Égalités / Société

Des femmes expliquent pourquoi elles simulent l'orgasme

Temps de lecture : 2 min

Cinq Américaines, Britannique et Canadienne, féministes ou non, partagent leurs expériences.

Adaire, 26 ans, «avait l'impression que c'était plus facile de faire semblant». | Erwan Hesry via Unsplash
Adaire, 26 ans, «avait l'impression que c'était plus facile de faire semblant». | Erwan Hesry via Unsplash

Deux études menées aux États-Unis et au Royaume-Uni s'interrogent sur le lien existant entre la satisfaction sexuelle, la facilité à communiquer et la propension à simuler un orgasme. Cinq femmes révèlent les raisons qui les ont poussées à faire semblant de jouir et développent ce qu'elles pensent du féminisme.

Shelby, 28 ans, simulait car elle pensait «que le but du sexe était d'avoir un orgasme». À l'aise avec le terme «clitoris» et féministe assumée, la jeune femme originaire de Caroline du Sud ressent maintenant «beaucoup moins de pression pour faire semblant». Elle attribue ce changement à la faculté de s'accepter soi-même: «C'est lié au féminisme, parce que les femmes ont du mal à le faire. On ne nous apprend pas à nous accepter nous-mêmes.»

Anita, 51 ans, n'a feint l'orgasme qu'une seule fois dans sa vie, par facilité. C'était lors d'une relation qui ne la satisfaisait pas sexuellement, avec un partenaire qui contrôlait tout. Simuler lui a donné «un sentiment de pouvoir» en lui rendant la responsabilité de son corps et la liberté d'en faire ce qu'elle voulait. Cette Britannique ne se qualifie pas de féministe et estime que ce mouvement consiste à dire que les femmes sont supérieures aux hommes.

Ego fragile et sexisme bienveillant

Partageant son point de vue, Maddie, New-Yorkaise de 49 ans, pense que les féministes considèrent qu'elles ont plus de droits que les hommes et qu'elles peuvent se placer au-dessus d'eux. Elle confie simuler des orgasmes lorsque son partenaire sexuel «semble si fragile [...] qu'il ne pourrait pas accepter la vérité». Maddie ajoute qu'elle est mariée, mais qu'elle n'est plus épanouie dans sa vie sexuelle conjugale. Elle prétend jouir pour éviter de blesser son mari et a des relations sexuelles hors de son couple qui la satisfont.

Adaire, 26 ans, a elle aussi cherché à protéger l'ego de ses partenaires masculins. Lorsqu'elle avait une vingtaine d'années, elle «avait l'impression que c'était plus facile de faire semblant. Je ne voulais pas qu'il se sente mal, alors j'ai fait semblant». Puis son «éducation féministe» l'a menée à juger que «les féministes ont de meilleurs rapports sexuels, parce qu'il s'agit moins de performance que de plaisir, et tout le monde s'amuse».

Lucy, une Canadienne de 31 ans, a également débuté sa vie sexuelle en simulant des orgasmes qu'elle ne parvenait pas à atteindre. Ses ami⋅es semblaient avoir une vie sexuelle intense, contrairement à elle. Puis un partenaire s'est donné pour mission de la faire jouir, mais elle a senti que «c'était à propos de son ego, pas de moi, et ça m'a amenée à faire semblant à nouveau». Selon elle, il s'agit d'un problème féministe dans la mesure où «les femmes font semblant à cause de la pression sociétale d'être désirables et de ne pas déranger les autres».

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