Monde

En Thaïlande, le marché noir florissant des tigres

Temps de lecture : 2 min

Quatre-vingt-six tigres sont morts après avoir été confisqués par les autorités pour soupçons de maltraitance à un zoo thaïlandais qui les utilisait comme attractions touristiques.

Au moins vingt zoos thaïlandais offrent au public la possibilité de nourrir un tigreau, de se faire prendre en photo avec un tigre ou d'entrer dans un enclos. | Romeo Gacad / AFP
Au moins vingt zoos thaïlandais offrent au public la possibilité de nourrir un tigreau, de se faire prendre en photo avec un tigre ou d'entrer dans un enclos. | Romeo Gacad / AFP

La Thaïlande est très engagée dans ses efforts de lutte contre les abus envers les animaux et le commerce illégal de tigres. Les gardes forestiers thaïlandais font régulièrement des descentes dans des zoos mais le sort des tigres captifs ne fait qu'empirer.

Il y a trois ans, des gardes forestiers ont fait une découverte effroyable dans un zoo populaire en Thaïlande qui laissait le public nourrir et toucher les tigres. Ils ont trouvé 1.600 parties de corps de tigres, dont des peaux, des dizaines de dents, 40 cadavres de tigreaux placés dans un frigo et 20 autres dans des bocaux. Pour les militant·es, les zoos de tigres en Thaïlande sont devenus des fermes produisant des animaux pour le marché noir.

Par exemple, le Temple des Tigres, un zoo géré par des moines bouddhistes, était en réalité une entreprise tirant profit du commerce illégal de corps de tigres. 86 des 147 tigres saisis par les autorités en 2016 n'ont pas survécu. Il est possible que ce soit lié au stress, à la consanguinité ou à la maladie pour certains. Mais plutôt que de les placer en quarantaine, ils étaient cloîtrés dans des petites cages rapprochées.

Des bêtes de foire

L'exploitation de tigres est illégale en Thaïlande mais l'élevage d'animaux ne suffit pas à fermer un zoo. «Les inspecteurs visitent fréquemment les zoos et examinent la santé des tigres, qu'ils trouvent satisfaisante. Contrairement au Temple des Tigres, qui a été fermé parce qu'il n'avait pas de permis, d'autres zoos offrant une interaction avec les touristes n'ont pas fait l'objet de sanctions parce qu'ils ont des permis», a assuré Kanjana Nitaya, la directrice du Bureau thaïlandais de la conservation de la faune sauvage. «Le rôle du ministère n'est pas de réglementer ce que les zoos font avec les animaux, mais de s'assurer qu'ils en prennent bien soin», a-t-elle ajouté.

Bien que les zoos soient surveillés, le Département thaïlandais des parcs nationaux n'a fait aucun effort pour arrêter la propagation des pratiques du Temple des Tigres. Un rapport de juillet a conclu que 74% des tigres captifs étaient maintenus dans des conditions inappropriées. Près de 60% des zoos n'avaient pas d'eau douce pour les tigres, et moins de 20% offraient des enclos spacieux où les animaux pouvaient se déplacer librement. Aujourd'hui, au moins vingt zoos à travers le pays offrent au public la possibilité de nourrir un tigreau ou d'entrer dans un enclos. Les jeunes tigres sont les plus populaires auprès des personnes. Les tigres plus âgés sont plus vulnérables au commerce illégal car lorsqu'ils ne sont plus attractifs, ils sont souvent mis à l'abri des regards dans des petites cages bétonnées.

La meilleure stratégie pour fermer les zoos qui exploitent les tigres serait probablement de stériliser les tigres de race consanguine et mixte. Le manque de tigreaux réduirait les possibilités d'en faire des attractions touristiques. D'après Edwin Wiek, fondateur de la Wildlife Friends Foundation Thailand, «c'est la solution. Quand on ne peut pas faire respecter les lois en vigueur ou face à des gens aussi corrompus, c'est probablement le seul moyen d'arrêter l'élevage de ces tigres.»

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