Les enseignants victimes de l'abandon des banlieues
Les enseignants sont un des derniers ponts entre deux mondes qui ne se voient plus.
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Cette régularité devrait inquiéter. Tous les deux ans, depuis 2003, les enseignants de l'académie de Créteil, ceux de Seine-Saint-Denis en particulier, s'engagent dans un mouvement de grève. Cela commence en février, malgré le froid et la fatigue. Cela dure, tant bien que mal, jusqu'aux vacances, reprend parfois, parfois s'éteint. Cette année, encore.
De deux choses l'une. Ou bien les enseignants de notre pays sont, effectivement et comme on le lit immanquablement sur tous les forums consacrés au sujet, ces incurables feignants qui profitent sans vergogne de leur droit de grève pour en faire toujours moins; ou bien nous sommes, effectivement, ces parasites qu'il serait grand temps de mettre au travail pour de bon. Ou bien le malaise est réel, il persiste, et il est profond. Et c'est cela, bien sûr, qui devrait inquiéter car il est, ce malaise, symptomatique d'un état général de notre société. Mais il est plus aisé, plus confortable surtout, plus rassurant aussi, de se dire que le problème vient de ceux-là même qui manifestent un désarroi devenu inaudible.
Qu'ont fait les profs pour être haïs?
On entend un autre discours qui, sans concurrencer le premier, vient l'appuyer au contraire pour achever d'ôter toute crédibilité aux plaignants: les enseignants de Chérioux, d'Apollinaire et d'ailleurs n'ont que ce qu'ils méritent, eux qui, depuis des décennies (lire: depuis mai 68), préconisent le laxisme comme fondement de leur pédagogie. Ce discours-là, me semble-t-il, est assez nouveau et l'on avait jusqu'alors plutôt tendance à s'apitoyer sur le sort de ces pauvres-enseignants-envoyés-au-front-face-à-la-racaille. Les professeurs qui exercent dans l'académie de Créteil, sans être reconnus pour leur professionnalisme, étaient du moins épargnés par le traditionnel discours anti-profs et aimablement regardés comme des victimes. Or l'accusation, nouvelle ou non, est grave et nous pouvons nous demander: qu'avons-nous donc fait pour être autant haïs par toute une partie de nos concitoyens?
A cette question j'aurai une réponse dont je mesure l'aspect hautement polémique: nous sommes une conscience, ou si l'on préfère, des témoins. Nous sommes les témoins de cet angle mort de la société, de cette part d'ombre qu'elle ne veut surtout pas voir et qu'on appelle communément la banlieue. Alors oui, bien sûr, la banlieue, on ne cesse d'en parler. Mais on la regarde, on la pense beaucoup plus rarement. Ce n'est pas un hasard si les grands mouvements de grève dans l'Education nationale prennent leur source en banlieue, et dans la banlieue par excellence, le 9-3. La lassitude joue là un rôle non négligeable; les embuches qui s'accumulent; ce sentiment d'impuissance qui assaille trop souvent. Cette impression d'abandon, enfin, et surtout.
Des vigies que personne n'écoute
Les enseignants de banlieue sont des vigies que personne n'écoute. Ils s'efforcent, parce que c'est leur rôle, de donner à leurs élèves cette place qui leur revient dans la société. A ces enfants non seulement issus des catégories les plus défavorisées, mais littéralement mis au ban et qui ont fini, c'est sans doute le plus grave, par intérioriser leur propre exclusion, et même, pour certains, par la revendiquer, prêtant alors le flanc aux paroles les plus violentes. Nous vous l'avions bien dit que ces jeunes-là ne veulent pas s'intégrer. C'est l'argument suprême pour justifier que la République ne leur accorde aucune attention. Le retournement est redoutable, avec tout ce qu'il suppose de rejet plus ou moins masqué de l'altérité (il faudrait, au passage, s'attarder vraiment, un jour, sur ce qui sous-tend ce mot d'intégrer, qu'on répète ad nauseam, et dont la racine latine, sans ambiguïté, désigne ce qui est pur de n'avoir pas été touché...).
Les enseignants vivent au quotidien cet écartèlement sans issue visible. Ils sont un des derniers ponts (le tout dernier dans quelques endroits) entre deux mondes qui ne se voient plus. L'école est une formidable force de socialisation, elle est ce lieu où l'on devient un membre à part entière de la polis. Mais la machine tourne désormais à vide car même si l'on en sort brillamment, trop de portes restent fermées lorsque l'on vient de Saint-Denis ou de Sarcelles. Pire, et j'insiste, bien des jeunes de banlieues ont intégré, pour le coup, cette vérité pas toujours vraie qu'aucune chance ne leur sera donnée, et n'essaient plus. Ils se vivent comme extra-sociaux, ils existent dans un non-lieu aride qui les condamne à végéter et ne songent même pas à devenir des acteurs de la politique, entendue au sens premier. Ou, lorsqu'ils parviennent à surmonter ce mur invisible du ghetto, l'affaire Soumaré nous montre assez à quelle violence gratuite ils s'exposent. Inutile de s'étendre sur le sujet, il parle, je crois, de lui-même à qui veut bien voir et écouter ce que toute cette histoire nous révèle de l'état d'esprit de notre société à l'égard de cette part, qu'elle voudrait honteuse, forcément honteuse, d'elle-même.
Génération 98
L'écartèlement n'est pas seulement symbolique, enfin. Il mine aussi, de l'intérieur, l'enseignant et la mission qu'il incarne. Le grand mouvement fondateur de notre génération, c'est celui de 98, qui aboutit à la redéfinition des ZEP. Cet acquis gagné de haute lutte est en train de disparaître, au prétexte qu'il ne fonctionne pas –mais quelle évaluation sérieuse nous le prouve? Il est certain, en tout cas, que sans ce filet financier et humain, l'horizon qui se dessine est très sombre. Toutes les réformes en cours tendent à abraser les moyens singuliers, ô combien indispensables, de l'école en banlieue. A vrai dire le rognage dure maintenant depuis quelques années. Les heures, autant que les adultes, se font à chaque rentrée plus rares. On déplore que les jeunes Français ne savent pas parler anglais et on prétend le leur apprendre par groupes de 24. On déplore que les jeunes Français ne s'intéressent pas aux sciences et on prétend leur apprendre le complexe processus d'expérimentation quand ils sont irrémédiablement trois ou quatre par paillasses. On s'étonne des problèmes de violence à l'intérieur de l'école, quand les surveillants se comptent désormais par demi-postes, au statut de surcroît toujours plus fragile, toujours plus indéfini. Ce n'est pas sérieux.
Parlons, oui, d'égalité des chances, cette vaste illusion. Comment croire que l'école est juste, lorsqu'on peine de plus en plus à trouver des remplaçants, évanouis dans l'hémorragie de postes (48.000 entre 2007 et fin 2010) qui n'a évidemment pas épargné l'académie de Créteil? Comment croire que l'école est juste, lorsque l'aide individualisée annoncée en grandes pompes par le président de la République lors de son discours sur la réforme du lycée se fera par groupes de quarante élèves, faute d'heures? En banlieue bien plus qu'ailleurs, l'école est la seule issue de secours. Cette école appauvrie, amputée, entravée, empêchée de penser, rendue incapable d'assurer l'avenir qu'ils méritent à ceux de ses enfants qui ont le plus besoin d'elle. Les enseignants de Créteil sont écartelés, et lorsque cela tire trop, ils font grève. Qu'on les conspue d'être ambitieux et exigeants pour leurs élèves. Qu'on les haïsse de désirer pour ces jeunes-issus-de-l'immigration une vie à la hauteur de ce que la société à laquelle ils appartiennent se doit de leur offrir.
Plus le temps de penser
Deux choses pour terminer. Les enseignants du secondaire ont mis du temps à se mobiliser contre la réforme de leur formation. Ils ont eu tort. C'est un désastre qui s'annonce. L'IUFM n'était pas la panacée, mais il avait le mérite d'exister. Il avait le mérite d'être ce lieu où les jeunes stagiaires pouvaient, entre eux ou avec leurs formateurs, penser un minimum leur pratique, leur rapport aux élèves, et cela plusieurs fois par semaine. Il était ce lieu à distance de la classe qui offrait un moment de réflexion indispensable. Ce temps-là est remplacé par une formation «continuée» selon les termes de Jean-Michel Blanquer, nouveau directeur général de la DGESCO (Direction générale de l'enseignement scolaire), ancien recteur de l'académie de Créteil.
Personnellement, je ne comprends pas ce que cela veut dire. Enfin, concrètement, si. Cela veut dire que les nouveaux enseignants, qui conservent leur statut de stagiaires tout en exerçant à temps plein dans la plupart des cas (conception intéressante de l'idée de stage), seront «extraits» de leurs classes pendant plusieurs semaines, remplacés par on ne sait trop qui car, on s'en souvient, les remplaçants se font rares, remplacés, en fait, par des étudiants en master qui, en plus de leur diplôme, seront en pleine préparation du concours. Les enseignants ne travaillent pas assez, nous dit-on, eh bien nous voilà servis. Si le but est de s'assurer que les professeurs n'aient plus le temps de penser (mais qui a dit que l'enseignement était une profession intellectuelle?), je peux garantir que ce sera une réussite sans précédent. Et, encore une fois, toujours pour les mêmes raisons, il n'est pas anodin que les enseignants de Créteil soient les premiers à s'être enfin réveillés sur ce sujet. Car ils savent, mieux que quiconque, que ce temps consacré à la réflexion dans leur métier, temps qui déjà leur échappe, est une question de survie, sociale, politique, intellectuelle, pour leurs élèves.
Luc Chatel semble avoir trouvé la solution à tous ces problèmes. Il faut «sanctuariser» l'école, nous dit-il. C'est, en réalité, le contraire qu'il faut faire. D'abord parce qu'une école-sanctuaire ne ferait qu'aggraver le sentiment d'exclusion dont j'ai parlé, et qui joue sans doute un rôle, déjà, dans ces agressions répétées contre des établissements. Ensuite parce que le savoir n'est pas sacré et ne doit pas l'être. Il n'est pas cet objet figé qu'il nous faudrait regarder, d'en bas, avec une déférence craintive. Le savoir, cela se travaille au corps, cela se manipule, il faut pouvoir se l'approprier, et pour y parvenir, il faut pouvoir le questionner, le remettre en cause pour mieux en éprouver la solidité. Enfin parce que, pour achever sa mission, pour faire accéder nos enfants, tous nos enfants à une citoyenneté libre, l'école doit s'ouvrir sur la cité. Elle doit être, non pas une forteresse, mais un lieu de passage, d'ouverture et de maturation, de sédimentation lente. Elle doit être, non pas un lieu où l'on ne pourrait plus voir à cause de la hauteur des murs, mais un lieu où les regards s'échangent, où l'on se laisse interpeller. Un lieu, en un mot, où l'on pense le réel que l'on a sous les yeux.
Sophie Audoubert
À LIRE ÉGALEMENT: La tragédie des grandes écoles
Photo de une: Une manifestation d'enseignants en grève Jean-Paul Pelissier / Reuters
Mis à jour le 08/03/2010 à 16h31










































Bonjour,
Votre article permet de comprendre en partie la réalité du monde de l'éducation en montrant le rôle du pouvoir politique actuelle ( je pense que les gouvernements précédents en sont aussi pour quelque chose) dans la création d'un système scolaire à plusieurs vitesses.
Peu importe le nom utilisé (société de consommation, du spectacle, le marcher, bassin d'emploi, ZAC ZEP ZUP, centre commercial...), un système a fait que les enfants, maintenant dès le plus bas âge, mais depuis une trentaine d'années en ce qui concerne les collégiens, deviennent des consommateurs, des zappeurs imagophages qui ne regrettent qu'une chose: que la télécommande de leur console ne zappent pas aussi les profs... Très cohérents dans leur entreprise de décérébration collective, les patrons de ce système s'en chargent. C'est à dire que nous sommes plus que jamais face à un choix de société. Celui qui est fait par ce gouvernement est une fuite en avant, la confirmation d'une incapacité à réformer, rectifier la trajectoire exponentielle du matérialisme de l'après guerre. C'est maintenant les profs qui y passent en attendant que les cours soient payants sur Internet (beaucoup plus sûr!) et que la société toute entière ne soit plus qu'une carcasse abritant les marques étendards des consciences vides de la consommation, beaucoup plus faciles à contrôler. C'est grave et ça ne mobilisera pas pour autant. La pandémie du seul horizon consumériste est autrement plus dramatique que la grippe à vaccins démultipliés mais ni le journal de 20h ni les parents n'en parleront... Pour ça, il faut un prof. On comprend bien qu'un tel pouvoir cherche à les éliminer.
Blâmer les difficultés actuelles sur la télévision ("zappeurs imagophages qui ne regrettent qu'une chose: que la télécommande de leur console ne zappent pas aussi les profs"), voilà qui est original et constructif.
Quand au gouvernement actuel, pour désespérant qu'il soit, dire qu'il "cherche à les éliminer", voilà qui est efficace pour convaincre les partisans du président.
Un même commentaire traité avec humour eut été un pamphlet acceptable. Là, ce n'est qu'une éructation pseudo-révolutionnaire qui fait reculer le débat plutôt que l'enrichir.
En lisant votre article, Mme Audoubert, on ne peut s'empêcher d'y voir un plaidoyer pro domo en faveur des professeurs et je dois reconnaître que c'est courageux de votre part actuellement. Cependant, cette façon presque systématique de mettre d'un côté les bons (enseignants, surveillants) qui ont forcément raison et de l'autre les mauvais (politiciens, directeurs d'administration) qui ont toujours tort, devient rapidement lassante. On a vite l'impression d'avoir à faire à un catalogue de revendications syndicales ordonnées auquel on a donné la forme d'un article de presse! Un peu de nuance n'aurait pas fait de mal. Manifester, faire grève est facile mais n'apporte pas de solution, c'est même souvent se donner bonne conscience du genre" on a fait grève, on a manifesté, voyez on a fait tout ce qu'on a pu!" . Bien sûr, tout ce que vous dites dans votre article n'est pas faux, mais on a du mal à appréhender ce que vous penser apporter aux lycées de banlieue pour que l'enseignement se porte mieux à part davantage de professeurs, davantage de surveillants, davantage d'argent...et le retour à un système ancien dont on a constaté l'inefficacité et l'échec surtout dans les banlieues (et pas seulement là!).
Pour vous donner des pistes extra-syndicales, si l'école est un lieu indispensable de transmission de savoir, elle n'est pas la seule et ne doit pas être considérée comme LE lieu DU savoir. Pour qu'il y ait transmission de savoir, il faut un transmetteur et un récepteur or souvent la deuxième partie fait cruellement défaut au lycée, pourquoi ne tient-on compte, dans l'Éducation Nationale que de ce qui est appris entre les quatre murs d'une classe?
Il est probable que la grande majorité des Français entend le malaise des profs de banlieue et que très peu viendraient juger sévèrement leurs mouvements de grève. Tout le monde comprend qu’enseigner dans des classes avec des élèves parlant souvent une langue différente , dans des conditions matérielles compliquées, est une tâche difficile, épuisante et admirable.
Cependant je vous livre quelques questions impertinentes pour éclairer cet excellent article et pointer aussi les responsabilités du corps enseignant:
- Lorsque j’étais enfant (dans les années 70-80), à chaque fois qu’il y avait une grève des enseignants, j’étais très déçu d'avoir cours : J’étais dans une école privée (mais conventionnée, dans laquelle les profs sont payés par l'éducation nationale). Pourquoi cette différence de mentalité ?
- Un grand nombre d’étudiants déclarent vouloir être profs à cause des vacances. Je pense qu’ils ne deviennent pas tous enseignants, mais combien de profs autour de nous déclarent une vraie vocation pour l’enseignement ?
- Si les ZEP ont toujours moins de moyens, comment expliquer l’augmentation continue du budget de l’éducation nationale ? Où vont toutes ces dizaines de Milliards d’Euro?
- Autour de moi, je ne côtoie que des professions intellectuelles, et aucun n’est prof. Pourquoi les profs donnent-ils l’impression de penser qu’ils sont les seuls à penser ?
- Pourquoi l’éducation nationale n’alloue pas les ressources en fonction des besoins ? Pourquoi ne pas mettre les profs les mieux notés, les plus expérimentés dans ces banlieues difficiles ?
- Enfin, la question la plus insidieuse, et je m’en excuse par avance : Pourquoi les professeurs se font appeler enseignants ? Question de statut, question de vocabulaire ? Quelle est la différence entre un professeur et un enseignant ?
Je ne suis pas enseignant, mais ma mère l'est, et beaucoup d'amis le sont. Comme ils ne lisent pas Slate, je vais tenter de répondre à leur place...
- Lorsque j’étais enfant (dans les années 70-80), à chaque fois qu’il y avait une grève des enseignants, j’étais très déçu d'avoir cours : J’étais dans une école privée (mais conventionnée, dans laquelle les profs sont payés par l'éducation nationale). Pourquoi cette différence de mentalité ?
Peut être parce que les écoles privées attirent une population professorale moins prompte à défendre le droit de grève et dont les élèves ne sont pas parmi ce que l'on pourrait appeler "les élèves difficiles" (en gros, les plus pauvres... marrant comment on oublie toujours que les élèves qui posent le plus de problèmes sont aussi ceux dont les parents sont les plus pauvres... si ceux-ci n'étaient pas parqués dans des cités, mais intégrés de manière homogène à la population, les problèmes qu'ils peuvent poser seraient compenser par une classe plus calme...). Bon, mais bien sur, le concept d'école privée financée par l'état reste une aberration républicaine entretenue par les classes favorisées effrayées de devoir faire partager leur classes avec "les autres", mais qui ne veulent pas non plus assumer le cout financier... (bref, lamentable !)
- Un grand nombre d’étudiants déclarent vouloir être profs à cause des vacances. Je pense qu’ils ne deviennent pas tous enseignants, mais combien de profs autour de nous déclarent une vraie vocation pour l’enseignement ?
De nombreux étudiants, peut-être. Par contre, je ne connais pas un seul prof qui ait souhaité devenir prof "pour les vacances". Bel argumentation populiste. Quand à la vocation, vu le salaire et les difficultés les 10 premières années, il faut en avoir un minimum...
- Si les ZEP ont toujours moins de moyens, comment expliquer l’augmentation continue du budget de l’éducation nationale ? Où vont toutes ces dizaines de Milliards d’Euro?
Outre que je ne suis pas sur que le budget de l'éducation nationale ait augmenté les 3 dernières années, voyons cela sous un angle économique : Le plus gros budget de l'état. Rien qu'une inflation de 2%, et c'est 1.5 milliards de plus en couts de salaires. Passons sur la toujours aberration qui consiste en un état qui paie les profs d'écoles privées, et qui maintenant oblige les communes à payer pour les élèves allant en école privée dans une autre commune (ou quelque chose comme ça). Bref, rien que de très normal là dedans, les gouvernements des dernières années préférant ne pas faire de vague plutôt que de tenter une vraie réforme intelligente.
- Autour de moi, je ne côtoie que des professions intellectuelles, et aucun n’est prof. Pourquoi les profs donnent-ils l’impression de penser qu’ils sont les seuls à penser ?
Ah bon, les profs donnent l'impression qu'ils sont les seuls à penser ?? voudriez-vous élaborer ?? donner un exemple (d'un prof qui donnerait cette impression, par exemple ??). Deuxième splendide argument populiste.
- Pourquoi l’éducation nationale n’alloue pas les ressources en fonction des besoins ? Pourquoi ne pas mettre les profs les mieux notés, les plus expérimentés dans ces banlieues difficiles ?
Parce que les électeurs du gouvernement actuel deviendraient fous. Ils ont élu la droite pour sanctuariser leurs acquis, pas pour aider les pauvres. Sinon, très bonnes propositions, même si la deuxième se doit d'être assortie d'une belle compensation financière pour ces profs qui accepteraient d'être "punis" pour avoir été trop bons dans leurs boulots. Mais bravo pour ces suggestions, pensez à les répercuter auprès du parti que vous soutenez.
- Enfin, la question la plus insidieuse, et je m’en excuse par avance : Pourquoi les professeurs se font appeler enseignants ? Question de statut, question de vocabulaire ? Quelle est la différence entre un professeur et un enseignant ?
Mouarf pas besoin de s'excuser, faire rire est toujours une bonne chose.
Bien que je comprenne ce que dit madame Audoubert et que je compatisse aux problèmes des enseignants de banlieue et même d'ailleurs, je ne peux m'empêcher de lui rappeler que depuis les années 70-80 c'est le SNES qui fait la pluie et le beau temps à l'Education nationale sous les gouvernements de droite comme de gauche.
Les vraies victimes du système ce sont ces 160 000 jeunes qui quittent l'école, chaque année, sans diplôme donc sans avenir.
Bonsoir Marianne - Et vous pensez que les mesures prises par le pouvoir actuel vont améliorer la situation?
Lu dans le 20 minutes, ce mercredi matin :
"RASSEMBLEMENT
Le Snes appelle à une mobilisation, aujourd'hui, à 14 h 30, devant l'inspection académique contre les réformes du lycée et de la formation des maîtres."
Très cordialement
Sophie Audoubert soulève un point intéressant. Effectivement dans certains cas de figure les profs sont l'interface privilègé entre la jeunesse et le reste de la socièté.
C'est un privilège dont ils se passeraient bien de temps en temps si je comprends bien le sens de son article - surtout en 93.
Puis Sophie Audoubert nous pose à plusieurs reprises la question (ce sont ses mots) pourquoi les profs sont tant haïs?
Je ne sais pas si ce corps est haïs mais il est vrai que très souvent il agace. Pourquoi?
* parceque le salarié moyen ne comprend pas pourquoi la lutte contre l'ignorance ne dure que 30 semaines par an au lieu de, mettons, 45-47 pour les autres professions
* parceque le salarié moyen, même s'il comprend pourquoi un élève a besoin de davantage de vacances qu'un adulte, ne comprend pas pourquoi le prof, forcément un adulte, en a autant besoin.
De là pourquoi ce temps de 'repos' n'est pas consacré à d'autres tâches - cours supplémentaires, cours pour adults illétrés, formation des profs etc.
* parceque ceux qui connaissent bien le sujet de l'enseignement, ne comprennent pas pourquoi le programme scolaire en France est comprimé en moins de semaines qu'ailleurs au détriment des élèves(ou plutôt ils comprennent trop bien pourquoi!)
* parceque le parent salarié ne comprend pas pourquoi il doit faire face à une succession de grèves chaque trimestre de la part des profs. (En Allemagne, les profs en tant que fonctionnaires, n'ont pas droit à la grève)
* parce que le salarié moyen ne comprend pas pourquoi un prof en désaccord avec son établissement peut refuser de travailler sans sanction et sans risque de licenciement ce qui serait dommageable pour lui-même
Voilà quelques raisons pour lesquelles les profs n'ont pas la sympathie du monde du travail que normalement ils méritraient.
Si le corps enseignant et leurs représentants syndicaux pourraient répondre clairement à ces questions plutôt que de les éviter comme la peste, leurs observations sur la socièté trouveraient un écho plus favourable de la part de nous autres.
Bon, le premier était un amuse bouche pour montrer que je sais être critique envers tout le monde (certain diraient que je me créé un alibi... qui sait). Le deuxième était une entrée, un peu lourde, de la cuisine du peuple, qui méritait d'être commenté, mais dont on ne peut dire que son auteur est foncièrement de mauvaise foi.
Mais le troisième (en même temps, vu son auteur, je ne m'étonne pas...), quel plat de résistance ! Voyons cela :
* parceque le salarié moyen ne comprend pas pourquoi la lutte contre l'ignorance ne dure que 30 semaines par an au lieu de, mettons, 45-47 pour les autres professions
Bon, il est à rappeler que les profs ne sont pas payés pour les mois de juillet et aout. Cela ramène à 39 semaines (au lieu de 45-47... la différence entre les méchants profs et les gentils salariés)
* parceque le salarié moyen, même s'il comprend pourquoi un élève a besoin de davantage de vacances qu'un adulte, ne comprend pas pourquoi le prof, forcément un adulte, en a autant besoin.
Un prof sans élève... peu d'utilité !! Mais je suis sur que si on leur donnait un salaire à la hauteur de leur bac +5 (je propose de regarder vers les contrôleurs aériens, qui souffrent du stress et ont trop de vacances aussi), ils accepteraient volontiers de revenir professer durant une partie de leurs vacances. A qui, c'est une autre question, encore que j'ai quelques idées à ce sujet, qui rejoignent d'ailleurs celle de l'auteur du commentaire. Mais tant que les profs seront les bac+5 les moins bien payés de France, la compensation des vacances ne me semble pas illégitime.
* parceque ceux qui connaissent bien le sujet de l'enseignement, ne comprennent pas pourquoi le programme scolaire en France est comprimé en moins de semaines qu'ailleurs au détriment des élèves(ou plutôt ils comprennent trop bien pourquoi!)
Peut être parce qu' "ailleurs" (c'est où, ailleurs ??????), les élèves finissent à 14h, ou 13h, ou 16h, et que leur semaine de travail est moins fournie que la notre. Que cela soit une bonne ou mauvaise chose est une autre question. Mais ce n'est pas la semaine de 4 jours qui a changé quoi que ce soit...
* parceque le parent salarié ne comprend pas pourquoi il doit faire face à une succession de grèves chaque trimestre de la part des profs. (En Allemagne, les profs en tant que fonctionnaires, n'ont pas droit à la grève)
Outre que nombre de parents salariés sont reconnaissant aux profs de dénoncer les reculs sur les acquis sociaux (si, si, promis), le service minimum ne sert il pas à éviter ce genre de choses ?? ou était-ce encore une loi bien populiste d'un président bien mauvais ?? En tout cas, croyez moi que si en Allemagne l'état décide de faire une réforme sans une majorité des profs en accord avec cette réforme, cette interdiction de se mettre en grève volera en éclat.
* parce que le salarié moyen ne comprend pas pourquoi un prof en désaccord avec son établissement peut refuser de travailler sans sanction et sans risque de licenciement ce qui serait dommageable pour lui-même
Ah bon ?? un prof peut refuser de travailler sans sanctions ?? vous sortez ça d'où, exactement ?? Après, la question de la sécurité à vie de l'emploi fonctionnaire est une autre question, qui ne s'applique pas qu'aux profs... Mais les profs sont de tels boucs émissaires.
Mr Wright, la question n'est pas de savoir pourquoi "vous autres" n'aimez pas les profs (je fais parti des "autres", non fonctionnaire, pourtant j'adore les profs...), la question est de savoir pourquoi ces "autres" ne se battent pas plus pour améliorer leur niveau de vie et réduire ces inégalités de plus en plus remarquables. Et la réponse est que dans un capitalisme ultra-libéral, héritage des périodes reaganiennes et thatcheriennes, l'"autre" est trop fragile pour oser se battre pour faire changer les choses, mais trop habitué au confort moderne pour risquer de le mettre en cause. Alors il trouve un bouc émissaire, qu'il envie, alors même qu'il pourrait prendre sa place (prof, c'est un concours, tout le monde peut le devenir).
Et connaissant (enfin supposant aux vues de vos interventions sur ce site) votre idéologie politique, je n'ose croire que vous appellerez avec moi à une révolution idéologique pour moraliser un capitalisme qui reste le système qui permet la plus forte réduction de la pauvreté globale. C'est pourtant ce qui permettrait de redonner de l'espoir aux plus pauvres, qui recommenceraient à croire en l'état et l'éducation pour s'en sortir, permettant aux profs de travailler dans de meilleures conditions, et ainsi permettre d'éviter les grèves dénonçant des conditions de travail souvent difficiles, ou encore les réformes n'ayant pour unique but que de faire baisser le budget d'un ministère plus qu'essentiel.
(Ah, et je reste persuadé que le mélange entre une certaine distanciation des parents vis à vis de leurs responsabilités dans l'éducation de leurs enfants, mêlées à une volonté de ces mêmes parents de saper l'autorité des enseignants en leur refusant le droit d'imposer la discipline, avec une pointe de judiciarisation qui rend toute activité extra-scolaire un risque de prison en cas d'accident, même sans fautes commises, ont exacerbé en France une situation qui, années 80-90 aidant, était déjà bien difficile).
Quelque chose me frappe... J'ai essayé dans mon précédent commentaire de déplacer l'angle de réflexion de cette antienne journalistico-sociétale (le terme me semble adéquat...) mais ça n'a pas marché. On continue à se demander si un prof est un enseignant, si un collège mérite ses milliards, etc. Quand je parle de choix de société, la problématique est pourtant simple! Quelle école souhaitons-nous pour cette démocratie laïque? Tant que nous ne ferons pas table rase de ce que nous connaissons pour nous plonger dans un chantier gigantesque qui consiste à se donner les moyens d'un projet issue d'une réflexion collective sur l'école, nous serons cantonner à commenter des mesurettes plus ou moins inadaptées, jamais pérennes... Une immense hypocrisie règne sur le sujet "école". Parfois, on peut lire "Quelle école souhaitons-nous pour nos enfants?" Non... Ce n'est pas pour nos enfants qu'il faut penser ce projet, c'est pour tout le monde, pour la société, du nouveau né au vieillard et à tous les niveaux de cette société. Or, que constatons-nous? Il nous suffit d'observer le secteur florissant de la formation professionnelle pour constater que les prix proposés, la facture présentée à l'entreprise, sont franchement salés et que les groupes de travail (enseignés, apprenants,...) sont rarement plus de six, ou sept, dix au maximum. Pour la simple raison qu'au-delà, on ne fait pas du bon boulot. C'est une réalité. Plus de dix adultes motivés suivant la formation d'un professionnel bien rémunéré travaillant dans de très bonnes conditions et le résultat de l'apprentissage devient déjà aléatoire... A quoi joue-t-on en mettant un individu, aussi brillant soit-il (ou pas!), face à quarante personnes en plus ou moins grande difficulté de tous ordres, au fin fond d'une banlieue pole emploi, et en espérant des résultats? La question des ou du prof me semble vraiment être la mauvaise question par excellence... Rapport de compétence, point. C'est un métier - les bons continuent, doivent être encouragés à, les autres plutôt poussés vers la sortie. Normal, la vie, quoi! En revanche, l'école, le lieu d'acquisition d'un savoir favorisant l'intégration sociale au sens le plus large, ça, c'est un vrai dossier; ça, c'est un vrai choix de société. Aujourd'hui, pas plus qu'hier - ce n'est pas une question de droite ou de gauche -, ce choix n'a pas été et n'est toujours pas fait. Comme pour bien des sujets (prisons, justice, etc), on veut faire croire une énième fois qu'un ravalement de printemps va solutionner quelque chose... Qui peut encore y croire?
Je suppose que je devais me sentir honoré par une réponse en tant de lignes de M. julian sans nom, même si je ne mérite qu'un 'euh...(ter)'
A la vue de mes commentaires précédents sur ce site - qui, horreur, ne sont pas en accord avec les siens - il paraît que je serais forcément parmi ces ignobles qui ne souhaitent pas "une révolution idéologique pour moraliser un capitalisme qui reste le système qui permet la plus forte réduction de la pauvreté globale".
En effet je n'en suis pas. L'histoire du 20e siècle m'a appris que les révolutions idéologiques provoquent plus de misères qu'elles ne sont sensées éviter.
Mais je ne suis pas non plus un méchant réac, non déplaise à M. Julien sans nom. Fils d'ouvrier, boursier (grâce au PS britannique), licencié de l'université de Londres, je sais très bien ce que vaut une politique sociale de l"éducation.
C'est pourquoi je m'insurge contre un système d'éducation inefficace, géré par le corps professoral pour le corps professoral, qui pour des dépenses équivalentes, voir supérieures, en pourcentage de PIB qu'un petit pays comme la Finlande, rend des résultats de moins en moins acceptables.
Ringard, peut-être, peu sexy, mais je suis pour un processus de réformes quotidiennes qui implique une volonté de s'attaquer aux problèmes là où ils se trouvent, sans arrières pensées idéologiques.
Et problèmes il y en a.
Il se peut même que M. Julien sans nom et moi sommes d'accord sur certains points en ce sens. Oui je suis pour une revalorisation des salaires du corps d'enseignants.
Mais je demanderais en retour une hausse importante des heures travaillées. Il est scandaleux à mes yeux que ces professionnels de la formation privent la société de leurs compétences pendant 20 semaines par an - sans parler d'un corps de batiments inoccupé.
'Peu d'utilté' conclut notre expert car sans élèves...! Quel aveuglement!
Et dans tous les cas il n'a jamais rencontré un enseignant qui avoue qu'il a choisi cette profession à cause des vacances. Quelle acuité!
Mais fiché à droit définitivement par M. sans nom, mes idées populistes ne valent pas une bonne vieille révolution idéologique, si satisfaisante pour l'esprit des intellectuels et sans danger à la longue pour les corporatistes en place.
Bon, il va de soi qu'en étant moi-même dans l'exagération, je ne voulais que mettre en évidence les exagérations des réactions des certains des commentateurs. Mais (hormis les attaques sur le nom et le manque de nom de famille), j'accueille avec plaisir les retours sur mes provocations.
Et vais même tenter d'y répondre avec retenue cette fois-ci.
Voyons donc voir cette première réaction à ma réaction à une réaction.
"L'histoire du 20e siècle m'a appris que les révolutions idéologiques provoquent plus de misères qu'elles ne sont sensées éviter."
Là, je ne peux être d'accord. Je rejette le communisme et l'anarchisme (et bien sur le fascisme...) comme révolutions idéologiques ayant amené le bien là où elles ont été tenté. Mais c'est l'influence du communisme, à travers le socialisme et l'influence des mouvements cocos en fin de 2e guerre mondiale qui ont apporté de nombreuses avancées sociales qui permettent aux pays occidentaux de ne quasiment plus connaitre l'extrême pauvreté que connaissent nombre d'autres pays encore. Notre profond désaccord part peut être de là, alors... pourtant, ensuite, vous dites :
"Mais je ne suis pas non plus un méchant réac, non déplaise à M. Julien sans nom. Fils d'ouvrier, boursier (grâce au PS britannique), licencié de l'université de Londres, je sais très bien ce que vaut une politique sociale de l"éducation."
Et vous ne croyez pas que cette politique sociale de l'éducation a entre autre été permis par les réflexions idéologiques dérivées de l'idéologie marxiste ?? M'enfin bon.
Vous dites :
"C'est pourquoi je m'insurge contre un système d'éducation inefficace, géré par le corps professoral pour le corps professoral, qui pour des dépenses équivalentes, voir supérieures, en pourcentage de PIB qu'un petit pays comme la Finlande, rend des résultats de moins en moins acceptables."
Alors première chose. Si c'est en pourcentage de PIB, alors la taille du pays n'a rien avoir. Mais passons, vous êtes suffisamment intelligent pour le savoir. Je tenais juste à le souligner. Quand aux résultats de moins en moins acceptables, si vous avez déjà lu mes réactions, vous savez que je suis d'accord avec vous. Malgré tout, je reconnais aussi que les résultats Français restent parmi les meilleurs au monde (sur 180 pays, nous ne sommes pas dans les 30 derniers, mais plutôt dans les 30 premiers...). Et surtout, je pense que ce n'est pas la politique actuelle de réforme (baisse du nombre d'enseignants, réforme étonnante de l'IUFM, et un réel déni de la nécessité d'une meilleure mixité sociale pour améliorer la situation en banlieues pauvres) qui améliorera tout cela. Hors, qui est au pouvoir?? ni les profs, ni les socialos (encore moins les communistes).
Vous dites ensuite :
"Ringard, peut-être, peu sexy, mais je suis pour un processus de réformes quotidiennes qui implique une volonté de s'attaquer aux problèmes là où ils se trouvent, sans arrières pensées idéologiques."
Là encore, nous sommes en désaccord. Si je ne rejette pas la remise en question permanente, je pense qu'une réforme se doit d'être forte et assistée par le pouvoir politique comme par la profession concernée. Je pense que l'on devrait enfermer représentants de profs, de parents d'élèves et de politiques dans une pièce jusqu'à ce qu'ils en ressortent avec un réforme censée et viable (ajoutons quelques intellectuels, ça ne fait jamais de mal. Et tout cela si possible de manière non partisane, en respectant une certaine représentativité de la population). Au moins sommes nous d'accord sur la nécessité d'éviter de polluer le débat par des "arrières pensées idéologiques" (ce que vous n'avez pas fait lors de votre premier commentaire... ni moi ensuite d'ailleurs).
"Mais je demanderais en retour une hausse importante des heures travaillées. Il est scandaleux à mes yeux que ces professionnels de la formation privent la société de leurs compétences pendant 20 semaines par an - sans parler d'un corps de batiments inoccupé."
Eh oui. Et si vous avez lu mon commentaire, vous avez vu (ou verrez) que je suis d'accord avec vous. Mais d'ici là, la question du salaire des profs se pose. Car peu de bac+5 touchent moins qu'un prof.
Je passe sur la fin de votre commentaire, où pointe l'agacement et la volonté de vous mettre à mon (délibérément provocateur) niveau. Car vous travestissez mes écrits, ce qui est dommage.
Toujours ravi de faire avancer le débat en proposant un propos contradictoire.
Maintenant, et si l'on poussait nos politiques et nos profs à enfin faire cette réforme de la bonne manière : en laissant tout le monde s'exprimer, en trouvant une solution acceptable par tous et qui poussera le système vers le haut, et en les enfermant dans une salle de négociation pendant 6 mois s'il le faut...
Cordialement
Celui qui a déjà signé sur ce site, mais ne dédaigne pas à continuer à se faire connaitre sous un pseudo pour le moment.
Vous n’êtes pas prof mais parlez en leur nom. Désolé pour eux.
- Oui le budget de l’Education Nationale est en augmentation constante, même ces 3 dernières années. Sur 20 ans c’est celui qui a le plus progressé.
- Tout un chapitre de l’article en objet intitulé « Plus le temps de penser » explique en filigrane que les profs doivent avoir du temps pour la réflexion, ce qui est incontestable. Il est cependant important de rappeler que c’est aussi le cas de beaucoup d’autres professions qui n’en font pas un argument revendicatif.
- Il est dommage que vous considériez qu’orienter les profs les mieux notés et les plus expérimentés vers les élèves les plus en difficulté signifie « être "punis" pour avoir été trop bons dans leurs boulots. » D’autres penseraient que ce serait l’honneur du service public de faire passer l’intérêt des élèves avant celui des membres de ce même service public.
- Merci pour avoir qualifié mon commentaire de « cuisine du peuple ». Je serais heureux de représenter le peuple contre les élites autoproclamées.
Enfin, je vous cite in extenso :
« Je reste persuadé que le mélange entre une certaine distanciation des parents vis à vis de leurs responsabilités dans l'éducation de leurs enfants, mêlées à une volonté de ces mêmes parents de saper l'autorité des enseignants en leur refusant le droit d'imposer la discipline, avec une pointe de judiciarisassions qui rend toute activité extrascolaire un risque de prison en cas d'accident, même sans fautes commises, ont exacerbé en France une situation qui, années 80-90 aidant, était déjà bien difficile. »
Je suis agréablement surpris de votre part pour cette publicité gratuite pour l’école privée : Nombre de parents qui mettent leurs enfants dans le privé le font parce qu’ils sont impliqués dans l’éducation de leur enfants et parce que les écoles privées ont une discipline beaucoup plus stricte.
Plus sérieusement, avec ce dernier commentaire vous pointez en effet des pistes de réflexion qui permettraient probablement d’améliorer la qualité de l’enseignement en France.
Bon, il va de soi qu'en étant moi-même dans l'exagération, je ne voulais que mettre en évidence les exagérations des réactions des certains des commentateurs. Mais j'accueille avec plaisir les retours sur mes provocations.
Bon, Mr constructif qui ne l'êtes que rarement. Vous dites :
- Oui le budget de l’Education Nationale est en augmentation constante, même ces 3 dernières années. Sur 20 ans c’est celui qui a le plus progressé.
En effet, j'en ai même donné les raisons. Et si l'on reprend les chiffres de Testatio, l'on se rend compte que le budget de l'éducation nationale n'a pas plus augmenté que l'inflation (et encore, n'oublions pas que la stagnation monétaire de 2008 est due à une crise sans précédent...). Par contre, sur 20 ans, avec les ambitions du collège unique et des 80% d'une classe d'âge au bac, il ne me semble pas illogique que le budget de l'éducation soit celui qui ai le plus augmenter (que ces ambitions aient été des choix pertinents est une autre question).
Vous dites :
- Tout un chapitre de l’article en objet intitulé « Plus le temps de penser » explique en filigrane que les profs doivent avoir du temps pour la réflexion, ce qui est incontestable. Il est cependant important de rappeler que c’est aussi le cas de beaucoup d’autres professions qui n’en font pas un argument revendicatif.
De mon expérience (subjective, donc, mais non moins pertinente), les profs veulent du temps pour corriger les copies (c'est long, voir très long) et préparer leurs cours (surtout long au début, mais tout de même). Pas pour juste de "la réflexion". Et je regrette que les autres professions n'en fassent pas un argument représentatif.
Vous dites ensuite :
- Il est dommage que vous considériez qu’orienter les profs les mieux notés et les plus expérimentés vers les élèves les plus en difficulté signifie « être "punis" pour avoir été trop bons dans leurs boulots. » D’autres penseraient que ce serait l’honneur du service public de faire passer l’intérêt des élèves avant celui des membres de ce même service public.
Relisez moi. Je met le terme "puni" entre parenthèse, ce qui implique que je ne donne pas ici ma pensée, mais ce que l'on pourrait admettre comme étant "l'avis de la majorité". Mais bon. Mais je suis d'accord avec vous (si, si) quand vous dites que ce serait l'honneur du service public de faire ce sacrifice (car s'en est un. Si l'on vous accorde un boulot dans le privé, au même salaire, mais dans une meilleure place, vous refuseriez, vous ??). Alors si vraiment le service public veut s'honorer, il est nécessaire que l'état compense financièrement ce sacrifice (car s'en est un. Si l'on vous accorde un boulot dans le privé, au même salaire, mais dans une meilleure place, vous refuseriez, vous ??).
Vous terminez par : (je passe sur les élites autoproclamées, je ne me sens pas visé du tout :) )
"Je suis agréablement surpris de votre part pour cette publicité gratuite pour l’école privée : Nombre de parents qui mettent leurs enfants dans le privé le font parce qu’ils sont impliqués dans l’éducation de leur enfants et parce que les écoles privées ont une discipline beaucoup plus stricte."
Et que faites vous des "bons" parents qui n'ont pas les moyens de mettre leurs gosses dans le privé ?????? Les écoles privées ne fonctionnent que parce qu'elles sont le refuge des classes moyennes et supérieures pour extraire leurs enfants de la masse des plus pauvres. La question n'est pas de savoir si un "bon" parent doit accepter le diktat du privé pour "sauver sa progéniture", mais de trouver le moyen pour que l'école publique ne soit plus le rebut que certains imaginent qu'elle est (ce qui est d'ailleurs faux... hormis dans quelques rares villes et les banlieues les plus pauvres, la très grande majorité des collèges et lycées publics sont de bonnes qualités. Mais l'on se concentre habituellement sur ce qui ne marche pas, même si ce n'est qu'une minorité).
Au final, si mon commentaire avait pour but de faire réagir et de présenter un point de vue différent (Slate reste tout de même un site au lectorat assez... conservateur, parfois), je vous remercie de trouver que mon dernier commentaire pointe des pistes de réflexions intéressantes. Car si mes réponses étaient toutes aussi idéologiquement marquées que les extraits auxquels elles répondaient, ce commentaire est pour moi le seul de ceux que j'ai fait qui ait l'ambition de rappeler quels sont les vrais problèmes : une société qui compte sur l'état quand ça l'arrange, mais lui refuse tout de même une certaine liberté nécessaire à mener sa mission.
Et je continue de penser que le gouvernement actuel (et ceux d'avant...) n'ont pas les c.... pour changer les choses, et en restent donc aux reformettes promptes à contenter une opinion publique populiste qui est une grosse part même du problème. Ceci étant dit, je ne suis pas persuadé que la gauche au pouvoir ferait mieux. Mais après 17 ans de droite, j'ai vraiment envie de pouvoir dire "tous des c.... molles".
Voilà !
@julien_g :
Statistique de l'éducation nationnal : 1 élève coute en moyenne 8000€/an (http://media.education.gouv.fr/file/2009/29/4/Le_second_degre_122294.pdf)
Une classe de 30 élèves coute donc 240 000€ minimum à la société. Personnellement, quand je vois ces chiffres, j'ai un gout de cendre dans la bouche. Que l'on ne soit pas capable de comprendre que ce chiffre est trop grand, c'est à desespérer. Personnellement, je n'ai jamais eu l'impression de voir autant d'argent durant toute ma scolarité... alors, en 1 an !
Je refute l'idée que les professeurs sont le BAC+5 qui touchent le moins d'argent. A temps de travail égal, ils font parti de ceux qui justement gagnent le plus d'argent en France. 24 heures de travail par semaine réparti sur 30 semaines, cela fait 720 heures de travail par an. Un salarié lambda travaille 35 heures sur 47 semaines, soit 1645 heures. Donc, à temps de travail équivalent à un salarié lambda : 27977* x 1645 / 720 = 63 919 € (*http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1094®_id=0 : chiffre de 2004...)
Je suis d'accord avec vous concernant sur le temps d'enseignement. Nous n'avons pas à rougir de ça en France. Nous élèves font partis de ceux qui ont le plus de temps d'enseignement. L'avantage dans les pays ou l'enseignement est mieux réparti dans l'année fait que les élèves peuvent faire plus d'activité extra-scolaire, donc peuvent potentiellement avoir une culture plus étendu pour peu qu'ils s'intéresse. Au vu de la culture de certains américains, je suis pas mécontent de notre système !
"Un prof sans élève... peu d'utilité !". Au contraire j'ai envie de dire ! pouvoir échanger entre prof, faire des autocritique ou s'échanger des idées d'enseignements ou autres peut être un énorme plus pour les élèves. C'est un temps que les prof. n'ont peut etre pas en temps normal.
--> PW :"cours supplémentaires, cours pour adults illétrés, formation des profs" je rajouterai que les cours supplémentaire pourrai aider les jeunes des banlieues qui veulent s'en sortir, qui sont bon, mais a qui on apprends pas à travailler pour faire face à une prépa.
"le budget de l'éducation nationale ait augmenté les 3 dernières années" : Allons chercher les chiffres ^^ (http://www.education.gouv.fr/cid29/le-budget-du-ministere.html#budget-2008)
- 77 milliards d'euros pour 2007
- +1,96 % en 2008 (1.13 milliards) : inflation 2.8% (INSEE)
- +2,06 % en 2009 (1.9 milliards) : inflation 0.1% (prévision INSEE)
- +1,56 % en 2010 (0.9 milliards) : 1.1% (prévision INSEE)
NB : je trouve ces chiffres étonnant étant donné qu'ils donnent un chiffre de 58 milliards pour 2008. Il semblerait donc que les dépenses entre recherche et enseignement était cumulé avant et que la recherche augmentait de 5% alors que le budget de l'éducation stagnait plus ou moins. Mais ces publications ne sont pas satisfaisantes !
Prof. conventionné : il me semble que beaucooup de prof. d'école privée sont conventionnés, donc payé par l'état. Ceci est un choix de l'état afin de pouvoir controler ce qui est enseigné aux élèves fréquentant ces établissements. Le couts des écoles privée concerne donc tout ce qui tournent autour du prof : administration, infrastructure, sortie, matériels etc... et ainsi que les prof. non conventionné. Autrement dit, ceux qui n'ont pas de diplôme. Ce sont généralement ceux qui nt une véritable vocation d'enseignant mais qui pour des raisons personnelles n'ont pas passés les concours. Nous entrons là dans un débats de fond, mais c'est discutable, aussi bien dans un sens que dans l'autre. j'ai pas d'idée sur la question.
Pour ce qui est de la comparaison avec l'Allemagne... il y a des négociations préalable, et quand les représentants signent un accord, la base ne fait pas la grève, contrairement à la France. Nous avons un énorme problème de représentation en France, ou les syndicats n'ont pas de légitimité de négociation étant donné qu'ils doivent en référer à la base avant de décider. S'ils représentaient vraiment les idées de la base, il pourraient décidés et la base reconnaitrait ces accords.
Vous comprennez peut être maintenant les propos de M.Peter Wright / constructif
@Peter Wright : Les mutations sont le fait des enseignants et non de l'éducation nationale (acquis social)
Ainsi, une mutation s'effectue suite à une demande d'un enseignant, et non pas en fonction des besoin de l'éducation nationale. Les anciens ayant la priorité (là, c'est normal), ils ont plus de chance d'aller là ou ils demandent. Les jeunes prennent ce qu'il reste. Changer ce système, c'est revenir sur un acquis social, donc se retrouver confronter à une grève longue et lourde... même si c'est pour le bien des élèves... paradoxal, non ?
@julien_g : Par contre, je suis à 150% d'accord avec votre dernière parenthèse !
NB : ne n'aime pas cette facon qui consiste à dénigrer son interlocuteur afin que son argumentaire soit dévalorisé. C'est petit, et finalement dispense des réponses aux questions qu'ils se posent. Tout le monde n'est pas forcement de mauvaise fois...
Bon, il va de soi qu'en étant moi-même dans l'exagération, je ne voulais que mettre en évidence les exagérations des réactions des certains des commentateurs. Mais j'accueille avec plaisir les retours sur mes provocations.
Passons à Testatio.
240 000 € par an pour une classe de 30 élèves ?? voyons voir. 240 000 / 12 = 20 000 € par mois. Soit 666 € par mois par élève. Certes c'est élevé (peut-être même trop élevé). Mais c'est toujours dans les limites du raisonnable. Une école privée en France coute aux parents au minimum 300 € / mois par élèves, alors même que les profs sont payés par l'éducation nationale... Cela est frappant, non ??
Reprenons le chiffre, et triturons le un peu :
240 000 € par an. Soit 20 000 € par mois. Retirons les salaires (charges comprises...) : prof, 4000 € * 2 (je pense que l'on sera d'accord pour dire qu'un prof par classe en moyenne, c'est un peu juste après la primaire...). CPE, administration, ménage, cantine, etc. disons 4000 € aussi par classe (sur un lycée de 30 classes, il y a au moins un personnel administratif / ménage / cantine à compter). Les locaux, maintenant. Ils ont un coup. Disons 500 € par mois (je reste raisonnable). Il y a aussi le mobilier, les fournitures scolaires payées par l'état, les équipements divers, les voyages scolaires, les inspecteurs, les fonctionnaires, les pions, les examens, le papier... Bref, par l'absurde et en faisant les calculs, on est au minimum aux alentours de 15000 € par mois par classe. Soit 180 000 € par an pour une classe de trente (il est à noter que nombres de filières techniques accueillent moins d'élèves, cela permet de réfléchir à la pertinence des moyennes...). Bref, avez vous 180 000 € ?? Cela vous laisse-t-il un gout de cendre ?? pourtant, il est vraiment très difficile de faire moins, non ? Alors je ne nie pas qu'il est nécessaire de maitriser le budget de l'éducation nationale, mais ne pas comprendre que l'éducation d'une nation se doit de couter plus à l'état que le traitement de sa dette ou de son armée, c'est à désespérer.
Continuons :
"24 heures de travail par semaine" : vous oubliez les corrections de copie et les préparations de cours. Et je connais nombre de salariés (dont moi fut une époque) qui bossent de manière effective moins de 20 heures par semaine... et eux peuvent se le permettre, ils n'ont pas une classe en face d'eux. Pourquoi ne pas vous en prendre à eux (ils font beaucoup de mal à la productivité française, pourtant).
C'est très bien de faire parler les chiffres comme on le sent, mais oublier les corrections et préparations de cours (qui représentent au moins 8-10 heures de taf par semaine, et ça je le sais pour l'avoir vu de mes yeux vu !!), c'est inadmissible.
Enfin, je vous signale que les bac+5 que je connais touchent, en moyenne après 5 ans de carrière, aux alentours de 50 000 € (bruts) par moi. Pas si loin de ce que vous donnez comme chiffre. Dix ans plus tard, ces même bac+5 exploseront littéralement vos malheureux 68 700 €... Donc merci de reconnaitre que les profs sont mal payé selon le niveau d'étude.
(ah, et pour faire bonne figure, voici les calculs avec 35h de travail par semaine pour un prof, incluant donc les temps de correction de copie et préparation de cours : 27977* x 1645 / 1050 = 43 830 € Arf !! merde, donc en fait les bac +5 que je connais, avec 5 ans d'ancienneté, gagnent déjà plus que les profs. Et ne parlons même pas de dans 10 ans... je garde ces chiffres, ils sont absolument fabuleux, je les ressortirais à l'occasion. Merci de me les avoir donné !!)
Merci aussi d'ailleurs de reconnaitre que l'enseignement en France n'est pas aussi cataclysmique que certain osent le prétendre (l'exemple des USA est pertinent... et n'est pas le seul).
Bon, le "prof sans élève... quelle utilité !" était clairement sarcastique, mais ça, vous ne l'avez pas vu. Pourtant j'indique juste après combien je pense qu'en échange d'une revalorisation de salaire, nombre de profs seraient ravis de moins partir en vacances... mais vous avez du oublier de lire la suite.
Pour l'augmentation des budgets de l'EN, ils ont augmenté de 5.5% en 3 ans, pour 4 % d'inflation. Mais n'oublions pas que les 0% d'inflation en 2008 sont la conséquence d'une des plus grave crise financière mondiale des 40 dernières années. Ramenez le chiffre de 2008 à 2%, celui de 2009 ) 1.5 et le budget de l'EN aurait baissé sur 3 ans... fabuleux !! j'adore les chiffres :)
Je passe sur la question du privé, car vous dites vous même "nous entrons là dans un débats de fond, mais c'est discutable, aussi bien dans un sens que dans l'autre. j'ai pas d'idée sur la question". J'ai moi un avis sur la question : l'école privée privilégie ceux qui peuvent la payer. Elle est donc un facteur d'inégalité dans la société. Elle ne correspond donc pas à mon idéal. Mais là, il s'agit d'idéologie. Je suis plus égalitariste que libertaire (et aucun de ces deux terme ne sont pour moi péjoratifs).
Enfin pour l'Allemagne, vous reprenez peu ou prou mon argumentaire (en France, les grèves suivent rarement un accord où les représentants ont tous signé !! ils suivent généralement un accord signé par l'état et une partie (minoritaire) de ces représentants). Dommage, vous partiez bien, mais vous avez glissé sur la fin. Et l'Allemagne n'est pas la panacée non plus. Demandez aux allemands, qui voient du bon dans le système Français aussi...
Bref, je comprenais déjà bien les propos de MM Wright et constructif, je suis juste en désaccord, et j'ai tenté de recentrer le débat en éliminant les arguments non viable, pour se concentrer sur les réels problèmes de l'éducation en France.
Ce sont d'ailleurs les arguments que je présente dans la dernière parenthèse, avec lesquels vous semblez en parfait accord... comme eux, semblerait il (beau, non !)
Pour terminer, je commenterai votre Nota Bene : nous sommes ici dans une tribune publique, non professionnels de l'information et la plupart d'entre nous revendiquons une certaine liberté de ton qui se retrouve d'ailleurs souvent dans les débats politiques au plus haut niveau (repensons aux affaires Soumaré, et à ce qui a suivi... ni la gauche ni la droite ne sortent grandis de tout cela, ce sont pourtant des professionnels...). Alors acceptons que d'humbles amateurs tels que nous puissions aussi parfois nous laisser entrainer par ce penchant par trop humain. J'aime endosser sur ces tribunes Slatiennes (et je ne suis pas le seul...) un masque de provocateur qui habille mes commentaires. Sachons assumer ces tribunes qui rappellent l'importance de la liberté de parole, et souvenons nous que Voltaire faisait du pamphlet un art, et qu'il n'y a rien de foncièrement mauvais à jouer de ce registre (je ne suis pas Voltaire, bien sur... mais je l'aime bien :) )
Cordialement
les 27977€ (NET !) correspondent à un salaire de débutant.
Je ne connais personne en BAC+5 qui gagne plus de 43000€ (NET !) en débutant... même à Paris.
(Je suis en finance, job qui est sensé être parmi les mieux payés)
Par exemple, un trader débutant gagne moins. Etonné ?
L'évolution des salaires dans le public est connu avant même d'intégrer le job. Mais il y a la sécurité de l'emploi... Et en période de crise (comme actuellement), la sécurité de l'emploi devient un avantage indéniable. Il y a également la retraite qui se calcule sur les 6 derniers mois de salaire dans la fonction publique et les 25 années les mieux rémunérées dans le privé (Attention à ne pas rester trop longtemps au chômage...surtout après 50 ans quand on devient cher). Un cadre du privé touche 50% en retraite de cette moyenne.
Si on met vraiment tous dans le calcul, j'ai des doutes sur « qui gagne plus ? »
Ici, nous comparons des cadres, donc, loin du salarié de base qui commence à 17000€ et fini sa carrière à... 19000€ (42,5 années d'inflation... en fait). Leur amertume face à des gens qui se plaignent alors qu'ils gagnent leur vie nettement mieux est facile à comprendre.
Sur les préparations de cours et les corrections : les corrections prennent du temps, c'est d'ailleurs pourquoi ils commencent à corrigé les copies d'une classe pendant l'heure d'interro d'une autre. Pour ce qui est des préparations de cours, désolé, mais j'aurai toujours cette vision de mon prof d'histoire qui prends sa feuille jaunie par le temps et commence son cours. Lui, sa préparation de cours à du être longue la première année, j'ai un doute sur les suivantes ;).
Et enfin, en ce qui concerne les 240000€, heureusement qu'il y a d'autres charges que le salaire des prof ! ;)
Etant donné que les élèves font environ 32 à 35h de cours par semaine, les charges « salaire des prof. » sont moins importantes que vous le calculez.
Dans votre calcul non exhaustif, nous sommes à 180 000€. Soit 60 000€ de moins que sont les charges actuellement. Tiens, tiens, tiens...
Mais finalement, 800 000 prof... ca me gène pas vraiment... par contre 500 000 administratifs, beaucoup plus ;)
22 semaines par an ou tous les locaux de l'éducation sont déserts, ca aussi c'est un gouffre
50 000 prof en attente pour remplacement alors que l'absentéisme des prof. est un problème connu...
Bref, il y a des économies à faire dans le fonctionnement de l'éducation, sans même toucher aux agents. Mais, le 'problème des professeurs mal payés', c'est vraiment une fanfaronnade !
Désolé mais un prof débutant, ça gagne tout au plus 1800 € net par mois, peut être 2000 pour ceux qui ont des primes (zep et autres...) Là, votre chiffre 2333 € par mois, c'est bien trop...
Quand à un bac +5 après 4-5 années d'expérience, il touche ses 36 000 net par an (soit 45000 brut, soit encore 3000 net par mois...), et c'est bien plus qu'un prof (et encore, je ne compte ni les participations, ni les primes).
Bref, je veux bien parler chiffre, mais vos sources ne sont pas bonnes ! mes potes profs ne gagnent pas 2300 net, et pourtant, ils ont 3-4 ans d'expérience !! Faudra me dire d'où vous sortez ces salaires de prof (peut etre la minorité d'agrégé... et encore, là on ne parle pas des instits, qui gagnent encore moins !!!).
Par contre, je suis d'accord sur le fait que les 500 000 administratifs, c'est bien trop.
Mais si, les profs ne sont pas mal payés par rapport à leur temps de travail, mais si vous voulez qu'ils bossent plus, alors payez les plus !! (comme un bac + 5, quoi...)
Bon, par acquis de conscience, je suis allé vérifier les salaires de départ et les évolutions des profs...
1400 € net par mois pendant douze mois (annualisé, donc) pour un prof débutant certifié, semblerait il. Même avec les primes on est très très loin de ce que vous annoncez.
Et en fin de carrière, ça ne dépasse pas les 2800 nets pour un certifié (pas cherché pour les agrégé...). Bref, ce que gagne un bac+5 vers ses 30-35 ans.
Dites, faudrait voir à :
1- arrêter de confondre net et brut (les 43 000 dont je parlais étaient brut... et pour quelqu'un qui avait 5 ans d'expérience)
2- trouver les réels chiffres des salaires des profs, et pas ceux qui vous arrangent
3- réfléchir à ce que toutes vos tentatives de désinformation cachent.
Ah, et au fait, si un prof, ça gagne autant, pourquoi ne pas avoir choisi cette carrière ?? c'est un concours, vous savez.
Bref, je pense que cela met un point final à la querelle des chiffres, à moins que vous ne me prouviez par a+b qu'un prof débutant gagne les 2300 € nets que vous affirmez... et qui sont en contradiction avec les recherches effectuées sur Internet, et la feuille de salaire de mes amis profs.
Cordialement
Les chiffres, je ne les ai pas inventés, et j’ai même donné les sources sur lesquelles j’ai pris ces chiffres. Mais bon, peut être que l’INSEE ou le site de l’éducation national publie des chiffres faux.
Ensuite, vous vous appuyer sur ces chiffres pour faire des calculs faux, donc, par démonstration absurde, j’ai continué. Forcement, vous n’aimez pas. Tiens donc !
Ces chiffres concernent « Essentiellement : professeurs agrégés et certifiés et enseignants du supérieur » sur Salaires annuels moyens nets de prélèvements 2004. Vous les utiliser comme bon vous semble, et moi, je dois prendre vous calculs erronés comme parole d’évangile ?
Si vous avez regardé la source, vous auriez vu que c’est la moyenne des salaires NETS pour les 890 700 enseignants.
Donc, votre vision « salaire brute » alors que je vous donne un salaire net est fausse ! Tout comme la question d’ancienneté étant donné que c’est une moyenne. (Mea culpa)
27 918€ /an, cela correspond à un salaire horaire net : 38.77€ !
Ajoutons vos fameuses 12 heures de préparations de cours/corrections par semaine (mouarf !) : 25.85€
Je n’ai pas l’impression qu’ils sont à plaindre encore une fois… et là, vous aurez du mal à critiquer le calcul. Quoique, l’INSEE ment et donne des chiffres faux. L’argument ultime !
Maintenant, allez voir n’importe quel cadre du privée, et demandez lui combien est son salaire horaire net. Je doute fort que la moyenne soit 38.77€. Les prof. se plaignent, mais ils sont loin d’avoir à se plaindre niveau rémunération, mais leur prouver par les chiffres, ca fait toujours mal, alors on nie…
Au fait, vous n’avez pas donné de valeur à la sécurité de l’emploi. Mais comment donner une valeur à ce qui n’en a pas. Ils veulent le même niveau de salaire que dans le privé ? Qu’ils aient donc également les contraintes également. Je doute qu’ils acceptent…
Ni contredit ce que j’ai dit sur la retraite.
Finalement, vous faites votre mea culpa... les 27 918 € par an représentent donc le salaire moyen sur toute une carrière...
Donc les profs gagnent en moyenne 2350 € par mois.
Ils sont bac +5.
La plupart des bac +5 gagnent généralement dans les 2500 à 3000 € (net...) par mois avec 5 ans d'expérience.
Ils gagnent donc au bout de 5 ans plus qu'un prof en moyenne sur toute sa vie. Et ne parlons toujours pas des salaires au bout de 10 - 20 - 30 ans.
Les profs sont donc les bac +5 les plus mal payés du marché, sur un mois.
En tarif horaire, ils sont en effet un peu mieux payé (car ils ont plus de vacances). Mais ils restent loin du salaire horaire d'un cadre à CSP ++. Ils sont donc mal payé comparé à leurs études.
Merci donc d'avoir redressé votre erreur sur le salaire de départ qui était en fait un salaire moyen, il valide donc ma thèse (je n'ai jamais dit que l'INSEE mentait, j'ai dit que votre chiffre de 2300 net en début de carrière était une hérésie... en plus, cela inclut les agrégés bien mieux payés... mais pourtant très loin de ce que gagnent des profs d'université dans de nombreux pays...).
Maintenant, vous dites :
"Les prof. se plaignent, mais ils sont loin d’avoir à se plaindre niveau rémunération," (j'ai zappé la fin, vu que vous aviez basé votre argument sur une base fausse... le salaire n'était pas celui de départ).
Les profs ne se plaignent que rarement de leur rémunération. Par contre, si "certaines" personnes (oui, je parle entre autre de vous...) veulent les faire bosser pendant les vacances, alors oui, là, ils peuvent se plaindre. Car à ce moment là, leur tarif horaire chute au niveau d'un employé de magasin.
Quand à la sécurité de l'emploi, je vous le redit : si vous enviez tant que cela le statut des profs, devenez prof, c'est un concours...
Mouarf !
...avec ou sans nom. Ces échanges ont prouvé au moins une chose que l'exageration de l'un et de l'autre - même si elle a le mérite de provoquer un débat - ne sert pas forcément à trouver les bonnes réponses!
Toutefois je tiens à vous remercier pour l'ensemble des commentaires que vous avez si méticuleusement fournis. Pour ma part j'y réfléchis.
Je reste persaudé que les 'révolutions idéologiques' ont un piètre record en termes de progrès social. C'est pourquoi d'ailleurs en France comme en Angleterre les PS se sont dissociés des PC - ce qui leur à permis d'apporter de réels progrès sans morts.
Admettons au mieux qu'elles ont pu 'provoquer le débat'. Mais à quel prix en termes de vies humaines et de liberté.
Ce qui frappe un Anglais en France c'est la recherche systématique de la confrontation (parfois sous un label idéologique) plutôt que la consultation. Le débat sur l'éducation est un bon exemple.
Moi-même je suis provocateur dans l'âme. C'est peut-être la raison pour laquelle je me sens si bien en France!
Cordialement
Entre provocateurs, l'on se comprend.
Et sans marxisme, le PS n'aurait pas existé à l'origine.
Bref, continuons à chercher des réponses ensemble, et à faire avancer les choses. Mais pour le futur, tentez svp de ne pas vous contenter de clichés (même s'ils ne sont pas tous faux...) lors de vos commentaires, le débat n'en avancera que mieux. Je ferai le même effort :)
Je ne pouvais ne pas réagir à cette provocation (et pourtant j'essaie...)
Certaines vérités ne veulent pas s'entendre. Aussi au risque de radoter on se sent obligé de les répéter.
Il est vrai que cela peut donner lieu à de grosses simplifications - comme votre insistance que Marx soit la seule source de solidarité humaine par exemple...
Ma grande-mère, qui a crée le mouvement cooperatif dans notre ville, ne connaissait rien de Marx. Elle ne savait même pas lire.
Cordialement
Oui, je le donnais en exemple
Mais jamais (jamais !!) je n'ai dit qu'il était le seul.
Par contre, oui, le PS trouve ses origines dans le marxisme...
J'aurai pu parler de Proudhon ou de l'abbé Pierre, et d'autres encore.
Marrant comment dès qu'on parle de Marx, certains se ferment immédiatement à la conversation.
Marx n'est pas Staline, et ce n'est pas parce que des cons ont travesti son idéologie qu'il faut le rejeter totalement.
Bravo à votre grand-mère, mais vous venez (encore) de me faire dire ce que je ne voulais pas dire. Et je n'ai JAMAIS dit que Marx était la seule source de solidarité humaine... (JC l'était bien avant lui !!!!)
"Marx n'est pas Staline"
Moi, je veux bien vous suivre, mais pouvez-vous m'expliquer qu'à chaque fois qu'on a voulu appliquer à un pays les théories de Marx, on a abouti systématiquement à des régimes totalitaires comparables au stalinisme ou parfois pire?
A suivre votre raisonnement, alors Jésus Christ est responsable de l'inquisition, des croisades, et de nombreux autres très graves crimes. Pourtant il n'a fait que donner des idées. Est il responsable ??
Et le fascisme (donc Hitler) mettait la propriété privé parmi les droits les plus importants de l'homme. (pas de point Godwin, svp, il s'agit dans un débat sur les idéologies totalitaires gravissimes d'un exemple pertinent).
Bref, comme l'a dit un caricaturiste récemment, "c'est dur d'être aimé par des cons" !!!
Mais la haine du communisme est vivace en France et en Europe. Et pourtant, Dieu sait que je ne suis pas communiste, j'aime trop la liberté !
(et Marx préconise la "dictature du prolétariat", alors forcement, le passage par un régime totalitaire est inévitable, c'est d'ailleurs pour cela que je ne suis pas communiste. Mais le reste de ses idées ne sont pas toutes du même acabit...)
Votre enthousiasme vous égare:
- Jésus Christ n'a jamais cherché à conquérir le monde:" Mon royaume n'est pas de ce monde"; Iil a même participé à définir ce qui deviendra plus tard la laïcité: "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu".
- Vous confondez fascisme et nazisme ce qui est une erreur historique majeure; Quant aux droits à la propriété privée, la Révolution Française en faisait aussi une de ses priorités au point de l'inscrire dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, et on voit mal le rapport entre propriété privée et totalitarisme, ce serait plutôt le contraire.
- La haine du communisme est vivace en France, là c'est une blague?? la France est l'un des derniers pays libres dans le monde à envoyer des députés communistes au parlement!
- Il est vrai que dans le domaine des idées philosophiques l'apport de Marx est important et très mal reconnu cependant dès qu'on a appliqué ses idées politiques, ce fut toujours et SYSTÉMATIQUEMENT une catastrophe. Dans ce cas, la responsabilité en revient davantage à ses émules qu'au penseur, même si on ne peut le dédouaner totalement!