Société / Monde

Deux enfants de 6 et 8 ans arrêtés et menottés dans leur école à Orlando

Temps de lecture : 2 min

Après une crise de colère, une fillette a évité de justesse le centre d'évaluation juvénile. Son camarade n'a pas eu la même chance.

L'officier mis en cause avait déjà été accusé de mauvais traitements sur son fils de 7 ans et en 2016 pour usage excessif de la force lors d'une arrestation. | VinceFL via Flickr
L'officier mis en cause avait déjà été accusé de mauvais traitements sur son fils de 7 ans et en 2016 pour usage excessif de la force lors d'une arrestation. | VinceFL via Flickr

Jeudi 19 septembre, un enfant de 8 ans puis une fillette de 6 ans ont été arrêtées et menottées alors qu'elles se trouvaient dans leur école à Orlando, en Floride. La charter school (une école privée à financements publics) Lucious and Emma Nixon Academy emploie des agents de sécurité, comme c'est le cas de Dennis Turner. Il est membre du programme des officiers de réserve et travaillait auparavant à la police d'Orlando. Le chef de la police locale a déclaré que ce dernier avait été depuis suspendu de ses fonctions et faisait l'objet d'une enquête.

Le premier enfant, dont l'identité n'a pas été divulguée par la police, a été amené dans un centre d'évaluation juvénile, avant que l'un de ses proches vienne le récupérer. L'agent chargé de son transfert n'a pas vérifié si Dennis Turner avait obtenu l'autorisation de son superviseur de procéder à la mise en détention de l'enfant, conformément à la loi. Quant à la petite fille, Kaia, elle n'a pas été conduite au centre d'évaluation juvénile car l'agent chargé de son transport a constaté l'absence d'autorisation pour procéder à l'arrestation et a interrompu le processus.

D'une crise de colère à la détention

La grand-mère de Kaia, Meralyn Kirkland, a déclaré à la chaîne de télévision WKMG que sa petite-fille avait été arrêtée après avoir piqué une crise de colère. Elle a reçu un appel l'informant que Kaia avait donné un coup de pied à un membre du personnel de l'école et qu'elle était accusée de coups et blessures. Alors qu'elle expliquait à l'officier Dennis Turner que sa petite-fille souffrait de troubles du sommeil, il aurait répliqué: «J'ai de l'apnée du sommeil et je ne me comporte pas comme ça.» Mais Meralyn Kirkland estime qu'«aucun enfant de 6 ans ne devrait pouvoir raconter qu'il avait des menottes aux poignets et qu'il était à l'arrière d'une voiture de police».

Interrogé, le docteur Victor M. Formari, vice-président du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Zucker Hillside de Northwell Health dans l'État de New York, a déclaré qu'il était difficile d'affirmer que des enfants de 6 ou 8 ans méritaient d'être arrêté·es. Dans des situations similaires, le système de santé mentale est plus adapté pour les enfants que le système de justice pénale car «les arrêter et les menotter est traumatisant», sans qu'il n'y ait «d'avantage clinique pour l'enfant ou la société».

Après avoir servi dans la police durant vingt-trois ans, Dennis Turner a pris sa retraite en juin 2018. Il avait toutefois fait l'objet d'une enquête en 1998 pour mauvais traitements infligés à son fils de 7 ans. Puis en 2016, il avait été réprimandé pour usage excessif de la force après avoir utilisé cinq fois un taser sur un homme lors d'une arrestation, selon le journal Orlando Sentinel.

Slate.fr

Newsletters

En Croatie, des manifestations dénoncent la libération de cinq hommes suspectés de viol

En Croatie, des manifestations dénoncent la libération de cinq hommes suspectés de viol

Des marches de contestation sont prévues ce samedi dans plusieurs villes croates.

Qu'est-ce qui nous pousse à donner de l'argent, du temps, du sang?

Qu'est-ce qui nous pousse à donner de l'argent, du temps, du sang?

[Tribune] D'un point de vue sociologique, le don est surtout un signe d'intégration et de confiance.

Qualifier les femmes voilées de «mamans», un stade avancé du paternalisme

Qualifier les femmes voilées de «mamans», un stade avancé du paternalisme

La recrudescence du terme pour désigner les femmes portant le voile relève d'un esprit petit-bourgeois.

Newsletters