Santé

Pourquoi les allergies alimentaires sont de plus en plus nombreuses

Temps de lecture : 3 min

L'Occident est davantage touché, et les zones urbaines en particulier.

KP peanuts | Mark Andrew via Flickr CC License by
KP peanuts | Mark Andrew via Flickr CC License by

Ces dernières années, le sésame, les cacahuètes ou encore le lait de vache ont provoqué la mort de plusieurs enfants, allergiques à l'un ou à l'autre de ces aliments. Dans un article écrit pour le site de la BBC, la docteure Alexandra Santos, de l'université King's College de Londres, s'intéresse au sujet des allergies alimentaires, affirmant notamment qu'elles sont en large augmentation dans les pays occidentaux. Ce sont par exemple 7% des jeunes Britanniques et 9% des enfants australiens qui souffrent actuellement d'allergies de ce type, à des degrés plus ou moins élevés.

Dans les cas les plus préoccupants, il suffit parfois d'une trace de tel ou tel aliment pour qu'une crise se déclenche, avec des conséquences potentiellement tragiques. Ces allergies constituent en premier lieu un véritable fardeau pour l'individu concerné, mais également pour sa famille, parfois contrainte de se montrer extrêmement vigilante afin qu'aucune forme du produit concerné ne puisse arriver jusqu'à la personne allergique.

Outre les aliments sus-cités, les oeufs, les différents types de noix, le poisson et les fruits de mer font partie de la liste des produits les plus susceptibles de provoquer des crises d'allergie. Certains sont de plus en plus craints: par exemple, au Royaume-Uni, les cas d'allergies aux cacahuètes ont été multipliés par cinq entre 1995 et 2016. Actuellement, 2,5% des enfants âgés de 3 ans seraient touchés par cette allergie. Autre chiffre effarant, provenant d'une autre étude: en Australie, 9% des bébés âgés d'un an seraient allergiques aux oeufs.

Pour Alexandra Santos, l'augmentation des chiffres n'est pas uniquement due au fait que les allergies sont davantage signalées et mieux diagnostiquées qu'il y a quelques décennies. La spécialiste affirme que cette montée en flèche est également due à l'évolution de nos modes de vie. C'est d'ailleurs ce qui explique que les pays en développement, ainsi que les univers ruraux, soient pour l'instant moins touchés (mais pour combien de temps?).

Si rien n'a encore été prouvé scientifiquement, la scientifique affirme que la pollution, les changements d'alimentation et la diminution de l'exposition aux microbes ont une influence sur la façon dont notre système immunitaire répond à ce que nous ingérons. Elle cite une étude menée sur des personnes issues de l'immigration, qui présentent généralement plus de problèmes d'asthme et d'allergies alimentaires dans les pays occidentaux où elles sont arrivées que dans leur pays dont elles sont issues. Ce qui tend à confirmer l'influence des facteurs environnementaux.

Des solutions à l'étude

Moins exposés aux différents types d'infections, les enfants auraient donc un système immunitaire plus faible. Mais Alexandra Santos avance également d'autres arguments: un manque de vitamine D pourrait également expliquer la recrudescence des allergies alimentaires. D'après une étude, le taux de personnes souffrant d'une carence en vitamine D a doublé en dix ans, malgré les prescriptions régulières faites aux jeunes enfants. Or cette vitamine permet justement de renforcer le système immunitaire.

Pour une grande partie des enfants concernés, la solution consiste peut-être à soigner le mal par le mal, ou plutôt à agir de façon préventive. Une étude menée à King's College sur des enfants de 5 ans a montré que leurs chances de développer une allergie à la cacahuète étaient réduites de 80% si, dans les premiers mois de leur diversification alimentaire, ils avaient régulièrement ingéré de la cacahuète. L'idée serait d'habituer très tôt le système immunitaire aux aliments pouvant poser problème, de façon à limiter grandement le risque d'allergie par la suite.

À King's College, on travaille également sur un dispositif permettant de détecter très tôt les allergies alimentaires dont les enfants pourraient souffrir. Il existe actuellement un test sanguin couvrant 90% des aliments susceptibles de provoquer une allergie. Dans une année ou deux, il devrait pouvoir être mis à disposition du personnel médical.

Côté traitement, l'immunothérapie semble relativement bien fonctionner: une autre étude récente a montré qu'après un an de traitement, 67% des patient·es pouvaient ingérer deux cacahuètes sans déclencher de crise, contre 4% dans un groupe test. Cela ne fait pas disparaître l'allergie, loin de là; en revanche, cela permet de limiter les risques de crise grave, voire de mort, en cas d'ingestion accidentelle. Pour éviter que se reproduisent des drames comme celui de Natasha Ednan-Laperouse, adolescente âgée de 15 ans lorsqu'elle mourut après avoir mangédu pain contnant du sésame.

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