Monde

Une valise rose et un assassinat à l’origine des manifestations à Hong Kong

Temps de lecture : 2 min

Retour sur l’événement qui a mis le feu aux poudres à Hong Kong.

Chang Tong-kai avait 19 ans quand il a assassiné Poon Hiu-wing lors d'un séjour à Taïwan.  | Philip Fong / AFP
Chang Tong-kai avait 19 ans quand il a assassiné Poon Hiu-wing lors d'un séjour à Taïwan.  | Philip Fong / AFP

En février 2018, un jeune couple quittait Hong Kong pour aller passer des vacances à Taïwan. Mais la veille du retour, Chang Tong-kai, âgé de 19 ans, a assassiné sa petite amie, Poon Hiu-wing, 20 ans. Après une dispute durant laquelle Poon Hiu-wing a avoué son infidélité, Chang Tong-kai lui a frappé la tête contre le sol puis l'a étranglée. Il a ensuite mis son corps dans la grande valise rose qu'ils avaient achetée ensemble la veille.

Il s'est débarrassé du corps à proximité de la rivière Tamsui, connue pour sa pollution et ses poissons qui y meurent par milliers et dégagent une odeur pestilentielle. Il a jeté le reste des affaires de Poon Hiu-wing mais a conservé sa carte bancaire, son appareil photo et son iPhone. Il a retiré de l'argent à Taipei, la capitale de Taïwan, puis a pris l'avion pour rentrer à Hong Kong, où il a également retiré de l'argent à des distributeurs.

Les parents de la jeune femme ont signalé sa disparition et deux jours plus tard, Chang Tong-kai était arrêté. Mais ce n'est qu'un mois après que le corps de Poon Hiu-wing a été retrouvé, lorsque son père s'est rendu à Taïwan pour signaler sa disparition.

Chang Tong-kai a été jugé pour blanchiment d'argent et a écopé d'une peine de prison de 29 mois, réduite d'un tiers par la Haute Cour. Il a également avoué le meurtre de sa petite amie à Taïwan. Dans un communiqué, le gouvernement de Hong Kong a déclaré: «Les tribunaux de Hong Kong n'ont aucune juridiction à ce sujet. [...] Les autorités locales n'ont pas non plus de raison de prolonger la détention de Chan ou de poursuivre l'infraction qu'il aurait commise à Taiwan.»

Quel rapport avec les manifestations à Hong Kong?

C'est là que la situation se corse davantage. Taïwan aurait fait une demande d'extradition à l'encontre de Chan Tong-kai, ce que les autorités hongkongaises se seraient empressées d'accepter, proposant dans le même temps un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers Taïwan mais aussi vers la Chine continentale.

La population de Hong Kong ne s'y est pas laissée prendre, craignant pour l'autonomie judiciaire de son île dans le cas où le gouvernement chinois aurait toute liberté pour extrader des Hongkongais·es. Parallèlement, Taïwan s'est opposée à ce projet de loi, ne voulant pas servir de prétexte au gouvernement de Hong Kong ni faciliter l'adoption rapide d'une loi en faveur de la Chine continentale.

Face aux gigantesques manifestations de la population hongkongaise, le gouvernement a rapidement retiré son projet de loi. Mais cela n'a pas été suffisant pour enrayer la crise qui couvait. Quant à Chan Tong-kai, il a été libéré de prison à Hong Kong le 23 octobre. Il a accepté de se rendre à Taïwan pour y être jugé pour l'assassinat de Poon Hiu-wing. Mais Taïwan redoute maintenant d'être instrumentalisée par cette affaire et de faire le jeu de la Chine continentale si elle accepte d'extrader le citoyen hongkongais pour le juger. En attendant, la famille de Poon Hiu-wing attend toujours que justice soit rendue.

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