Sciences / Monde

Les États-Unis luttent contre la fuite de leurs scientifiques vers la Chine

Temps de lecture : 2 min

Près de 2.629 expert·es ont été recruté·es par l'empire du Milieu dans le cadre de son plan 1.000 talents, selon un rapport publié en 2018 par les services de renseignements américains.

Le ministère de la Justice accuse un professeur de l'université du Kansas d'avoir occupé un poste dans une université chinoise tout en continuant de percevoir une subvention des États-Unis. | Nathan Dumlao via Unsplash
Le ministère de la Justice accuse un professeur de l'université du Kansas d'avoir occupé un poste dans une université chinoise tout en continuant de percevoir une subvention des États-Unis. | Nathan Dumlao via Unsplash

Alors que la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis bat son plein, le président Donald Trump doit aussi faire face à ce qu'il considère comme une «tentative d'espionnage économique et scientifique»: la fuite des chercheurs et chercheuses américaines vers la Chine.

Désormais, le ministère de la Justice des États-Unis tente de punir les scientifiques qui se tournent vers ce pays.

L'affaire Tao

Washington estime que ses universités sont l'épicentre des plans de recrutement des scientifiques américain·es orchestrés par Pékin pour acquérir des avancées technologiques et scientifiques. Mais les États-Unis ont un mal fou à enrayer cette tendance, car il leur est difficile de lancer des accusations à l'encontre de ces spécialistes séduit·es par l'étranger.

Les accusations de vol de propriété intellectuelle ne suffisent pas pour prononcer une condamnation, car dans le milieu universitaire les recherches sont régulièrement partagées entre les facultés.

Le cas de Franklin Feng Tao, professeur d'ingénierie à l'université du Kansas récemment accusé d'avoir caché son emploi dans une université chinoise, pourrait désormais permettre de poursuivre en justice les participant·es à ce type de programme, sans avoir à fournir de preuves de vol de propriété intellectuelle. Les procureurs en charge de l'affaire ont déclaré que la non divulgation de son contrat avec l'université chinoise de Fuzhou lui a permis de conserver à la fois son travail dans le Kansas, mais aussi une subvention de l'État américain.

Bien que Franklin Feng Tao déclare ne jamais avoir accepté de poste en Chine, il encourt jusqu'à vingt ans de prison pour fraude. Son cas pourrait faire office de jurisprudence.

Auparavant, d'autres mesures avaient été prises pour enrayer la fuite des cerveaux. En 2018, le ministère américain de l'Énergie avait interdit à ses chercheurs et chercheuses de mener ce type d'activités annexes en Chine, après avoir découvert en son sein du personnel recruté à coup de millions de dollars par Pékin pour un programme lié à l'armée.

Plan 1.000 talents

Selon le Wall Street Journal, le gouvernement chinois a déjà engagé des milliers de scientifiques dans le monde entier, en plus des 2.629 expert·es américain·es, pour travailler dans des institutions chinoises grâce à son plan 1.000 talents.

Ce dernier prévoit des fonds importants pour séduire la fine fleur des scientifiques du monde entier et faire revenir au pays des professionnel·les d'origine chinoise. Déménagement, assurance, loyer, scolarité, tout est pris en charge par ce programme lancé en 2008, qui offre également une bourse de recherche de 5 millions de yuans aux lauréat·es (plus de 640.000 euros).

Le contexte de guerre économique entre Pékin et Washington, engagée il y a plus d'un an, a relancé la polémique autour de ce plan. Les autorités américaines, notamment depuis que Donald Trump est à la Maison-Blanche, se sont lancées dans ce qui ressemble à une chasse aux sorcières parmi ses scientifiques. La Chine, de son côté, ne semble pas vouloir renoncer à ses ambitions d'orienter son développement économique vers les techniques d'avenir. Le pays est notamment passé en 2016 devant les États-Unis en nombre d'articles scientifiques publiés.

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