Boire & manger / Monde

Les Russes boivent de moins en moins d'alcool

Temps de lecture : 2 min

Sa consommation est en baisse de 43% dans le pays depuis 2003, selon un rapport de l'OMS.

La Russie a suivi les mesures restrictives de l'OMS concernant la vente et la distribution de l'alcool, ses efforts semblent payer. | chuttersnap via Unsplash
La Russie a suivi les mesures restrictives de l'OMS concernant la vente et la distribution de l'alcool, ses efforts semblent payer. | chuttersnap via Unsplash

Paru le 1er octobre 2019, un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce une diminution de 43% de la consommation d'alcool en Russie entre 2013 et 2016. Les hommes en âge de travailler étaient les principales victimes de leur penchant pour les boissons fortement alcoolisées et la bière. Mais depuis 2003, avoir progressivement levé le coude sur leur absorbtion de boissons enivrantes a permis à l'espérance de vie des Russes d'atteindre un sommet historique: 68 ans pour les hommes et 78 ans pour les femmes.

Dans les années 1990 et 2000, le pays s'est trouvé confronté à des crises majeures de la mortalité. L'OMS rappelle l'existence de «recherches épidémiologiques suggérant qu'un homme sur deux en âge de travailler mourait prématurément à cause de l'alcool». Considérée comme l'un des pays où l'on boit le plus d'alcool, la Russie est aujourd'hui saluée pour l'efficacité des mesures de contrôle qu'elle a mises en œuvre.

De l'augmentation progressive des taxes à l'introduction d'un prix unitaire minimum pour la vodka en 2003, et la mise en place d'un système de suivi en temps réel de la production et de la vente de ce type de boissons, la Russie a mis le holà à l'alcoolisme rampant qui rongeait sa population.

Un recul «spectaculaire»

Carina Ferreira-Borges, cheffe du programme Alcool et drogues illicites à l'OMS-Europe et rédactrice du rapport, déclare que le «spectaculaire recul de la consommation d'alcool de fabrication artisanale, de contrebande ou produit illégalement en Fédération de Russie peut s'expliquer par le fait que les pouvoirs publics ont adopté des politiques de lutte contre l'alcoolisme».

Sarah Reisford, correspondante à Moscou pour la BBC, raconte que «les kiosques de nuit remplis de vodka, de bière –et de poisson entier séché et collé sur le verre– ont disparu depuis longtemps». Il n'est en outre plus possible d'acheter de l'alcool après 23 heures, y compris la bière qui est considérée comme une boisson alcoolisée depuis 2011. Impossible également de boire un petit coup en pleine rue: les amendes se sont faites plus régulières et plus dissuasives.

Reisford ajoute que les modes de vie plus sains séduisent de plus en plus les Russes, à l'image des Européen·es et des Nord-Américain·es. Les classes moyennes en pleine expansion sont les premières concernées par cette tendance et sont devenues plus soucieuses de leur santé.

Mais, dans les zones rurales et chez les communautés les plus pauvres, les spiritueux produits illégalement servent de parade aux restrictions imposées à la vente et à la consommation dans l'espace public. L'alcool distillé de manière artisanale et les alcools non-alimentaires constituent une alternative plus abordable pour les classes les plus pauvres, mais se révèlent aussi plus dangereux pour leur santé. L'OMS souligne cependant une diminution de «48% de la consommation non déclarée, c'est-à-dire la consommation d'alcool produit et vendu en dehors du contrôle des pouvoirs publics».

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