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Se faire des potes, le secret pour que votre enfant réussisse à l'école

Temps de lecture : 4 min

Le personnel enseignant a aussi son rôle à jouer.

L'amitié qui se poursuit pendant le secondaire améliore les performances académiques et la santé mentale. | White77 via Pixabay
L'amitié qui se poursuit pendant le secondaire améliore les performances académiques et la santé mentale. | White77 via Pixabay

Si nous repensons à notre enfance, la plupart d'entre nous seraient d'accord pour dire qu'il n'était pas toujours facile de se faire des camarades quand nous étions en primaire. Parfois, les amitiés se nouaient par la force des choses, face au choix limité de camarades. Parfois, elle était quelque chose d'utile à «acheter» et à «vendre» par l'échange de bonbons ou d'autres friandises.

Dans d'autres cas, les relations se développaient à partir de centres d'intérêt communs et d'activités extrascolaires. Les amitiés qui ont résisté à l'épreuve du temps sont celles qui ont embelli réciproquement les vies des personnes en question grâce à un humour commun, de l'empathie, de l'honnêteté, de la loyauté, de la confiance et du respect.

De ce point de vue, le meilleur type d'amitié ne dépend pas d'intérêts, de distractions ou de facilités qui peuvent disparaître avec le temps mais plutôt du caractère ou des qualités de chaque personne.

Un tel sentiment doit être accordé librement (plutôt qu'en forçant la main), s'échanger sous le signe de la réciprocité (plutôt que de rester unilatéral) et mettre en avant les qualités de chacune des deux personnes, en leur donnant l'occasion de se découvrir mutuellement, mais aussi de mieux se connaître elles-mêmes.

Une culture de pairs

La psychologie distingue cinq étapes dans le développement des compétences sociales impliquées dans la formation de ce type de liens:

  • la première étape (de 3 à 7 ans) correspond à des amitiés momentanées avec les personnes qui se trouvent à proximité immédiate;

  • le deuxième étape (entre 4 et 9 ans) correspond à une amitié à sens unique avec une personne qui peut nous aider à atteindre nos propres objectifs;

  • la troisième étape (de 6 à 12 ans) correspond une amitié réciproque, dans des circonstances bien définies;

  • la quatrième étape (entre 11 et 15 ans) correspond à une amitié étroite, basée sur un soutien mutuel;

  • la cinquième étape (de 12 ans à l'âge adulte) correspond à une amitié qui respecte l'autonomie des parties, même s'il y a partage d'intérêts communs et de sentiments plus forts.

Du point de vue de la sociologie, l'amitié n'est pas une série de jalons biologiquement déterminés qu'il faudrait franchir les uns après les autres. Pour résister ou créer leur propre culture entre pairs, les enfants mettent en place des stratégies sociales qui diffèrent des attentes des adultes. Les plus jeunes ne se contentent pas d'imiter la vie en société de leurs aîné·es.

Les enfants qui s'insèrent bien souffrent moins de stress et de situations d'exclusion.

Ceci dit, ce sont toujours les membres de certains clans qui définissent ce qui est considéré comme normal ou acceptable dans cette culture de pairs. Être choisi·e comme ami·e par des élèves d'un statut équivalent ou plus élevé peut diminuer le risque de victimisation.

Créer des liens se révèle complexe. On ne s'étonnera pas que de nombre de parents s'inquiètent de la manière dont leurs enfants vont réussir à établir des relations durables avec leurs camarades à l'école primaire. Des études ont établi un lien positif entre des relations de bonne qualité et les résultats académiques. Les enfants qui s'insèrent bien souffrent moins de stress et de situations d'exclusion.

Si des amitiés de bonne qualité importent pour la réussite scolaire et la réduction du stress, que peuvent donc faire les parents et le personnel enseignant pour les encourager?

Soutien parental

On ne dispose pas de formule magique, mais on peut évoquer un certain nombre de stratégies, fondées sur de solides données qui ont montré leur efficacité, sans tomber dans l'écueil de gâter ou surprotéger les enfants. Il s'agit notamment:

  • d'envoyer votre enfant dans une école qui favorise la diversité culturelle, où aucun groupe ethnique ne serait majoritaire et où le risque de victimisation est moindre;

  • de l'encourager à participer à des activités extrascolaires comme le sport, les arts créatifs ou des réunions entre jeunes qui offrent l'opportunité d'élargir son réseau social;

  • d'organiser des réunions ludiques avec des pairs à l'aise en société, et qui ont les mêmes centres d'intérêt que votre enfant;

  • de soutenir les stratégies personnelles de votre enfant comme observer ses camarades, lancer ou accepter des invitations à jouer, créer des clubs et des groupes, y participer ou s'efforcer d'y inclure d'autres personnes.

Le regard du corps enseignant

Si l'on considère la durée que les élèves passent à l'école, le personnel enseignant a lui aussi un rôle à jouer pour les aider à nouer et à faire durer des liens d'amitié positifs:

  • enseigner explicitement les questions de savoir-être comme l'art d'exprimer ses opinions de manière constructive, de respecter les différences et de se soucier des sentiments des autres;

  • donner du temps, de l'espace et des occasions aux élèves pour travailler ou jouer avec d'autres, repérer de nouveaux camarades et entretenir les amitiés existantes;

  • être conscient de cette culture entre pairs et rester à l'écoute des changements, des tensions et des exclusions parmi les groupes d'élèves qui se fréquentent, que ce soit dans la classe ou dans la cour de récréation;

  • créer un espace neutre où les jeunes peuvent parler d'amitié, sur le modèle d'un cercle de discussion régulier.

Des liens qui évoluent

La chance fait que parfois les amitiés résistent au passage du primaire au secondaire (voire au-delà). On sait grâce à la recherche que cela est susceptible d'avoir un effet positif sur les performances académiques et la santé mentale.

Il arrive que nous nous épanouissions hors de ces amitiés à mesure que nous évoluons dans des directions différentes et que nos valeurs et nos intérêts changent. Par moments, il vaut mieux rompre des amitiés quand elles brisent notre confiance et/ou nuisent à notre bien-être. Les enfants comme les adultes ont besoin de savoir quand et comment se détacher de telles relations et la manière de surmonter le sentiment de perte qui pourrait en résulter.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

The Conversation

Natasha Wardman

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