Culture

10 séries que les plateformes de streaming feraient mieux d'acheter immédiatement

Temps de lecture : 8 min

Vous nous entendez, OCS et Canal+?

De quoi (re-)binger tranquillement. | Glenn Carstens-Peters via Unsplash
De quoi (re-)binger tranquillement. | Glenn Carstens-Peters via Unsplash

La guerre des plateformes de streaming ne fait que commencer: entre Netflix, Amazon et l'arrivée imminente de nouveaux services comme Disney +, Apple TV + ou encore Peacock, les sériephiles ne savent plus où donner de la tête.

Ces plateformes, omniprésentes dans notre consommation culturelle depuis quelques années, sont notamment très utiles pour (re-)binger de vieilles séries que l'on aurait ratées lors de leur diffusion originale.

The Office, diffusée entre 2005 et 2013, était la série la plus regardée sur Netflix en 2018. On comprend donc pourquoi tous les services de SVOD s'arrachent actuellement des classiques tels que Friends ou Seinfeld.

De très nombreuses séries cultes ne sont pourtant disponibles nulle part en France pour l'instant. En voici dix, en espérant qu'OCS et Canal+ nous lisent.

1. «Parks and Recreation»

Une série sur le quotidien d'un service parcs et loisirs d'une petite ville du milieu des États-Unis, ça ne vend pas forcément du rêve. Mais Parks and Recreation est le fruit de l'imagination très fertile de Greg Daniels et Michael Schur, vétérans de The Office (US), autre série sur une vie de bureau a priori pas très télégénique.

Là où les personnages de The Office étaient rongés par l'ennui et la médiocrité de leur environnement, ceux de Parks and Rec sont solaires et excentriques –à commencer par Leslie Knope, la directrice adjointe toujours enthousiaste et déterminée du service, jouée par l'incroyable Amy Poehler. Leslie est définie par son honnêteté, sa loyauté, son amour du service public et des gaufres. Le ton de la série correspond à cette héroïne admirable, attachante et sans cynisme.

On pourrait écrire un livre entier sur le génie de cette comédie et de ses personnages, de Ron Swanson (Nick Offerman), un libertarien amateur de steak, de solitude et de charpenterie, à Andy Dwyer, grand benêt très charmant joué par un Chris Pratt pré-muscu, en passant par Ben Wyatt (Adam Scott, toujours parfait), geek brillant et souvent incrédule face à cette équipe de fous.

Ne vous laissez pas décourager par sa première saison un peu moyenne, la série cherchait encore son ton. Les six suivantes vous rempliront le cœur de joie.

2. «The Killing»

Les polars scandinaves ont beaucoup la cote depuis la saga Millénium de Stieg Larsson, et The Killing est peut-être le meilleur spécimen du genre côté séries. Cette production danoise, qui a inspiré une adaptation américaine plutôt médiocre, suit l'inspectrice Sarah Lund (l'excellente Sofie Gråbøl) alors qu'elle enquête sur le meurtre d'une jeune femme à Copenhague, le tout sur fond de manipulations politiques.

Si vous cherchez un divertissement léger et joyeux, passez votre chemin. L'ambiance est sombre et tendue mais l'intrigue haletante, et on se retrouve très vite happé·es par l'histoire et par les personnages. Un en particulier: Sarah. Avec sa prédilection pour les pulls des îles Féroé et sa détermination quasi obsessionnelle, elle est vite devenue une héroïne culte pour les fans de la série.

Énorme succès critique et d'audience dans son pays d'origine comme au Royaume-Uni, The Killing est une série indispensable pour tous les fans de polars qui se respectent.

3. «State of Play»

Si un thriller politique britannique avec pour têtes d'affiche Bill Nighy, James McAvoy et Kelly Macdonald sortait demain sur Netflix, ce serait l'un des projets les plus attendus de l'automne et on en entendrait parler jusqu'aux Emmy Awards de l'année prochaine. Eh bien, on a une bonne nouvelle: cette série existe déjà et elle est à la hauteur de son casting quatre étoiles.

Dans State of Play, diffusée par la BBC en 2003, une équipe de journalistes d'investigation enquêtent sur la mort d'une jeune attachée parlementaire britannique. L'intrigue nous tient en haleine jusqu'à la fin, et si on flirte souvent avec le complotisme, on ne tombe jamais dans le ridicule –contrairement à Bodyguard, autre thriller politique de la BBC.

Bill Nighy est exquis en rédacteur en chef caustique à souhait et il offre une touche d'humour bienvenue dans la série. Pour couronner le tout, on a droit à un James McAvoy encore tout jeune dans le rôle d'un journaliste irrévérencieux et très, très séduisant.

Avec seulement six épisodes de 50 minutes chacun, c'est le binge idéal pour un week-end pluvieux.

4. «The Thick of It»

Si vous avez aimé Veep, alors The Thick of It est fait pour vous. Les deux séries sont le fruit d'un seul et même génie: Armando Iannucci, satiriste écossais qui nous a aussi offert La Mort de Staline et In the Loop. The Thick of It est la série qui l'a rendu célèbre et on y retrouve tout son talent d'écriture.

Chaque épisode déverse sur nous un tel flot de répliques brillantes qu'on a parfois besoin de revenir en arrière pour ne rien manquer. Comme sa cousine américaine, la série de la BBC offre aussi une farandole d'insultes toutes plus créatives les unes que les autres. Sauf que dans The Thick of It, la plupart sont délivrées par Peter Capaldi avec une verve sans pareille et un magnifique accent écossais qui donne à chaque mot encore plus de puissance comique.

Là où Veep s'intéresse aux coulisses du pouvoir américain, The Thick of It se moque ouvertement de la machine politique anglaise, sur laquelle il y a beaucoup à dire –même si récemment, la réalité se rapproche peut-être un peu trop de la satire magistrale de Iannucci.

5. «Urgences»

À l'époque de sa sortie, il y a précisément vingt-cinq ans, Urgences fait l'effet d'une petite révolution dans le monde de la télé avec son rythme effréné. La série tient la promesse de son titre et les urgences médicales sont filmées avec la même énergie et le même bouillonnement que des scènes de combat. On virevolte d'un brancard à l'autre, on slalome dans les couloirs, entre l'échelle d'un ouvrier, le lit d'un malade et un groupe d'infirmières. Loin de l'hôpital grand luxe et aseptisé de Grey's Anatomy, Urgences nous plonge dans un système nerveux à vif.

Si la série a duré quinze saisons, c'est avant tout grâce à ses docteur·es et ses infirmièr·es joué·es par un casting sans faute et devenu culte. Il y a bien sûr George Clooney, machine à charme dont Urgences a lancé la carrière, mais aussi Anthony Edwards, cœur battant de la série dans le rôle du docteur Greene, Noah Wyle, qu'on a vu mûrir au fil des années avec son personnage, et Julianna Margulies, qui capte notre attention dès les premières minutes du pilote dans le rôle de l'infirmière Carol Hathaway. Toute cette concentration de talents fait d'Urgences l'une des meilleures séries vintage à revoir encore et encore.

6. «Deadwood»

S'il y a bien une série qui mériterait d'être plus accessible en France, c'est Deadwood. Le chef-d'œuvre de David Milch fait partie des programmes qui ont enclenché l'ère de la télé dite «de prestige» dans les années 1990, dont Les Sopranos et The Wire restent aujourd'hui les exemples les plus connus.

S'inspirant de réels événements et personnages historiques, ce western retrace le quotidien de la ville de Deadwood, dans l'Ouest américain, à la fin des années 1870. Tandis que certains cherchent encore de l'or dans les terres alentour, d'autres profitent allègrement de l'absence de lois dans le camp pour passer leurs journées à boire, se battre et fréquenter des prostituées.

Si la série est devenue culte et mérite toute votre attention, c'est en grande partie pour ses dialogues, qui ne ressemblent à aucun autre dans l'univers du petit écran. Chaque phrase prononcée par nos héros atteint des sommets de lyrisme ou de vulgarité –ou, le plus souvent, les deux.

Deadwood accueille également une galerie de personnages hauts en couleur, notamment Al Swearengen, le patron du bordel et leader de facto de la petite ville, incarné par un Ian McShane inoubliable.

7. «Halt and Catch Fire»

Comme The Leftovers, Halt and Catch Fire est une série qui a eu la malchance de démarrer sur une première saison un peu en demi-teinte (mais néanmoins divertissante), laissant une partie du public sur le bord de la route. Mais après ses débuts hésitants, ce programme FX n'a fait que se bonifier avec l'âge et a réussi en trois courtes saisons à se hisser au panthéon des meilleures séries de ce siècle.

Halt and Catch Fire se déroule dans les années 1980 et raconte les amitiés et les rivalités de plusieurs personnages se trouvant au cœur des révolutions technologiques de la décennie. Entrepreneurs, codeurs ou ingénieurs informaticiens, ces pionniers de l'informatique vont assister de près à l'arrivée de l'ordinateur personnel, à l'apogée des jeux vidéo ou encore à l'invention de Yahoo et des moteurs de recherche.

En plus d'un récit fascinant sur les bouleversements de cette époque pas si lointaine, la série crée surtout des relations complexes et poignantes entre ses personnages, tour à tour partenaires, amants et rivaux. Elle se mue progressivement en récit féministe, avec ses deux personnages féminins extraordinaires qui gravissent les échelons et révolutionnent le monde des jeux vidéo.

8. «Battlestar Galactica»

Le Battlestar Galactica de Ron Moore prouve que les reboots peuvent être une réussite, lorsqu'ils ont quelque chose à dire de leur époque. Lancé en 2003, ce nouveau BSG est une réponse métaphorique au traumatisme du 11-Septembre, de la guerre en Afghanistan et en Irak.

Le pilote haletant, conçu comme une mini-série de trois heures, s'ouvre sur un attentat qui décime les trois quarts de la population et force les êtres humains à se retrancher dans l'espace, sans gouvernement et pourchassés par les Cylons (pour les novices, les Cylons sont une race de robots intelligents à l'apparence humaine). Mais plus la série avance, plus la peur des Cylons est interrogée, devenant un miroir assez dérangeant de notre propre xénophobie.

Véritable traité philosophique et politique, la série nous force à admettre que les gentils de l'histoire ne le sont parfois pas tant que ça. Si toutes ces considérations vous effraient, sachez que c'est aussi et surtout un sommet de science-fiction ancrée dans un réalisme inédit pour l'époque et rythmée par des scènes d'action époustouflantes. Un classique qu'on aimerait bien pouvoir re-binger à l'infini.

9. «Buffy contre les vampires»

Malgré son titre volontairement kitsch et ses personnages adolescents, Buffy est bien plus qu'une série-doudou qui nous rappelle l'époque bénie de «La Trilogie du samedi». Il s'agit surtout de l'œuvre visionnaire de Joss Whedon, qui a décidé en 1997 de renverser les codes de l'horreur: ici, ce sont les monstres qui se font pourchasser par la jeune blonde innocente.

Avec des dialogues brillants et toujours très drôles, Buffy opère sur plusieurs tableaux à la fois: comédie méta, drame adolescent, horreur et action. Les monstres qui peuplent la série sont autant de métaphores sur les angoisses du passage à l'âge adulte: la perte de l'innocence, le début de l'autonomie, la découverte de la sexualité…

Parce que le fait d'avoir créé l'une des séries les mieux écrites de tous les temps ne lui suffisait pas, Joss Whedon a à plusieurs reprises poussé la réalisation télé dans des recoins plus ambitieux, avec notamment un superbe épisode muet («Hush»), l'épisode musical «Once More, With Feeling» ou le bouleversant «The Body».

10. «The West Wing»

En ces temps très sombres, il est plus que jamais recommandé de voir la série culte d'Aaron Sorkin, celle qui a popularisé le style du walk and talk (où les personnages parlent en marchant) et celle qui nous a fait aimer les grands discours sorkiniens sur la morale et la politique (dont, on le reconnaît, on se lasse un peu aujourd'hui).

Construite en réaction aux années Bush, la série met en scène une Maison-Blanche démocrate idyllique et idéaliste, où tout le staff du président n'a qu'un seul objectif en tête: rendre le monde meilleur.

The West Wing, c'est aussi l'un des groupes de personnages les plus attachants du petit écran: l'irascible Toby, l'imperturbable CJ, le charmeur Sam et bien sûr Josh Lyman, notre petit-ami imaginaire depuis 1999. Quant à Martin Sheen, dans le rôle du président Bartlet, il est l'oncle sympa et brillant que tout le monde rêve d'avoir pour président. Une série incontournable, malgré ses dernières saisons un peu moins dynamiques.

Anaïs Bordages Journaliste

Marie Telling Journaliste

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