Hadopi augmenterait-elle le téléchargement illégal?

L'étude a de quoi faire du bruit à quelques mois de l'application effective de la loi Hadopi: selon des chercheurs du pôle télécoms de l'Université de Rennes, le nombre de pirates en France a augmenté de 3% entre septembre et décembre, dans les 3 mois qui ont suivi l'adoption de la loi Hadopi 2. Ce qui tendrait à prouver que l'effet dissuasif espéré par le gouvernement n'a pas lieu, bien au contraire.
Selon l'étude, on compte néanmoins 15% d'internautes qui utilisaient les réseaux peer-to-peer qui y ont depuis renoncé. Mais cette observation est à nuancer fortement car la loi Hadopi ne s'intéresse pas à certaines pratiques de téléchargement de plus en plus en vogue, comme le notent les chercheurs rennais.
Parmi ces ex-téléchargeurs, seulement un tiers a renoncé à toute forme de piratage numérique, alors que les deux tiers restant se sont tournés vers des pratiques alternatives de piratage échappant à la loi Hadopi comme le streaming illégal (Allostreaming,...) ou le téléchargement sur des sites d’hébergements de fichiers (Megaupload, Rapidshare,...).
Le nombre d'utilisateurs du peer-to-peer aurait donc baissé, mais le piratage global aurait légèrement augmenté grâce aux nouvelles pratiques. L'étude est téléchargeable en PDF.
Mais attention, ces résultats sont très contestables: ils ne se basent que sur une enquête téléphonique réalisée auprès de «2.000 individus représentatifs de la population de la région Bretagne». L'échantillon est peu représentatif et l'enquête téléphonique est toujours un biais, surtout lorsqu'on parle de pratiques illégales.
David el Sayeg, secrétaire général du Snep, le regroupement des maisons de disques, réfute cette enquête dans une interview pour ElectronLibre:
Il ne s’agit que d’un sondage sur une population non-identifiée. A dire vrai, seule une analyse des réseaux et notamment des flux issus des ports peer-to-peer permettrait de garantir la véracité des faits énoncés. Or il n’en est rien s’agissant de l’étude en question qui se contente d’un relevé d’opinions et d’intentions. Demandez aux personnes qui abandonnent leur chien avant un départ en vacances: ils vous répondront dans une grande majorité que celui-ci a la rage!
[Lire l'étude en PDF et l'article sur ElectronLibre]
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(Photo: Flickr/CC licence Attribution/RossinaBossioB)
Mis à jour le 10/03/2010 à 9h20










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L'échantillon est peu représentatif
Ah bon, pourquoi ? La région Bretagne serait très différente du reste du pays, des gènes de pirates ou de corsaires qui biaisent les résultats sans doute :-) ?...
et l'enquête téléphonique est toujours un biais, surtout lorsqu'on parle de pratiques illégales.
Oui mais justement s'agissant de pratiques illégales les sondés auraient donc plutôt tendance à nier s'y adonner non ? Or on a une augmentation...
A dire vrai, seule une analyse des réseaux et notamment des flux issus des ports peer-to-peer permettrait de garantir la véracité des faits
Bin si le SNEP ne fait surveiller que les flux issus "des ports P2P" on est tranquille ;-)