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Un juge thaïlandais fait une tentative de suicide à l’issue d’un procès

Temps de lecture : 2 min

Il avait dénoncé être victime de pressions de la part de ses pairs pour rendre des verdicts «coupables».

Un tribunal de Bangkok, en Thaïlande, en 2017 | AFP / Lillian Suwanrumpha
Un tribunal de Bangkok, en Thaïlande, en 2017 | AFP / Lillian Suwanrumpha

Alors qu’il venait d’acquitter cinq hommes accusés de meurtre et de détention illégale d’armes à feu, le juge thaïlandais Khanakorn Pianchana s’est tiré une balle dans la poitrine à l’issue de l’audience, accusant d’autres juges d’avoir fait pression sur lui pour qu’il change son verdict.

Lors du procès qui se déroulait dans un tribunal de la province de Yala, au sud de la Thaïlande, le juge Khanakorn Pianchana avait déclaré: «punir une personne n’implique pas seulement cette personne, sa famille est également pénalisée. Si nous ne sommes pas absolument certains de sa culpabilité, nous ne devrions pas la punir. Cependant, cela ne signifie pas que je garantisse que les cinq accusés n’ont pas commis le crime. Ils l'ont peut-être fait, mais la procédure judiciaire doit être transparente et valide afin que personne ne puisse dire que nous les punissons à tort».

Trois des accusés risquaient la peine de mort, et les deux autres la prison pour complicité de meurtre. Le juge les avait acquittés en raison d’un manque de preuves. Avant l’audience et à son issue, il avait dénoncé une tentative d'ingérence de la part de hauts magistrats.

Une justice corrompue

Khanakorn avait affirmé dans un long rapport que le système judiciaire thaïlandais était soumis aux abus de pouvoir de hauts magistrats tâchant d’obtenir des verdicts «coupables», conformes à des objectifs politiques. Depuis septembre, le juge avait multiplié les déclarations publiques sur l’état du système thaïlandais, dont il critiquait la partialité.

Alors que le porte-parole du Bureau de la magistrature thaïlandais avait suggéré au Bangkok Post que l’acte de Khanakorn était probablement lié à des problèmes personnels, provoquant l’indignation, le secrétaire général du Bureau, Sarawut Benjakul, a annoncé que l’affaire serait portée devant une Commission judiciaire.

D’après le Bangkok Post, les blessures de Khanakorn Pianchana ne mettraient pas sa vie en danger. Celui-ci est toujours dans une unité de soins intensifs de l’hôpital de Yala.

Contre le suicide, des dispositifs d'aide existent. Vous pouvez contacter des centres de prévention comme www.sos-amitie.org (09 72 39 40 50) ou www.filsantejeunes.com (08 00 23 52 36), qui disposent de lignes d’écoute et d'assistance téléphonique anonymes et gratuites.

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