La dette américaine en détail

On entend souvent que les Américains sont à la merci de la Chine, qui détient une grande partie de ses bons du Trésor, ces titres obligataires à intérêt fixe sécurisé émis par le gouvernement américain. Ils sont utilisés par le gouvernement pour emprunter de l'argent à d'autres pays et institutions. Mais qui sont exactement les pays créditeurs des Etats-Unis, la première puissance économique mondiale? Le Guardian propose le tableau des données précises sur les pays qui détiennent la dette américaine en décembre 2009.
Le premier enseignement des chiffres publiés par le Trésor américain est que les pays asiatiques possèdent une grande partie de la dette du pays: la Chine est loin devant les autres pays avec presque 895 milliards de dollars, suivie par le Japon avec 766 milliards, tandis que Hong Kong occupe la cinquième place. La France est le 18e plus gros créditeur des Etats-Unis avec 30,5 milliards de dollars de bons, derrière des pays comme la Thaïlande, le Mexique ou encore l'Irlande.
Si la Chine avait 20 milliards en bons de moins en décembre qu'en juin 2009, sa position de principal investisseur dans la dette américaine inquiète, souligne le quotidien britannique: certains craignent que Pékin n'utilise cette situation à des fins politiques.
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Image de une: REUTERS/Sukree Sukplang
Mis à jour le 10/03/2010 à 16h10

























Les Etats-Unis ne sont pas "à la merci de la Chine". C'est une croyance qui trouve écho chez ceux qui guettent les signes d'un déclin américain, mais c'est oublier que le système économique chinois fonctionne différemment.
La Chine n'a pas intérêt à cesser de prêter aux Etats-Unis. Elle a besoin du dynamisme et de la créativité américaines, de la croissance américaines, au moins autant que les Etats-Unis ont besoin des produits chinois à bas prix. Cette situation d'interdépendance peut se poursuivre ; pour citer Rowan Callick, journaliste australien spécialiste de la Chine : "On peut veiller à ce qu'un régime dont les valeurs semblent encore incertaines ne puisse acheter ce qui lui donnerait les moyens de tenir des secteurs stratégiques."
La situation serait sans doute différente si le dynamisme chinois était entre les mains de différents entrepreneurs libres de leurs mouvements. L'argent gagné par les chinois dans les échanges avec les américains ne peut être utilisé ainsi, en raison de la mainmise du gouvernement, de ses hésitations sur les orientations à moyen terme et de sa réticence à voir se développer un marché intérieur qui risquerait de fragiliser sa position.