Parents & enfants

Il ne faut pas sous-estimer l'impact sur les jeunes des images de violences sexuelles

Temps de lecture : 2 min

Les avertissements en début de programme n'y changent rien.

Plus d'un quart de la population étudiante ressent une angoisse persistante après avoir été exposée à une scène violente à 14 ans en moyenne. | Vidmir Raic via Pixabay 
Plus d'un quart de la population étudiante ressent une angoisse persistante après avoir été exposée à une scène violente à 14 ans en moyenne. | Vidmir Raic via Pixabay 

Netflix a récemment annoncé que le tabac et la cigarette électronique allaient être bannis de ses nouvelles productions à destination des jeunes. Suivant les conseils de spécialistes médicaux, la plateforme de streaming avait dans le même esprit retiré la scène du suicide de la première saison de sa série intitulée 13 Reasons Why. Des scènes persistent néanmoins dans les divertissements qui s'adressent aux adolescent·es: les représentations de viol.

Les agressions sexuelles sont étonnamment faciles à trouver dans les programmes diffusés sur les chaînes par abonnement. La série Game of Thrones, regardée par beaucoup de jeunes, avait fait débat pour en avoir mis en scène un nombre significatif. Les viols sont également présents dans des programmes tels que Euphoria.

Un risque de détresse durable

Une étude a révélé que plus d'un quart de la population étudiante ressentait une angoisse persistante face à une scène fictive pénible à laquelle elle avait été exposée à 14 ans en moyenne. «Les images sont vraiment puissantes», estime Jill Murphy, rédactrice en chef de Common Sense Media, dans le New York Times. Avoir connaissance de l'existence d'actes tels que le viol et les avoir sous les yeux «sont deux choses différentes», a-t-elle ajouté.

Le risque que ces scènes d'agressions fictives puissent façonner la manière dont les jeunes conçoivent les violences sexuelles dans la réalité reste préoccupant. «Regarder la violence sexuelle peut être traumatisant, explique Karyn Riddle, professeure qui étudie les effets de la visualisation de médias violents sur les enfants et les adolescent·es. Cette peur pourrait persister pendant de nombreuses années.»

Les avertissements affichés au début des émissions ne permettraient, selon des études, ni d’amortir l'impact psychologique de scènes perturbantes, ni de détourner l'attention des jeunes vulnérables. Les personnes chargées de produire les divertissements destinés à la jeunesse feraient bien de s'attaquer aux dangers que comporte une telle exposition. «Je crois en la liberté de création, a ajouté Jill Murphy dans le New York Times. Mais, quand vous avez affaire à un public jeune, vous avez une responsabilité.»

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