Sciences / Monde

La Chine réunit des prix Nobel pour booster ses progrès scientifiques

Temps de lecture : 2 min

La Chine cherche à ramener les talents étrangers dans ses laboratoires de recherche.

Viser la lune, ça ne leur fait pas peur. | Anthony Wallace / AFP
Viser la lune, ça ne leur fait pas peur. | Anthony Wallace / AFP

Du 29 au 31 octobre, le World Laureates Forum, qui se tenait pour la deuxième année consécutive à Lingang New City, dans la périphérie Est de Shanghai, a rassemblé en Chine la fine fleur de la recherche mondiale. Scientifiques et économistes rénommé·es, lauréat·es du prix Nobel ou Turing, ils et elles étaient 44 invité·es pour cette seconde édition du Forum, qui se présente comme une plateforme de collaboration scientifique mondiale.

L'objectif reste cependant tourné vers le progrès scientifique chinois, ce que le déroulement de la cérémonie d'ouverture n'a pas manqué de rappeler –plus ou moins subtilement. The Economist rapporte ainsi la projection d'un petit film de présentation, commençant par des images des astronautes américains plantant leur drapeau sur la lune, pour s'achever sur celle des taïkonautes chinois brandissant le leur dans l'espace.

Attirer les talents étrangers

Le président chinois Xi Jinping s'est également fendu pour l'occasion d'une lettre aux invité·es, attestant de la bonne volonté de la Chine de travailler avec tous les pays afin de relever les défis de l'époque. C'est l'une des raisons de la tenue de ce forum, qui vise avant tout à tisser des liens avec des lauréat·es étranger·es, quand dans la pratique, les nations restent prises dans des rivalités sur les innovations techniques, où le soupçon d'espionnage industriel n'est jamais bien loin.

Roger Kornberg, prix Nobel de chimie venu des États-Unis, a ainsi salué l'initiative chinoise, permettant selon lui, en rassemblant un consortium international, de «supporter les jeunes scientifiques à travers le monde et de mettre l'accent sur la science fondamentale».

Les sujets abordés lors des diverses conférences couvraient des domaines très variés, allant de la matière noire et de l'analyse atomique de l'eau aux naissances prématurées.

N'ayant à son compteur que cinq prix Nobel en sciences (physique et médecine), dont la plupart commencent à dater, la Chine ne peut que tirer profit d'une attraction des talents dans ses universités et ses laboratoires de recherche, qui offrent des bourses pour les internationaux. «Chez nous, il faut faire des demandes de subventions interminables. Ici, ils nous promettent un financement stable et une réserve de chercheurs», déclarait à The Economist un biologiste d'université américaine.

À une échelle plus locale, c'est un pôle technologique que la Chine souhaiterait développer sur l'île artificielle de Lingang New City, où s'est tenu le World Laureates Forum, à soixante-dix kilomètres du centre-ville de Shanghai. Créée en 2003, la ville nouvelle, qui peine encore à rallier une forte population, cherche à attirer des investisseurs pour dynamiser la zone. Or d'après les autorités locales, près de quarante scientifiques auraient déjà signé des projets de collaboration: de quoi mobiliser de nouveaux fonds en capitalisant sur le prestige des invité.es.

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