Curée sur les prêtres pédophiles
De nouvelles affaires éclaboussent l'Eglise catholique en Europe. Dérives individuelles ou institution malade et perverse? Le débat a commencé.
- -
Le scandale de la pédophilie du clergé catholique s'étend en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche. Le Vatican semble aujourd'hui cerné et assommé. Et un procès commence: si aucune institution éducative n'est épargnée par les abus sexuels commis sur des enfants, pourquoi l'Eglise catholique semble-t-elle la plus touchée? S'agit-il de dérives individuelles, dont la révélation devient quotidienne, ou est-ce la structure qui est perverse?
La tempête gronde en Allemagne. Elle avait éclaté en janvier avec des révélations d'abus commis par deux prêtres au prestigieux collège jésuite Canesius de Berlin, qui a formé une partie de l'élite politique allemande de l'après-guerre. Depuis, les langues se délient. D'autres victimes, formées dans des établissements catholiques, se font connaître ou portent plainte. Le 24 février, Barnabas Bögle, supérieur du monastère bénédictin d'Ettal, dans le diocèse de Munich, a démissionné en raison d'abus sexuels commis sur des enfants scolarisés dans son internat.
Selon un rapport, une centaine d'enfants aurait été «massivement victimes de sévices» conduits par des religieux de ce monastère bénédictin estimés à une dizaine. Les faits les plus récents remonteraient aux années 1970 et 1980. Rappelons que le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, fut archevêque de Munich de 1977 à 1982.
Une autre célèbre institution bavaroise est sous le choc: le Regensburger Domspatzen, le très ancien chœur des petits chanteurs de la cathédrale de Ratisbonne. L'évêché de Ratisbonne vient de reconnaître deux cas d'abus sexuels au sein de cette prestigieuse chorale que le propre frère du pape actuel, Georg Ratzinger, a dirigée de 1964 à 1993. Celui-ci, qui a 86 ans et réside désormais à Rome, a fait savoir qu'il ignorait tout d'accusations qui remontent à la fin des années 1950: «C'était une toute autre génération», a t-il dit, avant de demander pardon aux victimes et à leurs parents. Selon un compositeur de musique proche de cette chorale, qu'il fréquenta jusqu'en 1967, tout le monde était au courant de ces pratiques sexuelles perverses. Il doute que Georg Ratzinger n'en ait jamais été informé.
La très catholique Bavière est encore atteinte par deux autres affaires: dans la communauté des capucins de Burghausen, près d'Altötting, où le directeur du séminaire aurait sévi sur des jeunes dans les années 1984-1985. Puis, dans le diocèse d'Augsburg qui vient d'avertir le parquet d'une affaire remontant en 1999. Devant cette cascade de révélations, le débat a pris un tour politique en Allemagne. La ministre de la justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, réclame des compensations financières pour les victimes de crimes prescrits et veut faire voter un projet de loi visant à rallonger les délais de prescription pour les cas d'abus en milieu scolaire.
La consternation du Vatican
Elle met surtout en cause le Vatican qui aurait érigé sur ces affaires un «mur de silence». Elle fait allusion à une lettre adressée, en 2001, aux évêques du monde entier par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la congrégation romaine pour la doctrine de la foi. Ce texte intitulé «De delictis gravioribus» («au sujet des délits les plus graves») faisait obligation aux évêques de transmettre les cas majeurs directement au pape à Rome. La ministre allemand de la justice, reprise par une bonne partie de la presse, retient de cette lettre que les abus les plus sérieux ne devaient pas être divulgués à l'extérieur. Faux, répond le Vatican: c'était «un signal déterminant» pour rappeler à l'épiscopat sa responsabilité face à la gravité du crime commis.
Le scandale gagne aussi l'Autriche: Bruno Becker, supérieur de l'abbaye bénédictine Saint-Pierre de Salzbourg, a donné sa démission le 8 mars avec effet immédiat. Il a avoué publiquement avoir abusé d'un enfant en 1969 dans sa commune natale de Grödig. Puis les Pays-Bas où l'ordre des salésiens vient de faire l'objet d'accusations pour des faits qui se seraient produits dans les années 1960 et 1970 dans un internat près de Nimègue. Une commission d'enquête de l'Eglise néerlandaise, appelée Aide et droit, a lancé début mars un appel aux personnes victimes de prêtres: 34 cas d'abus sexuels ont été signalés en quatre jours.
Au Vatican, c'est la consternation. Le cardinal allemand Walter Kasper, en charge des questions œcuméniques, vient de déclarer au quotidien italien La Repubblica que «les abus sexuels sur des mineurs par des membres du clergé sont des actes criminels, honteux et des péchés mortels inadmissibles», qui devront être «punis avec une fermeté absolue». Le pape lui-même s'est saisi de ce douloureux dossier. Il l'a fait pour les Etats-Unis, pour l'Irlande, a su trouver les mots et accompli des gestes sans doute insuffisants. Il recevra le 12 mars le président de la conférence des évêques d'Allemagne.
Le célibat des prêtres en question
Mais le cauchemar semble ne plus finir. Dans beaucoup de milieux, la tentation est grande aujourd'hui de mettre en cause, au delà des délits individuels commis par quelques prêtres, l'institution catholique elle-même, dans son ensemble, et de la condamner comme structure perverse.
Le Père Federico Lombardi, porte-parole du pape, a rendu publique mardi 9 mars une forte mise au point. Il ne nie pas la gravité de la tourmente que traverse toute l'Eglise. Il a rappelé les consignes d'extrême sévérité et de transparence, fait observer qu'en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche, les autorités concernées avaient réagi avec détermination et rapidité. Mais il a surtout voulu souligner que le scandale de la pédophilie ne se limitait pas à l'Eglise: c'est une question «beaucoup plus large» et le fait de concentrer les accusations seulement sur l'Eglise catholique «fausse le point de vue». Il s'est réjoui de la demande de la ministre allemande de la famille de réunir toutes les institutions éducatives pour parler de cette tragédie et a promis la participation de l'épiscopat.
Il reste que les autres Eglises - protestantes, anglicane ou orthodoxes - qui sont aussi en charge d'établissements éducatifs, semblent relativement épargnées. Les faits les plus massifs et violents sont ceux qui sont reprochés à l'Eglise catholique, aux Etats-Unis, en Australie, en Irlande, en Allemagne, en Autriche, à un degré moindre en France, etc. Hans Küng, le célèbre théologien de Tübingen en Allemagne (mais Suisse d'origine), le plus violent opposant à Benoît XVI, a trouvé le coupable: la discipline, spécifiquement catholique, du célibat des prêtres.
Dans un point de vue publié par «Le Monde» du 5 mars, il dit ne pas ignorer que ce genre d'affaires éclate aussi dans des familles, des écoles, des associations et, plus épisodiquement, au sein d'Eglises où la règle du célibat des prêtres n'existe pas. Mais ce qui, pour lui, engendre toutes les dérives, c'est «la relation crispée qu'entretient la hiérarchie catholique avec la sexualité», dont le célibat des prêtres est «l'expression la plus frappante».
Ce point de vue a fait sursauter les psychanalystes et éditoralistes proches de l'Eglise catholique. Il n'y a pas de relation causale directe entre la pédophilie et le célibat. La meilleure preuve, commente Gérard Leclerc dans «La France catholique», est que «les prisons sont peuplées de délinquants sexuels mariés et pères de famille et que l'essentiel des crimes pédophiles est de nature incestueuse. Le mariage des prêtres ne garantirait en rien les institutions catholiques contre ce type de délinquance».
Quoiqu'il en soit, le procès d'une Eglise catholique au fonctionnement pervers a commencé. Il y a sans doute une odieuse contradiction entre le haut niveau d'exigence morale que requiert cette Eglise, dans ses propres rangs et dans la société entière, et le comportement de ceux qui sont chargés de l'encadrer et de diffuser son enseignement. Mais il serait réducteur et absurde de rabaisser le débat à la critique d'une Eglise qui créerait en elle-même ses propres tendances déviantes.
Henri Tincq
Image de une: Le Pape Benoit XVI / Reuters, Alessandro Bianchi
Mis à jour le 10/03/2010 à 19h25










































Votre article ne laisse pas de m'étonner... Il semble rédigé dans le seul but de dénoncer le malheureux Hans KÜNG, " le plus violent opposant à Benoît XVI" selon vous, pourtant marginalisé dans l'Eglise depuis fort longtemps en raison de ses positions progressistes. On comprend mieux quand on lit quels sont les arguments spécieux des "psychanalystes et éditoralistes proches de l'Eglise catholique": le journal "La France Catholique" n'est-il pas la bible - si j'ose dire - de toute la droite intégriste ? Règnerait-elle sans partage désormais sur l'Église ?
P.S. "gravioribus", soit dit en passant est un comparatif et non un superlatif, ce qui donne un sens un peu différent au texte du cardinal RATZINGER...
Je suis en désaccord avec votre titre, je ne pense pas que nous assistions à une curée sur les prêtres pédophiles.
Que des personnes ayant été abusées dans leur enfance demandent réparation du crime qu'elles ont subi et que les religieux fautifs soient signalés à la justice - ainsi que l'Eglise le préconise - et condamnés, c'est normal, même si les faits remontent, pour la plupart, aux années 70-80.
Pour le reste, vous exposez très bien les faits et je suis en plein accord avec votre dernier paragraphe.
Cependant je ne peux m'empêcher de penser que s'ouvre pour l'Eglise une crise profonde et durable.
Que Dieu lui vienne en aide.
Je trouve ce phénomène très intéressant pour la sociologie des mœurs. Tout d'abord, je trouve frappant de constater que la plupart des victimes des ecclésiastiques sont des garçons, alors qu'en dehors de l'Eglise la part des agressions contre les filles est beaucoup plus importante. L'institution devrait s'interroger sur ce phénomène. Sans prendre de gants, je l'expliquerais par le fait que la part d'homosexuels est probablement beaucoup plus importante dans le clergé que dans le reste de la société. Ce constat ne signifie évidemment pas que la proportion de pédophiles y soit corrélativement supérieure à la moyenne. Pourquoi ? Je propose deux hypothèses :
a) La vocation sacerdotale peut trouver davantage d'échos chez de jeunes homosexuels qui se sentent inadaptés au mariage. Découvrant peu à peu leur différence, et constatant que cette différence n'est nullement prise en charge par l'Eglise, ces homosexuels peuvent même aller jusqu'à refouler leur sexualité et se persuader, justement, que le célibat vaut mieux pour eux. Je pense que cette explication est la plus plausible.
b) Les rapports d'enseignement, d'autorité et/ou de compagnonnage spirituel avec des plus jeunes favorisent peut-être des rapports qui, chez certains individus, dérivent vers ce que notre société condamne sous le nom de pédophilie et qui, dans le monde grec (c'est une réalité reconnue par les historiens) pouvait se produire, sous certains conditions cependant, et sans que toute la société approuve ces comportements. Or, curieusement, la pédophilie grecque était elle aussi majoritairement orientée vers les jeunes garçons, dans un contexte de domination (intellectuelle, d'âge, sociale, etc.).
Je trouve votre commentaire un peu limite. De là à assimiler pédophilie et homosexualité, il n'y a qu'un pas que vous laissez le soin aux lecteurs de franchir en leur donnant une petite tape sur les fesses pour les y inciter.
Je suis d'accord avec vous sur le fait que des homos refoulés trouvent certainement refuge dans un clergé bien hypocrite et aux moeurs d'un autre temps.
Je pense par contre, que l'on ne doit pas prendre de raccourcis trop dangereux pour tout expliquer. Un homo refoulé ne donne pas forcément un pédophile. L'orientation sexuelle n'est pas synonyme de désorientation mentale. Ce n'est pas parce que les religions s'approprient la morale et rejetent les homos que nous autres déviants religieux sommes tous des pervers psychopathes.
Le fait que beaucoup de jeunes garçons soient concernés est expliqué aussi par le fait que l'église sexiste n'accorde pas la même place aux filles, qui n'ont (encore aujourd'hui) pas autant accès au privilège d'entrer dans certains instituts pour s'y faire tripoter voire plus.
Je ne suis pas spécialiste de la question, n'ayant moi même jamais abusé d'enfants même en période de refoulement, mais je sais que les analyses un peu rapides peuvent conduire à assimiler les homosexuels à une catégorie de gens peu fréquentables. J'ai toujours un peu peur quand un raisonnement sur la pédophilie débouche directement à parler d'homosexualité.
(Mais bon, je ne nie pas que Ratzinger soit un homo refoulé ;-)
Votre b) évoque un compagnonnage entre des enfants (C'est pour ce mot d'enfant que l'on parle de pédophilie, les mots jeune, jeune garçon permettent d'édulcorer la réalité)) et des adultes favorise les relations sexuelles. Je vous rappelle que notre société n'admet pas la notion de consentement éclairé dans les relations sexuelles entre un enfant et un adulte. C'est par la ruse, la domination que l'adulte installe la soumission sexuelle. Il n'y a pas de compagnonnage entre un maître et son esclave.
Vous avez raison de ne pas assimiler pédophilie et homosexualité. C'est aussi ce que j'ai écrit ("Ce constat ne signifie évidemment pas que la proportion de pédophiles y soit corrélativement supérieure à la moyenne") mais cela n'était sans doute pas assez clair. Mon idée centrale est que la révélation de ces affaires, qui ne concernent la plupart du temps que des victimes de sexe masculin, nous en dit peut-être un peu sur l'orientation sexuelle des prêtres. Si cette pédophilie se serait davantage exercée à l'encontre de filles, j'en aurais conclu que la proportion d'hétérosexuels dans le clergé est plus importante.
Ensuite, j'admets que mon point (b) n'explique absolument pas la prévalence de l'homosexualité dans le clergé catholique. En fait, je voulais simplement faire un parallèle avec une autre époque. A la réflexion, je pense que si la pédophilie grecque était principalement orientée vers les garçons, c'est tout simplement par que seuls les garçons étaient pris en charge par des hommes qui monopolisaient la formation et le parrainage des élites ou futures élites (philosophie, politique, mais aussi liens de recommandation auprès des puissants, etc.). En somme, si dans l'Antiquité les filles avaient été éduquées par les hommes, la pédophilie grecque aurait probablement été davantage hétérosexuelle.
Plutôt que de pérorer sur l'homosexualité chez les Grecs ou chez les prêtres catholiques, me permettez-vous quelques remarques de simple bon sens :
1. Les écoles privées catholiques gérées par des prêtres ou des ordres religieux masculins ne rassemblaient que des garçons; celles des filles étaient prises en charge par des religieuses. Tout simplement...
2. Quant à la Grèce antique, je vous rappelle que les filles comme les femmes étaient recluses dans le "gynécée", qu'elles n'avaient aucune part à la vie intellectuelle, et étaient même interdites au théâtre, soit comme actrices, soit comme spectatrices. La pédérastie, au sens étymologique, s'est développée comme une forme d'initiation intellectuelle et souvent sexuelle entre un adulte et un adolescent (Cf. les rapports entre Socrate et Alcibiade dans les "Dialogues" de Platon).
A mon avis, les filles de 10-15 ans dans la Grèce antique devaient avoir une vie sexuelle, et pas qu'avec des jeunes de leur âge...
Même en France au 14e 15e siècle (relire Rabelais...), la liberté sexuelle pour les 12-15 ans était la norme, et non l'exception (et la question de l'âge du partenaire se posait peu).
La société moderne a ceci de bien qu'elle permet de poser des limites à ce qui était auparavant toléré dans la population (et particulièrement le fait que les filles n'avaient que peu leur mot à dire quand à leur choix de partenaire sexuel).
Bref... compliqué, tout ça.
Si pour ces bandes organisées de pervers, l'Église fut le paradis sur Terre, il fut surtout l'enfer pour de nombreux gosses.
Aussi je m'interroge : aux yeux des "lois divines" et pseudo "bonnes moeurs catholiques" annonées à la TV : lesquels auront droit au paradis ? Les prêtres pédophiles ? Ceux qui les ont couverts ? Les victimes, sodomites malgré elles ? Ni les uns, ni les autres ? Y a t'il un bon point pour ceux qui n'ont pas mis de préservatif ?
Questions posées en toute Amour, bien evidemment !
Ainsi donc ces institutions religieuses se complaisaient dans le péché avec la bienveillance du clergé ! Comment des telles pratiques ont-elles pu être enfouies aussi longtemps ? Comme ses hommes de foi pouvaient-ils vivre cela ? Et qu'est-ce alors la foi si elle ne protège même pas les enfants ? Comme le souligne bromius ci-dessus cela pose d'autres problèmes. Attribuer les pratiques incriminées au célibat des prêtres est beaucoup trop court. Les ecclésiastiques font le vœux de célibat, pas de chasteté, pourquoi donc faut-il que les fautifs s'attaquent à des enfants ? On a l'impression, finalement et devant l'ampleur de ces pratiques, que cela était quasiment toléré puisque non dénoncé. C'est très très grave. Comment attacher une importance à la parole du pape ? Et il ne suffit pas ni de demander pardon aux victimes, c'est bien facile après toutes ces années de silence, ni de vouloir que dieu vienne en aide à l'église, dieu n'a rien à voir dans tout ça, on le voit bien ici. Ces hommes doivent rendre des comptes devant la justice des hommes et sans tarder.
A ma connaissance, vous commettez une erreur, chez les prêtres catholiques comme dans les ordres réguliers, il s'agit bien d'un vœu de chasteté : le célibat n'en est que la conséquence !
je réitère, renseignez-vous, les prêtre font vœux de célibat et d'obéissance à leur évêque, c'est tout. Leur vie sexuelle leur appartient. La chasteté est "réservée" à certain moines.
"Les ecclésiastiques font le vœu de célibat, pas de chasteté" FAUX.
Je ne sais pas d'ou vous vient cette idée saugrenue mais cela équivaut à dire que les membres du clergé peuvent coucher à droite à gauche autant qu'ils veulent, leur seule contrainte c'est qu'ils doivent rester célib'...
C'est typique des gens qui donnent leur avis sans chercher à comprendre le fond des choses! Cette chasteté c'est dans quel but? C’est une épreuve de foi.
Il n’y a pas à dire si c’est bien ou mal, cela les concerne, soyons tolérants même si ce choix nous paraît étrange.
Il y a quelques cas individuels mais pas de véritable mise en cause. Il y a 2 solutions soit l'église a véritablement échappé à ses pratiques, soit la complaisance que l'on perçoit aussi sur d'autres affaires a permis à l'église d'échappée à la curée. Permettez moi de pencher pour la deuxième solution.
Cher iconoclaste,
Il eut peut-être mieux valu que vous parliez du clergé plutôt que de l'église. En effet ces pratiques pédophiles concernent un certain nombre de membres du clergé et non l'Eglise dans son ensemble, bien que toutes ces affaires se succédant les unes aux autres, à travers le monde et surtout la révélation de la manière dont la hiérarchie religieuse les a occultées est tout à fait choquante.
Pour ce qui est de la France, je pense comme vous. Il y a sûrement eu des cas de pédophilie, puisque c'est un comportement humain bien répertorié, mais ils n'ont pas apparu au grand jour de manière aussi scandaleuse.
A cela il peut y avoir plusieurs explications. Soit les enfants n'ont pas averti leurs parents. Soit les parents n'ont pas osé affronter la hiérarchie religieuse. Soit la hiérarchie avertie a su gérer le problème en retirant le religieux convaincu de pédophilie de la proximité d'enfants.
Quoiqu'il en soit il ne faut pas oublier que la plupart des affaires en cause remontent aux années 70. Or le viol n'est considéré comme un crime, en France que depuis 1980, et quant au terme "pédophilie" s'il est largement utilisé par les médias, il n'apparaît pas en droit français.
Très cordialement.
d’autant plus que ce n’était pas l’objet principal de mon commentaire. Et peut-être sur ce point serons nous d’accord … S’il est difficile pour les victimes de dénoncer leurs agresseurs c’est tout simplement parce que la société française sous prétexte de liberté sexuelle dérape fréquemment et ne considère pas le problème de la pédophilie dans sa gravité. Sans vouloir revenir sur le cas « Polanski » j’ai été extrêmement choqué par les arguments utilisés par ses défenseurs très proches de ceux des pédophiles reconnus. . Un seul exemple d’un grand médecin citant Sade : « Mais la pédophilie a fait moins de morts dans l’histoire que la religion » . Dans la même veine, Yann Moix nous dit Polanski n’est pas Dutroux . Certes. Est-ce une raison pour le disculper ? Il y aurait de multiples exemples à citer. La France en tenant un discours flou sur la pédophilie permet aux prédateurs de se glisser dans ces interstices de confusion des valeurs pour justifier leur crime. De la même manière, les victimes ne sont pas considérées en tant que telles, elles sont soupçonnées de toutes les turpitudes(Voir la jeune victime de Polanski) et lorsqu’il y a inceste, in fine, on les accuse de porter atteinte à l’institution de la famille. Il faudrait plus de clarté dans la parole publique, assurer un suivi des pédophiles et comme je l’ai indiqué dans un commentaire un peu long supprimer la prescription. Nous sommes loin du compte, la France restera encore pour longtemps une terre plutôt clémente pour les pédophiles.
Cordialement.
L'Eglise romaine est la seule secte importante qui impose le célibat à ses portes parole.
Cette pratique inhumaine n'est nullement requise par la Bible. Pas plus que la décision de réserver cette vocation au sexe masculin.
En quoi donc serait-il il "réducteur et absurde de rabaisser le débat à la critique d'une Eglise qui créerait en elle-même ses propres tendances déviantes"
Ce qui serait absurde, et les faits semblent le prouver, serait d'imaginer qu'un homme en position dominante saurait résister à l'envie tout à fait naturelle et humaine de pratiquer un acte sexuel.
Evidemment l'Eglise ne propose pas à ses employés une licence de viol des mineurs, garçons ou filles. Mais il est tout aussi évident qu'imposer le célibat à des hommes chargés de gérer des groupes d'enfants court le risque inévitable que certains parmi eux commettent des actes de pédophilie.
Prétendre le contraire est naif ou hypocrite.
Il n'est pas naturel et humain d'avoir envie d'avoir des relations sexuelles avec des enfants. Tous les parents sont dans une situation dominante envers leurs enfants. Seuls des malades, des dépravés ont de telles pulsions.
Nous sommes parfaitement d'accord, évidemment. Et je n'ai pas dit le contraire.
J'ai fait remarquer d'une part que l'Eglise catholic est la seule qui impose le célibat à ses représentants et que de charger ces mêmes de la gestion de groupes d'enfants fait courir un risque inévitable.
Je répète : prétendre, comme fait Henri Tincq à la fin de son article autrement excellent, qu'il n'y a aucun un rapport entre ces deux phénomènes est ou naif ou hypocritique.
Cordialement