Société / Monde

En Croatie, des manifestations dénoncent la libération de cinq hommes suspectés de viol

Temps de lecture : 2 min

Des marches de contestation sont prévues ce samedi dans plusieurs villes croates.

Panneau détourné indiquant «non au viol» | stantontcady
via Flickr CC License by

C'est le cas de trop. En Croatie, près de la ville de Zadar, cinq jeunes hommes âgés de 19 à 20 ans sont accusés d'avoir violé une jeune fille de 15 ans à plusieurs reprises, d'avoir filmé leurs agressions, et d'avoir fait chanté la victime pendant un an. Il y a quelques jours, un juge a décidé de relâcher les suspects, en attendant les conclusions de l'enquête. La décision a provoqué un tollé dans tout le pays, rapporte The Independent.

Malgré un revirement de situation une semaine plus tard -une décision ordonnant leur remise en détention a été adoptée- la colère ne retombe pas dans le pays. Plusieurs manifestations sont prévues ce samedi à Zadar, ainsi que dans d'autres villes du pays.

En tête de file, les organisations de défense des droits des femmes se disent «choquées» de la décision, qui n'est pourtant «pas surprenante», selon Jelena Zadar, chercheuse pour Amnesty International : «La Croatie ne s'empare pas de la question des violences faites aux femmes, ni de celle du viol. Même les données officielles du pays montrent que la police et les tribunaux sont rarement conscients du fait que les actes de violence contre les femmes sont des actes criminels.»

Cela se traduit dans les condamnations, poursuit-elle: «Plus de 90% des cas de viols se soldent généralement par des peines d'un an de prison, voire moins, et dans certains cas, les auteurs sont rapidement relâchés pour bonne conduite.»

«Viol» vs «rapport sexuel non consenti»

Autre critique adressée au système judiciaire du pays: la distinction, dans le Code pénal, entre «viol», et «rapport sexuel non consenti». Quand le premier est puni d'une peine pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison, le second prévoit une sentence comprise entre 6 mois et 5 ans -le minimum étant généralement accordé. Le gouvernement croate a cependant annoncé que cette qualification serait abrogée en 2020. La Présidente du pays, Kolinda Grabar-Kitarovic, s'est d'ailleurs elle aussi offusquée de la décision du juge dans un tweet.

France 24 relève que la police croate recense «entre 90 et 150 viols ou tentatives de viols chaque année». Des chiffres qu'il faudrait cependant revoir à la hausse, nuance le média, «les experts disant que pour chaque cas rapporté aux autorités, une vingtaine d'autres n'arrivent jamais à leurs oreilles.»

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