Santé / Sciences

Un séjour dans l'espace affecte différemment les femmes et les hommes

Temps de lecture : 2 min

Pression artérielle, maladies, vision trouble: les effets ressentis loin de la Terre varient selon le sexe.

Les changements observés chez les cosmonautes, tous sexes confondus, s'apparentent à un processus de vieillissement accéléré. I skeeze via Pixabay
Les changements observés chez les cosmonautes, tous sexes confondus, s'apparentent à un processus de vieillissement accéléré. I skeeze via Pixabay

Pour la première fois de l'histoire, une sortie dans l'espace 100% féminine a eu lieu le 18 octobre 2019. Les deux Américaines Christina Koch et Jessica Meir ont fait un grand pas dans la conquête d'un univers dominé majoritairement par les hommes. Mais est-ce davantage la galère pour les femmes de voyager dans l'espace?

La docteure Varsha Jain, gynécologue et chercheuse pour la Nasa sur la santé des femmes dans l'espace, s'est penchée sur les effets qui peuvent survenir après une telle excursion, notamment en fonction du sexe de l'individu. Selon elle, l'adaptation aux conditions extrêmes rencontrées dans un environnement spatial est à peu près la même pour les hommes et les femmes, mais il existe certaines variations.

Un retour sur Terre vécu différemment

Revenir d'un séjour dans l'espace n'a rien d'une promenade de santé. Les changements observés chez les cosmonautes, tous sexes confondus, s'apparentent à un processus de vieillissement accéléré: fonte des muscles, de la masse osseuse et déformation de façon temporaire du tissu cérébral.

Cependant, alors que les femmes ont plus tendance à se sentir mal au-delà de l'atmosphère, «les hommes sont plus susceptibles de contracter une maladie à leur retour», précise Varsha Jain dans un entretien accordé à la BBC. Par ailleurs, «la gent masculine a davantage de problèmes de vision et d'ouïe une fois sur Terre», alors que les femmes sont plus exposées à un dérèglement de la pression artérielle.

L'enjeu de ces analyses est de comprendre s'il s'agit de différences hormonales ou de changements physiologiques plus subtils. À long terme, comprendre ces variations «pourrait aider à mieux comprendre la santé humaine sur Terre», souligne Varsha Jain.

La procréation après un tel voyage est aussi au centre des questionnements. Pour les cosmonautes hommes, «la qualité et le nombre de spermatozoïdes diminuent pendant le voyage avant de se régénérer automatiquement une fois sur Terre». Pour les cosmonautes femmes, le mystère reste entier. Les radiations auxquelles elles sont exposées pourraient impacter leur fertilité, bien qu'aucune étude ne le démontre, rappelle la chercheuse. Par précaution, la Nasa est notamment favorable à ce que les femmes congèlent leurs ovocytes avant leurs missions.

Mais vivre dans l'espace peut aussi s'avérer être un défi pour les femmes car rien ou presque n'a été à l'origine pensé pour elles. Quand aller aux toilettes relève du vrai casse-tête, la question des menstruations a aussi longtemps posé problème. Le manque d'études et de matériel adapté rappelle que le spatial demeure un monde très masculin. L'exemple criant reste la sortie dans l'espace entièrement féminine annulée en mars 2019 en raison d'un problème de garde-robe. Il n'y avait à bord qu'une seule combinaison adaptée pour les deux femmes. Au total, seules 65 femmes ont effectué un voyage spatial sur 564 astronautes. Mais les choses semblent évoluer, et la gent féminine représente désormais plus du tiers des astronautes actifs et actives de la Nasa.

Newsletters

Au cœur des marchés aux animaux d'Asie

Au cœur des marchés aux animaux d'Asie

«Les plus grandes pandémies ont toujours résulté d'une relation avec les animaux: grippe porcine, grippe aviaire, Ebola, SRAS, MERS, désormais Covid-19, relève Jo-Anne McArthur. Ceux qui pointent le doigt exclusivement vers la Chine...

Difficile de porter un masque pour les personnes atteintes de troubles neuropsychologiques

Difficile de porter un masque pour les personnes atteintes de troubles neuropsychologiques

Objet emblématique de la pandémie de Covid-19, le masque de protection faciale ne va pas sans poser quelques difficultés.

Les trois erreurs qui plombent l'application StopCovid

Les trois erreurs qui plombent l'application StopCovid

Ce projet tout à fait louable s'est écrasé en rase campagne en quelques semaines alors que tous les feux étaient au vert.

Newsletters