Santé

Le monde n'est pas prêt à faire face à une pandémie

Temps de lecture : 2 min

Selon le Global Preparedness Monitoring Board, entre cinquante et quatre-vingts millions de personnes pourraient mourir en cas d'épidémie dévastatrice.

Entre 2011 et 2018, l'OMS a repéré et suivi 1.483 épidémies au niveau mondial, dont celles d'Ebola et du syndrome respiratoire aigu sévère. | Olga Kononenko via Unsplash
Entre 2011 et 2018, l'OMS a repéré et suivi 1.483 épidémies au niveau mondial, dont celles d'Ebola et du syndrome respiratoire aigu sévère. | Olga Kononenko via Unsplash

Le monde est confronté au risque croissant d'une pandémie qui pourrait tuer des millions de personnes, bouleverser l'économie et semer le chaos social, révèle un groupe international de scientifiques. «Nous y sommes tous dangereusement sous-préparés», a averti le Global Preparedness Monitoring Board (GPMB) dans son premier rapport annuel.

Constitué en mai 2018 à la demande de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'organisme dénonce un manque d'implication politique et appelle les gouvernements à engager des efforts importants pour atténuer le risque.

La menace d'une pandémie extrêmement meurtrière est bien réelle. La propagation rapide d'un agent pathogène respiratoire pourrait tuer des dizaines de millions de personnes. Une telle épidémie «serait catastrophique, créant des ravages, de l'instabilité et de l'insécurité à grande échelle. Le monde n'est pas prêt», alerte le rapport.

Impact du changement climatique

Une combinaison de tendances mondiales, dont l'insécurité et les conditions météorologiques extrêmes, a accru le risque de pandémie. Une étude publiée en mars 2019 a montré que les maladies transmises par les moustiques comme le Zika et la dengue se répandent à cause du changement climatique; un milliard de personnes supplémentaires pourraient y être exposées dans le monde, notamment en Europe, aux États-Unis et au Canada.

«Les épidémies sont à la hausse depuis plusieurs décennies et le spectre d'une urgence sanitaire mondiale se profile à l'horizon», prévient le Global Preparedness Monitoring Board.

Son rapport annuel cite le précédent de la pandémie de grippe de 1918, qui a fait environ cinquante millions de victimes. Aujourd'hui, une catastrophe similaire pourrait tuer jusqu'à quatre-vingts millions de personnes. Étant donné la densité de population et la capacité à voyager n'importe où dans le monde en moins de trente-six heures, la maladie pourrait se propager à l'échelle nationale puis globale à une vitesse affolante.

Les pays les plus pauvres sont les plus durement touchés par les épidémies, en raison du manque de soins et d'infrastructures sanitaires. L'épidémie dévastatrice d'Ebola de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest a par exemple eu un coût économique et social de 53 milliards de dollars.

«La pauvreté et la fragilité exacerbent les flambées de maladies infectieuses et contribuent à créer les conditions propices à la propagation des pandémies», a souligné Axel van Trotsenburg, directeur général par intérim de la Banque mondiale et membre du Global Preparedness Monitoring Board.

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