Boire & manger / Santé

Insectes, poils de rongeurs, excréments dans la nourriture… les normes sanitaires peu ragoutantes des États-Unis

Temps de lecture : 2 min

Ces bonus protéinés sont inéluctables dans les productions de masse.

Vous ne mangerez peut-être que sa tête | AFP / Uwe Zucchi
Vous ne mangerez peut-être que sa tête | AFP / Uwe Zucchi

Ce sont les aléas de la production, ce qu'on appelle pudiquement des «défauts alimentaires»: un peu de matière fécale par-ci, un peu d'asticots par-là, de la moisissure ici aussi, ou des poils de rongeurs ici encore. «Ici», c'est dans votre café, votre yaourt, votre barre de chocolat, votre sauce à pizza, ou tout autre aliment transformé qui vous semblait si désirable de prime abord.

Selon la Food and Drug Administration américaine (FDA), «il est économiquement irréaliste de cultiver, de récolter ou de transformer des produits bruts totalement exempts de défauts, lesquels sont cependant sans danger, naturels et inévitables».

Insectes broyés et déjections diverses sont le lot de toute récolte de masse. Si leur élimination totale est illusoire, la FDA a néanmoins établi des normes sanitaires pour tâcher de les réduire au maximum. Elles restent loin de flatter le bon goût. CNN s'est penché sur la composition d'aliments courants pour constater l'ampleur de ces petits bonus gastronomiques.

Un petit déjeuner fort de café

Pour bien commencer la journée, les grains de café moulu contiennent en moyenne 10 milligrammes d'excréments animaux pour 500 grammes de produit, et entre 4 à 6% des fèves sont infestées d'insectes, ou tout simplement moisies.

Vous voulez un peu de confiture industrielle? Celle de cerises peut comporter jusqu'à 30% de fruits moisis, et celle de cassis jusqu'à 75%.

Pour un simple paquet de spaghettis de 500 grammes, vous pouvez récolter jusqu'à 450 parties d'insectes, et 9 poils de rongeurs. Si vous ajoutez un peu de sauce tomate, notez qu'une boîte de 500 grammes pourra contenir deux larves d'asticots. C'est toujours moins que dans les boîtes de champignons, qui pour 100 grammes peuvent se prévaloir de receler une vingtaine de vers.

Ajoutons donc un peu de verdure: avec 100 grammes d'asperges, on pourra trouver une quarantaine de thrips, ces minuscules parasites qui se nourrissent des plantes et jouent un rôle important dans la pollinisation. Avec un peu de chance, ils laisseront place à des œufs de coléoptères. Même chose du côté des épinards congelés ou en conserve, qui peuvent abriter jusqu'à 50 pucerons, thrips ou acariens.

Les épices ne sont pas en reste, qui accueillent volontiers des insectes démembrés: pour 10 grammes d'origan broyé, la FDA accepte les résidus de 300 insectes et deux poils de rongeurs. Le paprika peut contenir 20% de moisissure, 75 fragments d'insectes et 11 poils de rongeurs pour 25 grammes.

Quant aux jus de fruit, ceux à base d'agrumes peuvent contenir 5 œufs de mouche tous les 250 millilitres, et les nectars d'abricot, de pêche et de poire, jusqu'à 12% de fruits moisis.

Comment compter les bêtes?

Pour s'assurer des taux d'insectes et autres «défauts alimentaires» intempestifs, «les fabricants de produits alimentaires emploient des agents d'assurance qualité, qui prélèvent en permanence des échantillons de leurs produits finis emballés, afin de s'assurer de ne pas commercialiser des produits qui dépasseraient les normes sanitaires», explique Ben Chapman, professeur en sciences humaines et agricoles à l'université d'État de Caroline du Nord.

Dans le cas où certaines récoltes seraient considérablement atteintes par une invasion d'insectes, en fonction des semaines ou des mois, la nourriture est normalement renvoyée dans les usines pour être «retravaillée»:

«Disons que j'ai beaucoup de canneberges fraîches pleines d'insectes, que je ne peux pas mettre dans un sac et vendre. Je pourrais choisir de les envoyer dans une conserverie où ils peuvent les faire bouillir, écumer les insectes, et remettre les canneberges dans une boîte de conserve», illustre Ben Chapman. Appétissant.

Un danger sanitaire?

Mais la présence d'insectes, pour peu ragoutante qu'elle soit, ne présente habituellement pas de risques alimentaires. En revanche, celle de résidus de pierre, de métal, de plastique ou de verre, présente un réel danger sanitaire. Pour pallier ce risque, les aliments sont passés aux rayons X et aux détecteurs de métaux.

La plupart des intoxications alimentaires sont dues à la salmonelle, la listeria, l'escherichia coli, ou plus simplement à la mauvaise cuisson de certains aliments et à la propagation des germes. Chaque année aux États-Unis, on compte 48 millions de cas d'intoxications alimentaires. En France, on estime leur nombre à plus de 200.000.

Slate.fr

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