Santé / Culture

300 millisecondes vous suffisent pour reconnaître votre chanson préférée

Temps de lecture : 2 min

La moyenne serait comprise entre un et trois dixièmes de seconde, soit à peu près autant qu'il vous faut pour cligner des yeux.

Les scientifiques espèrent que ces résultats appuieront l'utilisation de la thérapie par la musique. | bruce mars via Pexels
Les scientifiques espèrent que ces résultats appuieront l'utilisation de la thérapie par la musique. | bruce mars via Pexels

«Dans le port d'Amsterdaaam...» Stop! À votre avis, combien de temps votre cerveau a mis pour reconnaître cette chanson? Moins de 300 millisecondes (si vous êtes fan de Jacques Brel) selon une récente étude de l'UCL Ear Institute, un département académique de la Faculté des sciences du cerveau de l'University College de Londres.

Pour cette étude, publiée dans la revue Scientifique Reports, l'équipe de recherche a fait appel à cinq femmes et cinq hommes ayant préalablement choisi une mélodie qui leur tenait à cœur, avant de brouiller les pistes en la dissimulant aléatoirement au milieu de 100 autres extraits sélectionnés pour leur ressemblance avec la chanson connue du cobaye. Même tempo, même harmonie, même voix. Mais le cerveau, lui, ne se trompe pas.

Entre 100 et 300 millisecondes suffisent pour que le pupillomètre, l'outil qui mesure la dilatation de la pupille, enregistre des données liées à une excitation accrue associée au son familier. Grâce à l'imagerie électroencéphalographique, les scientifiques ont aussi observé au même moment une activité corticale dans les zones liées à mémoire. Alors, pourquoi ne pas essayer lors d'une soirée blind test?

Cette expérience semble tout de même comporter certaines limites, notamment parce que l'échantillon test –seulement dix individus– reste relativement restreint.

Pour autant, c'est une avancée importante, estime la professeure Maria Chait, autrice principale de l'étude: «Au-delà de la science fondamentale, comprendre comment le cerveau reconnaît des mélodies familières est utile pour diverses interventions thérapeutiques basées sur la musique.»

Utilisation thérapeutique

«Par exemple, il existe un intérêt croissant pour l'utilisation de la musique afin de comprendre pourquoi certains patients atteints de démence semblent reconnaître des morceaux malgré une défaillance systémique de leur mémoire, ajoute Maria Chait. Trouver la voie neuronale et les processus d'identification de la musique pourrait fournir des indices précieux permettant de comprendre ce phénomène.»

Les scientifiques espèrent notamment que ces résultats appuieront l'utilisation de la thérapie par la musique pour soigner certain·es patient·es. Des études antérieures effectuées sur 890 personnes résidant en maisons de retraite et dans des hôpitaux ont montré qu'écouter des chansons connues, c'est-à-dire qui activent la mémoire musicale, permet de lutter contre des symptômes de dépression, d'anxiété et favorise le bien-être émotionnel.

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