions de livres, a ouvert ses portes en 2016. Quelques mois plus tard, des plaintes émanaient des chercheurs et chercheuses: il était impossible de travailler dans le calme.

Qu'il s'agisse de doctorant·es célébrant la fin de leurs études ou de collègues en train de discuter, se concentrer était devenu une gageure –comme si les architectes qui avaient conçu ce lieu avaient oublié quelque chose de fondamental: entendre du bruit en permanence dérange.

Le fait n'est pas nouveau. Les premiers bureaux ouverts remontent à 1904. Depuis, les inventions bruyantes se succèdent pour rendre cet espace où productivité et politesse doivent aller de pair invivable. Entre les chewing-gums, les téléphones qui vibrent ou qui sonnent et les gens qui mangent sans arrêt, les frustrations auditives ne cessent jamais.

En 2015 déjà, une étude menée par Avanta Serviced Office Group pointait du doigt les principaux facteurs de gêne, au premier rang desquels figuraient les conversations et les échanges de ragots entre collègues. Venait ensuite le fait de parler fort au téléphone, puis les toux/reniflements/éternuements.

Misophonie ou introversion?

Si entendre des sons provoque de l'anxiété, de l'agacement ou de la rage, il peut s'agir de misophonie. Ce trouble psychique recouvre un large spectre de nuisances sonores: cela va du sifflement joyeux de votre collègue, évidemment insupportable, aux bruit de respiration, malheureusement inévitables.

Mais sans nécessairement souffrir de misophonie, des différences existent entre les personnes introverties et extraverties. Une équipe de recherche britannique a soumis un panel de 118 lycéennes à une batterie de tests, après avoir déterminé leur degré d'introversion. Certaines ont dû réaliser les tâches demandées en écoutant de la musique, d'autres avec les bruits d'une classe en arrière-fond et les dernières dans le silence.

Les résultats ont confirmé les intuitions des scientifiques: le silence était bénéfique aux étudiantes. Mais parmi celles qui planchaient dans un cadre bruyant, les plus extraverties ont été plus performantes.

Deux idées sont avancées par Nick Perham, psychologue à l'université métropolitaine de Cardiff, pour expliquer pourquoi les bruits peuvent être aussi distrayants. La première, c'est que les bruits extérieurs font concurrence à ceux qui sont déjà dans votre tête. Les «mécanismes de répétition intérieurs» sont alors parasités par l'extérieur, et vous perdez le fil de vos pensées. La deuxième hypothèse, c'est que notre cerveau entre en situation de conflit lorsqu'il doit traiter des informations à la fois pour accomplir une tâche et pour analyser des bruits de fond.

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Ce qui permet au spécialiste de conclure que «la plupart des gens travaillent mieux quand c'est calme, malgré ce qu'ils pensent». Pour augmenter votre productivité, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

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