Société / Tech & internet

Des activistes en combinaison blanches ont scanné 14.000 visages à Washington

Temps de lecture : 2 min

Afin de montrer pourquoi l’absence de législation en terme de reconnaissance faciale est effrayante.

Crédit Photo : Fight for the Futur
Crédit Photo : Fight for the Futur

C’était un spectacle inhabituel qui se déroulait jeudi 14 novembre à Capitol Hill, le quartier de Washington DC qui abrite le parlement des États-Unis. Trois personnes en combinaisons blanches, smartphones fixés sur le front, déambulaient dans la rue et dans les couloirs du Congrès, afin de scanner le visage des gens passant à côté d’eux.

Leurs smartphones étaient branchés sur un logiciel de reconnaissance faciale édité par Amazon et disponible commercialement appelé Rekognition. En quelques heures, ces trois personnes ont scanné environ 14.000 visages, qu’ils ont ensuite croisé avec une database de photos, afin de les identifier. Le tout diffusé en direct.

Tout cela parfaitement légalement. Et à leurs yeux, c’est bien le problème: «Ça devrait probablement être interdit, expliquent ceux qui sont en fait des activistes de l’organisation de défense des droits en ligne Fight for the future, car c’est plus que dérangeant, c’est dangereux.»

Surveillance biométrique à portée de tous

Lors de leur action, Fight for the Futur affirme avoir identifié un membre du congrès, sept journalistes, et 25 lobbyistes, notamment d’Amazon. Les habitant·es de Washington peuvent aussi uploader leur photo sur le site de l’action afin de savoir s'ils ont été scanné.

«C’est terrifiant à quel point il est facile pour n’importe qui, un gouvernement, une entreprise, ou juste un stalker, d’établir une surveillance biométrique à grande échelle», estime Evan Greer, le directeur de Fight for the Futur, enjoignant le Congrès à légiférer.

Le logiciel Rekogniton et ses utilisations ont déjà créé un certain nombre de polémiques aux États-Unis. D'employées d’Amazon qui protestent contre sa vente aux autorités, aux erreurs d’identifications fréquentes, surtout sur les personnes à la peau noire.

Le sujet s’est aussi invité dans la campagne pour les présidentielles, puisque Bernie Sanders s’est engagé à bannir totalement la reconnaissance faciale à but de surveillance. Elizabeth Warren, Kamala Harris et Julián Castro ont quant à eux dit vouloir la réguler.

En France aussi, le sujet fait débat. La Quadrature du Net s’est engagée pour l’interdiction pure et simple de la reconnaissance faciale, et la CNIL a rappelé les enjeux et les limites de ce type de technologie, et s’est prononcé pour une utilisation encadrée et mesurée.

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