Vers un fonds monétaire européen
La création d'un tel fonds serait un moyen pour l'Europe de démontrer qu'elle peut vraiment se passer du FMI et régler elle-même ses problèmes.
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«Pour résumer, la Commission se tient prête à proposer un tel instrument européen d'assistance qui nécessitera le soutien de tous les pays membres de la zone euro», a déclaré Amadeu Altafaj, porte-parole de la Commission, lors du point de presse du 8 mars. «Il y a clairement une détermination pour améliorer la gouvernance économique dans la zone euro», a-t-il ajouté.
La création d'un tel fonds serait un moyen pour l'Europe de démontrer qu'elle peut vraiment se passer du FMI et régler elle-même ses problèmes. C'est une solution qui plairait beaucoup à la France, qui ne cesse de plaider pour un renforcement de la gouvernance économique européenne. Comme l'a souligné Nicolas Sarkozy le 7 mars, après la visite du Premier ministre grec:
Si nous avons créé l'euro, ce n'est pas pour laisser tomber un pays de la zone euro. Sinon ce n'était pas la peine.
Mais il se trouve que rien dans les traités européens n'était jusqu'ici prévu en cas de crise.
A quelles conditions?
Selon Wolfgang Schäuble, ministre-clé de la coalition d'Angela Merkel, le «FME» devrait prévoir de fortes pénalités pour les pays qui ne se conformeraient aux règles européennes en termes de déficit budgétaire et de dette publique. Ils pourraient ainsi se voir refuser l'accès aux fonds de cohésion, qui financent une bonne partie de la mise à niveau des pays d'Europe du sud et de l'est. Ils pourraient même être temporairement privés de leur droit de vote lors des Conseil européens. Pire, ils pourraient être suspendus de l'eurozone tant que leurs finances publiques ne seraient pas en ordre. La honte... Le ministre allemand lie la création de ce fonds à des mesures parallèles pour limiter la spéculation, notamment en matière de CDS (Credit Default Swaps), ces assurances sur la dette publique des pays, qui ont récemment permis à des banques de jouer contre Athènes.
Le FME, quoi qu'il en soit, arrivera trop tard pour la Grèce, pour laquelle, si une opération de sauvetage doit être organisée, on devra improviser. Selon le porte-parole de la Commission, le fonds initialement prévu pour les pays de l'eurozone pourrait finalement concerner tous les Etats membres. Il reste à savoir si la création de ce fonds implique une révision des traités européens. On espère que non, après les difficultés rencontrées pour faire accepter le Traité de Lisbonne par les Vingt-sept...
Ce que le FME ne fera pas
La création de ce fonds apportera sans nul doute des garanties qui faciliteront la prévention et la résolution de crises au sein de l'Union. Elle ne devrait pas empêcher les Etats et la Commission de réfléchir aux modalités d'admission dans l'Union et a fortiori dans la zone euro, afin d'éviter que les petits arrangements statistiques passent inaperçus –ou restent sans conséquences. Ce n'est pas tout: un tel fonds, doté de règles draconiennes calquées sur les critères de Maastricht ne pourra empêcher les Etats de dépenser plus qu'ils ne récoltent lors de périodes de crise comme celle que le monde vient de vivre. Comment alors le FME devra-t-il réagir? Au-delà des codes, le pragmatisme pourra-t-il jouer? Car si ce fonds existait aujourd'hui, on peut imaginer que tous les «Pigs» (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) seraient privés de fonds de cohésion et de leurs droits de vote aux Conseils européens. Et, demain ce pourrait être au tour de l'Italie, de la Grande-Bretagne, voire de la France...
Marie-Laure Cittanova
Photo de une: Francfort, le 4 octobre 2006. REUTERS/Kai Pfaffenbach
Mis à jour le 09/03/2010 à 17h12











































Voilà quatre jours que cet article est en place et il n'a suscité aucun commentaire. C'est étrange eu égard au nombre de slateurs qui d'habitude commentent les articles traitant de l'économie !
Je suis donc retournée sur les anciens articles de Slate traitant de l'économie européenne et j'ai eu l'idée d'en aligner les titres bout à bout, et voilà ce que cela a donné :
"La Grèce n'a qu'à vendre ses îles. Après la Grèce : le Portugal, l'Espagne, le Royaume uni. L'Europe risque sa survie. Soit tu manges soit tu te loges. L'Allemagne prend le pouvoir. Goldman Sachs a aidé la Grèce à cacher ses dettes. La revanche des agences de notation. Impuissance et vanité. Mettre la spéculation hors la loi. L'euro en pleine crise de confiance. Quand l'Europe est en panne l'euro est attaqué. Tragédie grecque, débandade européenne. L'Europe nouvel obstacle à la reprise mondiale. Qui s'engraisse sur le dos de la Grèce ? Les banques. L'arnaque grecque. La dette est devenue une question de société."
Que faut-il de plus pour en conclure que c'est la guerre !
L'Europe subit une guerre économique extérieure où les marchés jouent contre les états en toute impunité. De surcroît les pays membres de l'Union européenne ne montrent aucune solidarité les uns envers les autres.
Dans cette guerre économique, n'en doutons pas, ce sont les peuples qui trinquent et cela ne fait que commencer.
Vont-ils se laisser faire ? C'est une autre question.
commentaire logique et pertinent.Vous aviez raison d'avoir mentionné les prédateurs.Ces rapaces mangent tout sur leur passage en toute impunité.A qui la faute? Bien sur à ces états qui dans l'euphorie de la mondialisation avaient permis trop de libérté encensée de réglementations autorisant des mouvements incontrolables .Qui peut déloger le monstre des taniéres des paradis fiscaux là où n'existent que des boites aux lettres dont leur majorité sont vides.Et l'argent? Dieu seul le sait.
Le sauvetage de la Grece ne réside pas en une pillule de qq millirads de dollars mais elle a besoin de plusieurs comprimés.Sitot rétablie,elle aurait déjà contaminé un voisin ou un proche. Le reméde ne consiste pas à des arrangements aussi inefficaces qu'éphemeres mais plutot à une remise en cause des régles établies qui inféodent l'état au pouvoir de la finance.
J'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre comment ce fond fonctionnerait sans avoir une idée des règles possibles :
1) il faudrait lever des fonds nouveaux, non ?
1.a) fonds pris au budget actuel de l'UE, si sans augmentation des contributions UE, qu'est-ce qui serait raboté ?
1..b) en augmentant le budget ? On contribue à augmenter les dettes
1.C) autrement ?
2) aujourd'hui je crois que tous les États sont hors critères Maastricht alors plus personne n'aurait de fonds de cohésion ni de droit de vote : rigolo.
3) si ce fonds jouerai le même rôle que le FMI, alors pourquoi doublonner ? Pour rester entre nous zone euro ?
Quand à priver un pays d 'eurozone, je ne vois pas ce que c'est (ce n'est quand même pas retourner à la monnaie d'avant, sinon c'est quasi irréalisable).
Voilà je ne suis pas très pointu en économie donc j'ai dû dire des bétises.