Égalités / Monde

Le pronom non genré «they» entre dans le dictionnaire Webster

Temps de lecture : 2 min

Désormais, en anglais, le «they» utilisé au singulier désigne officiellement une personne de genre non binaire.

La nouvelle définition de they fait partie des 530 nouveaux mots ajoutés au dictionnaire en septembre 2019. | Tim Boyle / AFP 
La nouvelle définition de they fait partie des 530 nouveaux mots ajoutés au dictionnaire en septembre 2019. | Tim Boyle / AFP 

Le dictionnaire de référence aux États-Unis, le Merriam-Webster, vient d'annoncer qu'une nouvelle définition du pronom they serait ajoutée à ses pages. En plus d'être un pronom personnel au pluriel, they est aussi désormais officiellement «utilisé pour désigner une personne dont l'identité de genre est non binaire».

Avant cette consécration par le dictionnaire, le they singulier («iel», en français) était déjà utilisé dans divers contextes par les personnes soucieuses d'échapper à une désignation binaire de genre. La troisième voie du they permet en effet d'éviter d'être she ou he («il» ou «elle»). Moins courants, xe ou ze sont parfois également utilisés à cet escient.

L'utilisation du they singulier à l'écrit est un peu déroutante, car pour désigner ainsi une personne non binaire, on dira «they is» au lieu de faire l'accord usuel «they are»: le verbe reste au singulier alors que they est d'ordinaire toujours suivi du pluriel. Cela peut donner l'impression d'une erreur de grammaire, mais deux ans avant le dictionnaire Webster, les principaux manuels de style américains, celui de l'Associated Press et le Chicago Manual of Style, avaient déjà approuvé l'usage du they singulier.

Changement social

Sur le site de Merriam-Webster, un article de blog précise qu'au XVIIe siècle déjà, les lois anglaises sur l'héritage faisaient parfois référence aux personnes non binaires via le pronom it, soit «ça».

«La langue répond au changement social. Ce qui doit être exprimé trouve le moyen d'être exprimé», a résumé le professeur d'anglais et de linguistique Dennis Baron.

Aux États-Unis, plusieurs municipalités, dont celle de New York depuis janvier 2019, offrent la possibilité de cocher un genre non binaire pour les certificats de naissance ou autres pièces d'identité.

Dans certaines facs, il est commun pour les étudiant·es de préciser leur pronom de choix: he, she ou they («il», «elle» ou «iel»). De nombreuses bios Twitter, comme celle du chanteur britannique Sam Smith, qui a annoncé sa non-binarité le 13 septembre, les précisent aussi, dans l'idée qu'il ne faut plus présumer du genre de quelqu'un à partir de sa photo ou de son prénom.

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