Égalités / Monde

La «culpabilité blanche» à l'ère de Trump façonne les primaires démocrates

Temps de lecture : 2 min

L'égalité raciale devient un thème de campagne chez les Démocrates blanc·hes.

La question raciale devient un sujet de préoccupation pour l'électorat libéral, et pas seulement chez les personnes racisées. | Melany Rochester via Unsplash
La question raciale devient un sujet de préoccupation pour l'électorat libéral, et pas seulement chez les personnes racisées. | Melany Rochester via Unsplash

Après l'élection de Donald Trump, John Olsen a été confronté à des problématiques raciales inédites: ses ami⋅es noir⋅es étaient surveillé⋅es dans les magasins et la population latino-américaine suscitait de la peur. Rapidement, il a décidé de devenir membre de la National Association for the Advancement of Colored People puis de la League of United Latin American Citizens. L'homme, âgé de 50 ans et blanc, confie: «Ça me fait mal au cœur que les Blancs aient peur de la population hispanique croissante du pays. Et je ne peux pas permettre que ça continue.»

Il semblerait que l'électorat libéral blanc se soit emparé de la question de la race, au point que les expressions «racisme structurel» et «privilège blanc» soient maintenant couramment employées. Les premiers États clés des primaires démocrates, l'Iowa et le New Hampshire, voient les candidat⋅es axer leurs discours sur des problématiques raciales. Kamala Harris, femme de couleur et candidate à l'élection, se veut l'incarnation du progrès social. Lors d'un discours tenu à Ankeny, à côté de Des Moines (Iowa), elle a détaillé sous les applaudissements son parcours et ses réussites en tant que femme racisée. Quelques années auparavant, elle se serait probablement contentée de parler de subventions à l'éthanol et au porc.

Zach Goldberg, doctorant à l'Université d'État de Géorgie, corrobore cette évolution en analysant les réponses de l'électorat blanc libéral à l'affirmation «Les Noirs qui ne vont pas de l'avant dans ce pays sont principalement responsables de leur propre condition». En 2010, 40% des libérales et libéraux blanc·hes étaient d'accord avec cette phrase. Aujourd'hui, seul·es 24% le pensent, tandis que 72% estiment que «la discrimination raciale est la principale raison pour laquelle beaucoup de Noirs ne peuvent plus avancer de nos jours».

Privilège et culpabilité

Trump, le mouvement Black Lives Matter et la couverture médiatique accordée aux personnes racisées ont poussé les libéraux blancs à adopter de nouvelles positions morales. Désirant rompre avec l'image de suprématie blanche encouragée par Trump, ils s'intéressent davantage aux candidat⋅es qui parlent d'égalité raciale, comme Elizabeth Warren et Pete Buttigieg. Certain·es se sentent également coupables de ne pas avoir pris en compte le facteur de la race plus tôt. Julie Neff, une femme blanche libérale de 57 ans, raconte que sa fille a épousé un Asiatique et regrette sa prise de conscience tardive. «J'aurais dû faire attention à tout ça plus tôt. Mais quand Trump prend ces décisions, je viens de réaliser que ce serait mauvais pour mon gendre et mes petits-enfants», explique-t-elle.

Janelle Turner, une autre libérale de 50 ans, est avant tout concernée par le système de santé, mais pense que les problématiques de race sont devenues plus importantes et mieux considérées, surtout depuis «que Trump a accentué les divisions raciales».

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