Boire & manger / Monde

En Inde, 38% des enfants sont touchés par la malnutrition, toutes classes sociales confondues

Temps de lecture : 2 min

L'Inde est troisième pays au monde présentant les pires taux d'insuffisance pondérale infantile, juste derrière Djibouti et le Soudan du Sud.

Un enfant indien mange un repas distribué par une cuisine communautaire, à New Delhi, en 2017. | Sajjad Hussain / AFP
Un enfant indien mange un repas distribué par une cuisine communautaire, à New Delhi, en 2017. | Sajjad Hussain / AFP

Dans les ménages indiens les plus riches, plus d'un enfant sur cinq (22%) souffre d'un retard de croissance. On passe à un enfant sur deux (51%), dans les foyers les plus pauvres. Au total, en Inde, 38% des enfants de moins de quatre ans sont touchés par la malnutrition, estime un rapport de l'UNICEF sur l'état des enfants dans le monde (SOWC).

Riches ou pauvres, les enfants indiens mangent mal. «En Inde, la sensibilisation aux régimes alimentaires sains est faible, même parmi les classes économiques aisées», explique Shweta Khandelwal, professeure à la tête du département de nutrition à la Public Health Foundation of India. De fait, l'Inde est troisième pays au monde présentant les pires taux d'insuffisance pondérale infantile, juste derrière Djibouti et le Soudan du Sud.

Retards de croissance, physique et économique

Petite taille et poids léger dans la petite enfance sont les conséquences de la sous-nutrition, dont les effets peuvent être irréversibles. Les enfants sont davantage sujets à la maladie (hypertension, diabète, maladies cardiaques se développeront plus aisément à l'âge adulte), et peuvent présenter des retards de croissance et des troubles du développement du cerveau, ce qui a des répercussions à long terme sur l'économie du pays.

Selon le rapport du SOWC, les enfants qui ont présenté un retard de croissance au cours des deux premières années de leur vie passent moins de temps à l'école, et gagnent jusqu'à 1.020 euros de moins que leurs pairs de taille moyenne, une fois en âge de travailler.

La teneur des revenus des foyers joue évidemment un rôle dans la consommation d'aliments riches en protéines. Si 82,7% des enfants de 2 à 4 ans issus des ménages les plus riches consomment des produits laitiers et 20% des œufs, ils ne représentent respectivement que 41,3% et 8,2% des ménages les plus pauvres. En moyenne, seulement 6,4% des enfants indiens reçoivent pourtant un apport suffisant dans tous les nutriments essentiels.

Le riz et le blé constituent la base des aliments consommés, et les fruits et légumes sont rares: 55% des enfants âgés de 6 à 23 mois n'en consomment pas. C'est le résultat d'une politique d'agriculture poussée par le gouvernement, visant à augmenter la croissance en favorisant les cultures massives de riz et de blé.

Un problème qui concerne toute la société

«Le manque de diversité [alimentaire] est une menace sérieuse qui nous pousse progressivement vers une famine cachée», estime Shweta Khandelwal, qui pointe le manque de temps et de ressources comme causes principales de l'abandon des recettes locales traditionnelles pour des plats bon marché, à emporter ou livrés à domicile.

Cela mène à un cocktail explosif entre anémie, obésité et retard de croissance, que les nutritionnistes appellent «le triple fardeau de la malnutrition». «De nombreux problèmes liés au revenu, à l'éducation, au genre, à l'autonomisation des femmes, à la pauvreté, à l'inclusion sociale ou aux programmes de protection sociale, à l'assainissement etc. sont liés, et sont connus pour avoir un impact sur l'état nutritionnel des masses», affirme Khandelwal

Pour tâcher d'y remédier, elle appelle une stratégie commune, qui engloberait tous ces domaines pour avoir un impact durable sur la santé des jeunes indiens.

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