Médias

Des sites d’information locale en Amérique du Nord font des audiences gigantesques, ils se révèlent être des fakes

Temps de lecture : 2 min

Buzzfeed News publie une enquête sur un réseau de sites d’information locale dont la publicité rapporte très gros.

The Daily Fake News n'est pas (encore?) un véritable journal | Rawpixel via Pixabay
The Daily Fake News n'est pas (encore?) un véritable journal | Rawpixel via Pixabay

La presse américaine ne se porte pas mieux que la presse française –plutôt moins bien. Plus de 2.000 journaux ont fermé depuis une quinzaine d’années, quant aux médias convertis au numérique, ils ont du mal à trouver le bon modèle économique. Dans ce climat peu rassurant, l’Albany Daily News pourrait passer pour une figure d'exception avec ses dix millions de pages lues en août soit cinq fois plus que le très installé Albany Times Union nous explique Graig Silverman, journalise pour Buzzfeed News. Son secret: une façade presque convaincante pour abriter du fake et se nourrir de revenus publicitaires.

Un cabinet de conseil en prévention des fraudes à la publicité, le Social Puncher, a mis en lumière l’escroquerie. Pendant des mois, le soi-disant site d'information locale n'a pas été renouvelé. Il est truffé de contenus obsolètes ou faux et le trafic a été artificiellement boosté. Son pendant canadien, City of Edmonton News, génère lui aussi plus de trafic d'internautes que des sites d’information locale authentiques.

Les deux sites n’ont pas été mis à jour depuis des semaines voire des mois, aucun salarié.e ne leur est connnu.e. Aucun réseau social ou adresse n'y est renseignée. Leurs pages d’accueil sont médiocres, certaines zones cliquables ne fonctionnent pas. Des articles mal recopiés sont dépassés. Au-delà de ces pages, les sites ne traitent plus d’actualité locale mais de célébrités. Mais à en croire les audiences, ils pourraient bien avoir empoché plus de revenus publicitaires que de véritables journaux.

Comment est-ce arrivé?

Visiblement, le contrôle des réseaux publicitaires numériques est assez minime puisqu'au moment de la création des sites, son ou sa propriétaire, encore inconnu, n'a eu aucun mal à être accepté par ces derniers. Google en fait partie. En l'échange d'une commission, le géant de la tech met à disposition des réseaux d'offres et demandes publicitaires.

Contacté par Buzzfeed, Google certifie que ces sites ne présentaient rien de suspect. Les autres réseaux présents sur les faux sites n’ont pas souhaité répondre au journaliste. Seul l'un d’entre eux a assuré les avoir retirés de son réseau.

Pourtant, de nombreuses preuves attestent du gonflage artificiel des audiences. Certains liens ne sont pas cliquables et les contenus ne sont pas renouvelés ce qui devrait en théorie faire fuir les lecteurs et lectrices. Le cœur de l'audience n’a d'ailleurs rien de local malgré la promesse du journal. Les entrées vers les sites se font de manière direct, les internautes tapent le nom du média dans un moteur de recherche, et sur smartphones ce qui est non seulement improbable pour un nouveau média, mais aussi loin d'être la norme.

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