Santé / Sciences

Supprimer les fuseaux horaires pourrait être une bonne idée

Temps de lecture : 2 min

Deux chercheurs américains souhaitent mettre en place un temps universel unique.

Selon les deux enseignants, les fuseaux horaires auraient en fait peu de sens. | jarmoluk via Pixabay
Selon les deux enseignants, les fuseaux horaires auraient en fait peu de sens. | jarmoluk via Pixabay

Et si l'on suivait l'exemple de Sommarøy, cette petite île norvégienne qui a annoncé en juin 2019 qu'elle comptait devenir le premier territoire au monde sans fuseau horaire? Si l'idée pour cette île est surtout de s'adapter aux variations extrêmes d'exposition au soleil –jours longs et nuits courtes en été, l'inverse en hiver– l'adapter à l'échelle mondiale ne relève plus de l'absurde. C'est en tout cas la volonté de deux professeurs de l'Université Johns-Hopkins, Steve Hanke et Dick Henry.

Instaurer un temps universel pourrait nous amener à repenser complètement notre rapport au temps. Les deux enseignants en économie, physique et astronomie suggèrent dans les faits de fixer une seule référence de temps pour la planète entière, à savoir l'heure de Londres. Concrètement, quand il sera 14 heures à Londres, il serait 14 heures partout dans le monde, de Pékin à New York en passant par New Delhi. Sans fuseau horaire, chacun·e continuerait à vivre au rythme du soleil pour se lever et se coucher, mais à des heures totalement farfelues. Ainsi, quand certain·es dîneront à 7 heures du matin, d'autres se lèveront à 21 heures.

«Nous serions plus en phase avec les rythmes circadiens, car les heures locales seraient définies en fonction du soleil ou des habitudes sociales locales», précise Hanke.

Pas de changement d'heure et une uniformisation mondiale des horloges: mais pour quels bénéfices? Plusieurs scientifiques soutiennent que seul le temps solaire devrait compter et que se dérober à son horloge biologique aurait des effets néfastes pour notre corps, avec en tête des troubles du sommeil et des perturbations hormonales. Pire encore, selon une récente étude, vivre à la frontière de deux fuseaux horaires augmenterait les risques d'être obèse, d'avoir un cancer du sein, ou des maladies cardiaques.

Outil politique

Selon les deux enseignants, les fuseaux horaires auraient en fait peu de sens et seraient parfois utilisés à des fins purement politiques. En 2018 par exemple, la Corée du Nord a rejoint le fuseau horaire de la Corée du Sud pour montrer au monde le réchauffement significatif des relations entre les deux pays. Mais aussi en Crimée qui est passée, après son annexion par la Russie, sous le fuseau horaire de Moscou et qui se retrouve en hiver avec deux heures de décalage avec l'Ukraine voisine.

Cette modification politique du temps crée parfois des situations confuses. Alors que la Russie a onze fuseaux horaires, la Chine n'en possède qu'un. L'Espagne respecte l'heure de l'Europe centrale, mais elle est pourtant géographiquement alignée sur le Royaume-Uni.

Si Hanke et Henry souhaitent avant tout simplifier notre quotidien, la mise en place d'un tel changement risque de provoquer des remous à l'échelle planétaire. Imaginer plus de sept milliards d'êtres humains revoir leur conception du temps, ça n'a déjà rien de très simple.

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