Boire & manger

Mangez des insectes pour un avenir durable

Temps de lecture : 2 min

Plus de 2.100 espèces de ces petites bestioles sont consommées dans le monde. 

Faire fi de vos aversions vous permettra de manger sain et écologique car ces petites bêtes sont riches en protéines, faibles en graisse et leur production nécessite peu d'eau. | Harish Shivaraman via Unsplash
Faire fi de vos aversions vous permettra de manger sain et écologique car ces petites bêtes sont riches en protéines, faibles en graisse et leur production nécessite peu d'eau. | Harish Shivaraman via Unsplash

Considérée parfois comme le futur de l'alimentation, l'entomophagie désigne la consommation d'insectes par l'être humain. Un rapport publié en 2013 par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a insisté sur la nécessité de remplacer les sources traditionnelles de protéines par les insectes. Bref, faire des vers de farine votre prochain repas pourrait assurer un avenir durable à la planète.

Dans un numéro spécial des Annales de l'Entomological Society of America, les personnes qui ont animé Eating Insects Athens, une conférence organisée en 2018 Géorgie, ont publié des articles destinés à montrer comment les gens qui étudient les insectes travaillent dorénavant à trouver une méthode pour les transformer en aliments bons et appétissants. Si ces petits animaux présentent autant d'intéret, c'est parce qu'ils sont riches en protéines, faibles en graisses et que leur production nécessite peu d'eau. Il est déjà possible de se fournir de la farine de cricket et des barres protéinées sur Amazon ou dans des boutiques spécialisées.

Réintroduire l'entomophagie

Manger des insectes n'a rien de nouveau. Aristote adorait les cigales. Pline l'Ancien préférait les larves de coléoptères. C'est seulement sous l'ère coloniale que l'entomophagie a été stigmatisée, en partie par Christophe Colomb et les membres de son expédition qui, à leur retour des Amériques, ont comparé la consommation d'insectes des populations indigènes à de la sauvagerie. Le dégoût s'est accru lorsque ces bestioles se sont mises à menacer des monocultures agricoles rentables soutenues par l'esclavage et l'industrialisation.

Les êtres humains en seraient pourtant friands depuis des millénaires, comme l'a prouvé la présence d'insectes, entre autres dans des excréments fossilisés et des momies retrouvées dans des grottes d'Amérique du Nord.

Reste que notre espèce est programmée très tôt à craindre ces petites bêtes qui inspirent aversion et dégoût, sans empêcher qu'un changement puisse advenir. Pour preuve, le chou frisé, le sushi, le homard et même l'huile d'olive ou les tomates étaient autrefois méprisées et peu familières dans certaines cultures. Selon les scientifiques, les adultes devraient essayer de dépasser leur aversion et ne pas la transmettre aux enfants. «Ne pas trouver les insectes répugnant leur sera vraiment bénéfique. C'est à la génération de nos enfants de résoudre ces problèmes», d'après Julie Lesnik, anthropologue à la Wayne State University,

Les personnes qui travaillent dans la recherche s'affairent désormais à trouver les moyens de produire en masse des vers de farine ou des grillons destinés à la consommation humaine. Une réglementation spécifique, appuyée par des groupes de l'industrie, vise à assurer la qualité et la sécurité des produits dans l'idée de changer les mentalités.

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