Santé / Monde

La Chine et le marché du prélèvement forcé d'organes

Temps de lecture : 2 min

Un crime contre l'humanité qui touche les personnes incarcérées et les minorités religieuses.

Une table d'opération | sasint via Pixabay
Une table d'opération | sasint via Pixabay

Lors d'un événement réunissant les enfants de victimes de prélèvement forcé d'organes en Chine, Yan Lu témoigne de la découverte du corps de son père: «Il y avait des points au niveau de sa gorge, réalisés avec du fil noir très épais. L'incision se prolongeait, mais elle était recouverte par ses vêtements.» En voyant les sutures, elle réalise que les organes de son père ont été prélevés à la suite de son décès dans une prison chinoise, et cela sans son constentement, indique le magazine américain Quartz.

Le père de Yan Lu est mort en 2004. En 2015, le gouvernement chinois s'était engagé à mettre un terme au prélevement des organes sur les prisonnier·es exécuté·es. Des éléments prouvent l'inverse, insiste Quartz. Le nombre de transplantations nécessaires est supérieur à celui des personnes prêtes à se délester d'une partie de leur corps, laissant place à un immense marché macabre.

En juin, le China Tribunal, une organisation indépendante de lutte contre le prélèvement forcé d'organes, a montré que certaine personnes emprisonnées appartenant à des minorités religieuses en Chine étaient victimes de vol d'organes –parfois même de leur vivant. En 2013, des spécialistes estimaient que 65.000 membres de la communauté spirituelle des Falunn Gong avaient été assassinés pour leurs organes en douze années. Il est très probable que nombre de Ouïghours et Tibétain·es aient subi le même sort.

«L'une des pires atrocités de masse de ce siècle»

Au mois de septembre 2019, un avocat membre du China Tribunal, Hamid Sabi, a demandé au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme (HCDH) d'enquêter sur le sujet: «Une victime pour une victime et un mort pour un mort, prélever les cœurs et autres organes sur un être vivant, inoffensif et pacifique, constitue l'une des pires atrocités de masse de ce siècle.»

En Chine, la récolte d'organes grossit un marché global d'1milliard de dollars –un foie sain peut être vendu jusqu'à 160.000 dollars. La grande réserve d'organes de la Chine attire également les personnes étrangères, qui voient leur délai d'attente avant transplantation se réduire drastiquement. La seule solution pour éradiquer ce crime contre l'humanité, selon David Kilgour, auteur d'un rapport sur le trafic d'organes paru en 2016: bannir le «tourisme d'organes», en suivant l'exemple de nombreux pays qui ont interdit à leurs ressortissant·es de voyager en Chine à seule fin de bénéficier d'une transplantation.

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