Monde

L'Everest est devenu la plus haute décharge de la planète

Temps de lecture : 2 min

La fonte des glaces révèle que le sommet est recouvert de corps humains et de tonnes de déchets.

Au camp IV de l'Everest, le 21 mai 2018. | Doma Sherpa / AFP
Au camp IV de l'Everest, le 21 mai 2018. | Doma Sherpa / AFP

Affectée par le changement climatique et des décennies d'alpinisme, la route pour atteindre le sommet de l'Everest est jonchée de plus de 200 cadavres. Les alpinistes se servent souvent des corps pour évaluer la distance et l'altitude.

Mingma David Sherpa avait aux alentours de 20 ans lorsqu'il a escaladé et vu un cadavre sur l'Everest pour la première fois, en 2010. Il se rappelle que durant son ascension, il a aperçu les «bottes vertes» appartenant à un alpiniste indien et en a déduit qu'il entrait dans la «zone mortelle», commençant à 8.000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

«Je me sentais mal, se souvient Mingma à propos de cette tragique expérience. Je croisais plusieurs personnes qui étaient clairement en détresse mais qui ne pouvaient pas être sauvées.»

En 2015, Mingma a formé une équipe de secours bénévole composée de sherpas, des guides de montagne appartenant majoritairement à la communauté ethnique népalaise du même nom. Son groupe a sauvé et récupéré les corps de cinquante-deux personnes mortes sur l'Everest et le Makalu, le cinquième plus haut sommet du monde.

L'équipe ne doit pas seulement faire face à un terrain naturellement hostile: le changement climatique rend leur mission encore plus périlleuse. En 2014, une température exceptionnellement chaude avait provoqué une avalanche sur le glacier du Khumbu, près du camp de base de l'Everest, faisant seize victimes.

Nettoyage bénévole

À côté des cadavres, parfois là depuis des décennies, s'accumulent des tonnes de déchets. Des canettes, des bouteilles, du matériel d'escalade abandonné et des déchets humains dégèlent le long du parcours emprunté par les alpinistes. Plus de 5.000 kilos d'excréments seraient amassés au camp de base.

Un étude de long terme réalisée par le Centre international pour le développement intégré en montagne (ICIMOD) a prouvé que les glaciers de l'Hindou Kouch et de l'Himalaya fondaient rapidement et menaçaient d'être réduits à un tiers de leur taille si les émissions de CO2 n'étaient pas maîtrisées.

«La première grande opération de nettoyage n'a été effectuée qu'en 1996, par l'Association d'alpinisme du Népal. J'y ai participé avec une quarantaine d'autres Sherpas. Nous avons rapporté environ sept tonnes de déchets», se souvient Ang Tshering Sherpa, dont la famille vit depuis quatre générations des expéditions sur l'Everest.

«Récupérer [un corps] à cette altitude n'est pas facile. Le corps gelé d'une personne de corpulence moyenne peut peser jusqu'à 160 kg à cause de la glace qui l'entoure. Mais les Sherpas le font pour l'environnement», a-t-il ajouté.

Le gouvernement népalais a récemment instauré des mesures pour préserver l'Everest, mais les opérations de nettoyage sont encore souvent financées par des fonds privés ou effectuées par des bénévoles. Selon une estimation de l'Everest Summiters Association, il resterait encore environ 30 tonnes de déchets sur la montagne.

Slate.fr

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