Economie

Les capsules Nespresso perdent leur monopole

Slate.fr, mis à jour le 11.03.2010 à 12 h 00

La guerre des dosettes est lancée. Jean-Paul Gaillard, ex-patron de Nespresso, a annoncé vendredi 5 mars qu'il allait conccurencer son ancienne marque en commercialisant dès mai des capsules «nespresso-compatibles». Il affirme exploiter une «faille» dans les brevets de Nespresso qui était jusque-là le seul à pouvoir vendre des capsules.

Les capsules seront vendues chez Monoprix, Casino et Leader Price 35 centimes, soit 20% moins cher que les dosettes vendues par la filiale de Nestlé. Bonne surprise: elles seront biodégradables alors que les capsules Nespresso ne sont que recyclables.

«Nous avons trouvé une faille dans le système de perforation du bas de la capsule contre des petites pointes de la machine. Notre système permet d’ouvrir la capsule à la pression optimale pour la qualité sans toucher la machine Nespresso», explique Jean-Paul Gaillard à Libération.

Le DRM de Nespresso cassé

Le site Numerama, spécialisé dans les questions de droit d'auteur numériques, estime que «le DRM» de Nespresso a été «cassé»: «En quelque sorte, Nestlé est un peu l'Apple de la machine à café, et Nespresso son iPod. Les dosettes à café ne pouvant être achetées que sur l'iTunes de Nestlé, c'est-à-dire son site internet ou les boutiques officielles.»

Faut-il que Nestlé s'inquiète? «A première vue, la position de quasi-monopole sur les capsules est mise en danger mais ce segment de marché a progressé de 30% l'an passé, il y a donc de la place pour un autre acteur», explique à Reuters Christophe Laborde, analyste chez Bordier & Cie à Genève.

8.600 magasins contre 17

La concurrence devrait être limitée dans un premier temps: «Casino ne devrait monter en régime que très progressivement avec des produits distribués par son réseau, surtout en France, ce qui est assez limité», poursuit Christophe Laborde. L'enseigne comprend tout de même 8.600 magasins. À comparer aux 17 boutiques Nespresso disséminées dans l'Hexagone.

Pour l'instant, Nespresso est en situation d'attente mais pourrait répliquer: «On défendra ardemment notre propriété intellectuelle [...] Ce que les consommateurs nous achètent, c’est une promesse de qualité. Nous avons créé des grands crus de café», déclare le groupe à Libération.

[Lire les articles de Libération, Numérama et Reuters]

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Photo de une: capture d'écran du site nespresso.com

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