Critique de la Peillon pure
Il est la doublure socialiste de Frédéric Lefebvre. On attendait mieux du député-philosophe.
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Vincent Peillon va-t-il devenir le Frédéric Lefebvre de la gauche? Autrement dit: assistons-nous à la naissance d'un nouveau troll dans l'espace politique?
Rappelons que l'on reconnaît le troll à sa capacité à parasiter un débat en annihilant toute pensée. Un exercice dans lequel le porte-parole de l'UMP excellait jusqu'à présent sans conteste, avec un brio qui rendait inimaginable l'entrée en lice d'un concurrent. Et pourtant, les récentes interventions du socialiste Vincent Peillon ont de quoi faire trembler Frédo.
La mutation d'un professeur de philosophie en troll est pourtant un phénomène rare. Vincent Peillon a pris tard sa carte au PS, c'est vers 35 ans qu'il décide de s'engager pour «se colleter à la réalité politique» comme il l'explique lui-même, ne pas rester enfermé dans sa tour d'ivoire de penseur –s'inspirant ainsi des philosophes de l'antiquité qui participaient à la vie de la cité. Et il est resté longtemps discret. On commence à parler de lui quand il devient un des lieutenants de Ségolène Royal à la dernière présidentielle. Mais depuis sa rupture avec elle, il semble devenu incontrôlable.
Troll ou Epic fail
Il y a d'abord eu sa petite guéguerre très cour de récré avec Ségolène Royal lors d'un débat sur l'école. Puis la politique de la chaise vide à l'émission d'Arlette Chabot sur l'identité nationale pour marquer son désaccord, enchaîné avec une demande de démission de cette dernière. Et la semaine dernière, Peillon a sorti un article de presse de 1965 qui raconte la condamnation de Devedjian et Madelin pour, entre autres, un vol de moteur de bateau. Frédéric Lefebvre n'aurait pas mieux fait. Mais une différence notable sépare toutefois les deux hommes.
Ce que Vincent Peillon tente de faire, c'est dynamiter le débat. Le problème étant qu'il adopte les mêmes techniques que Lefebvre et atteint donc logiquement le même but. Loin de poser des pains de plastic, il ne fait qu'engraisser les aspects les plus démagos du débat politique. Si on continuait dans le vocabulaire Internet, on parlerait de «Fail» voire d'«Epic fail». Au final, ce qui ressort de ses interventions, c'est l'impression que Peillon a trouvé un nouveau moyen de communiquer: la provocation qui tombe à côté de la plaque. Ça a l'air facile au premier abord, mais pourtant, pour réussir à tomber aussi précisément loin du but recherché, il faut une dextérité et une incompréhension époustouflante du système médiatique.
Un troll qui s'ignore
A l'origine, Vincent Peillon ne se définit pas comme un troll, mais exactement comme son inverse. Il veut mettre fin au débat stérile pour revenir à l'essentiel. (C'est en tout cas ce qu'il répète dans les interviews). Mais les moyens qu'il adopte provoquent l'effet contraire et cantonnent le débat à la vaine polémique. Cette inefficacité est d'autant plus inquiétante qu'on pourrait attendre de Vincent Peillon qu'il soit fin. Or il maintient, au sujet de sa chaise vide sur le plateau d'Arlette Chabot: «Pour moi ce n'était pas un coup médiatique (...) je voulais casser le spectacle.»
Réponse qui me plonge dans des abymes de perplexité. Comment peut-on avoir étudié et enseigné la philosophie, être un spécialiste de Merleau-Ponty et ne pas savoir que «casser le spectacle» c'est encore «faire du spectacle»? Rentrer dans le jeu médiatique pour le dénoncer est une absurdité. A moins d'être mû en même temps par une envie terrible de faire parler de soi, de paraître plus malin que les autres, d'occuper l'espace.
Un soupçon auquel Peillon répond: «Lire toutes les actions politiques d'un homme uniquement à l'aune d'ambition, c'est le contraire de tout ce qu'on a lu dans les livres intéressants.» («Paris Dernière»). Aux orties Pierre Bourdieu et sa notion de champ et d'habitus. Donc si on exclut l'hypothèse d'une stratégie individuelle pour se faire voir et entendre, si on décide d'en rester à son honnête volonté de briser le spectacle, on est quand même devant un aveu d'innocence intellectuelle qui frise la naïveté. Son exhibition de l'article du petit Varois reste un bel usage du type d'argument qu'on nomme en rhétorique le «C'est celui qui dit qui est» et ce n'est pas précisément de l'ordre de la pensée conceptuelle. Du trolling dans toute sa splendeur donc.
Un résultat plus que mitigé
Autre différence avec Frédéric Lefebvre, alors que les provocations de ce dernier servent à Nicolas Sarkozy pour tester des idées et qu'il a donc sa bénédiction, l'attitude de Vincent Peillon est totalement contre-productive pour le PS.
L'épisode du Petit Varois arrive au moment où Martine Aubry répète qu'il faut cesser les attaques de personne et revenir au débat de fond. Le Parti socialiste n'avait vraiment pas besoin de voir éclore en son sein un disciple de Lefebvre dont l'attitude va l'empêcher de dénoncer les dérapages de la majorité.
Mais même pour Vincent Peillon, le résultat risque d'être nuisible. Son discours est écrasé par ses gestes d'éclat. En effet, qui sait qu'il vient de sortir un livre sur Ferdinand Buisson, le fondateur de la laïcité en France? C'est tout le paradoxe de l'homme, pris entre son rôle d'universitaire policé —son ouvrage sur Buisson reste scolaire et ne tente aucune redéfinition de la laïcité pour la France moderne— et son nouveau rôle de troll médiatique. Il y a un hiatus entre les deux, hiatus dont il ne semble pas avoir conscience.
En effet, au détour de l'interview sur «Paris Dernière» citée plus haut, il se lâche et déclare: «Les gens comme Alain Duhamel ça leur plaisait bien un philosophe en politique, s'il fait pas trop chier. On tolère les intellectuels dans ce pays mais qu'ils restent dans leur bibliothèque. Le type qui prend la parole et qui dit je vais pas me laisser faire, alors là c'est le scandale absolu.» Vincent Peillon pense donc primo qu'il dérange, deuxio qu'il est parfaitement dans son rôle d'intellectuel quand il trolle:
Son récent mea culpa, admettant que demander la démission d'Arlette Chabot était très maladroit, est du même ordre. Une autocritique très circonstanciée, voire empreinte d'une certaine fatuité. En effet, s'il regrette d'avoir réclamé le départ de la chef de l'info de France Télévision c'est surtout parce que son message n'a pas été compris: «Ils ne sont pas mûrs pour aller jusque-là de l'analyse.»
Il justifie donc ses provocations par la volonté de revenir au débat de fond. Pourtant, dans le débat de fond également, il se laisse aller à la formule facile. Dans Mag Philo, il donne une longue interview sur le thème de la crise. Pas de proposition, des constats simples: «Ceux qui nous disent qu'ils sont en crise s'en tirent très bien et par contre ceux qui ont été obligés de les renflouer découvrent qu'eux sont vraiment en crise. Avoir ou se faire avoir: ils se sont fait avoir.»
On ne sait pas très bien si ça fait avancer le débat. Mais surtout, le patatras philosophique arrive juste derrière: «C'est plus grave que ça: il faudrait dire quelque chose comme: ils se sont fait être!» Ils se sont fait être... une formule qui laisse au minimum songeur. C'est évidemment une manière de marquer que l'arnaque va plus loin que le simple geste, touchent les personnes concernées dans leur essence. Mais c'est aussi jouer avec un imbroglio de notions, céder au sens de la formule qui ne suffit pas à fonder une pensée critique.
Pour finir, laissons la conclusion au philosophe préféré/étudié par Peillon, Merleau-Ponty: «La politique des philosophes, c'est celle que personne ne fait.» (in Signes, préface p13) «Une chose est sûre d'abord, c'est qu'il y a eu une manie politique chez les philosophes qui n'a fait ni de bonne politique ni de bonne philosophie.» (idem p14)
Titiou Lecoq
Image de une: Vincent Peillon en 2008 lors d'un meeting à Bordeaux. REUTERS/Regis Duvignau
Mis à jour le 04/03/2010 à 15h08













![[Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» [Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/peillon_4.jpg)































la lecture de votre article a été un vrai régal,je vais passer une bonne journée!merci
Il doit avoir des sacrés dilemnes Peillon : sans cesse sur le fil entre l'action et la réflexion. Ca tient de la schizophrénie citoyenne.
Excellent article qui résume bien les tentatives maladroits de cet amateur en politique pour se trouver une place.
Mais il n'est pas seul! A deux ans de la seule élection qui compte en France on peut compter tout un Club de Trolls.
Commençons par Dominique de Villepin qui, avec son beau sourire et ses idées Napoléoniennes, pense qu'il mérite une place ... parcequ'il parle si bien et parcequ'il veut une place! Le reste suivra!
Inutile jusqu'à là d'avoir participé à des élections. Le peuple comprend si mal les choses...
Puis il y a Bayrou. Lui qui pense qu'il mérite une place parcequ'il s'aime tellement. Priver la France de ses qualités serait un outrage. Peu importe s'il penche à droit ou à gauche, l'important c'est d'occuper un terrain à lui tout seul. Il risque d'ailleurs d'atteindre cet objectif curieux!
Et François Hollande. Analyste doué des méandres politiques qui, ayant râté sa période d'entraineur du club de foot du PS en deuxième division, décide, tout en teintant ses cheveux et en assistant à toutes les émissions de télé avec des vides à combler, d'attaquer à la Coupe de Champions tout seul.
Mais la cheftaine des Trolls est incontestablement Ségolène. Armée de son échec lors du dernier scrutin, elle s'est invitée à tous les troupements des Trolls jusqu'au moment où quelqu'un lui a chuchoté qu'elle devenait vraiment trop ridicule.
Fin stratège, elle s'est retiré dans son encampement régional pour mieux attendre le grand moment. Même les inondations tragiques dans sa région n'ont guère fait sortir de son réserve imposé (maline - qui après tout a donné tous ces permis de construire dans des zones inondables?).
Il y a d'autres candidats pour le Club - Besançenot, Melenchon, Cécile Duflot, divers 'gauches', divers 'verts', divers communistes, divers Gaullistes déçus tous prêts, comme dit le Dictionnaire Culturel d'Alain Rey à "aller ou courir, ça et là", "au hasard" jusqu'au grand jour où Nicholas et Martine et/ou DSK mettra fin à la fête.
Et tant mieux et pas trop tôt!
Cet article est déjà daté. Trop dans l'instantané. Peillon est nettement meilleur que l'image qui est dépeinte .
Il a su casser la nauséabonde mécanique du débat sur l'identité nationale en refusant le débat chez Chabot et en soulignant qu'il 'y avait dans cette thématique de l'identité nationale des germes dangereuses pour notre démocratie.
De la même façon rappeler à l'envoyeur que les repris de justice sont parfois dans son propre camp.
Dernière chose: déclarer que le dernier ouvrage de Peillon est trop scolaire et ne renouvelle pas la notion de laicité. Personnellement je pense exactement l'inverse.
Il évite jusqu'ici dans ses ouvrages la politique spectacle et l'autobiographie avant l'heure avec une mise en scène vulgaire de son égo façon Pécresse et Koscuisko Morizet qui se croient obliger de nous raconter leur enfance pour nous expliquer pourquoi elles sont arrivées en politiques...au secours.
Développer une réflexion sur la laicité, que l'on peut juger décevante, affirme une autre conception de l'action politique.
Plus que Peillon, le sujet c'est son usage des codes médiatiques. Mais il est certain que les exemples que je donne vont rapidement être périmés. Il n'y a plus qu'à espérer que le mécanisme lui-même le sera également.
Sur l'identité nationale il n'a été ni le premier ni le seul à dénoncer ce débat, à poser la question de sa légitimité, et sa proximité chronologique avec les élections régionales. J'ai l'impression qu'il y a un certain nombres d'intervenants qui ont fait de même.
Quant à son livre, on peut tout à fait ne pas être d'accord. Le personnage de Buisson est fascinant, l'idée d'une religion de la laïcité aussi. Mais la forme m'a beaucoup rappelé les ouvrages universitaires. Je n'ai pas eu l'impression que Peillon renouvelait la notion de laïcité mais cherchait seulement à expliquer la laïcité telle qu'elle était conçue par Buisson.
Voilà un portrait sans concession de monsieur Peillon.
Il faut cependant se souvenir que cet homme qui a soutenu Lionel Jospin, deux fois, puis Ségolène Royal avec le succès que l'on sait a finalement essayé de faire main basse sur le courant de madame Royal qui, comme elle dit "lui avait confié les clés".
Je ne sais s'il y est parvenu mais c'est peut-être là son premier dérapage, celui qui a beaucoup choqué les gens de son propre camp.
Après il n'y a plus eu qu'à laisser le troll prendre le pas sur le philosophe, ce qui fut fait avec l'élégance qu'on a vue.
Tout ceci serait dérisoire et même risible si cela n'avait pour conséquence d'éloigner encore un peu plus nos concitoyens de la politique et de son expression démocratique, le vote.
Je voulais revenir (mais j'aurais été trop longue) sur la brouille avec Ségolène Royal et sur le fait qu'il lui avait reproché de faire des coups médiatiques.
J'envisageais une carrière politique... "De retour de son exil chinois, IL sauve la France", quelque chose comme ça, très simple... En lisant Titiou Lecoq, je viens de changer d'avis. La politique, c'est un métier. D'excellents politiciens sans trop d'idées mais toujours avec les gants, l'ABS et l'airbag, une aisance certaine dans les jeux d'ombre et de lumière des différents réseaux qui les font vivre et inversement. A aucun moment ils n'envisagent de secouer le cocotier bien confit de la politique française dont ils vénèrent la matrice télévisuelle... Bref, Peillon fait de la philo académique sans portée et donc sans lecteur (devrait prendre des cours de com chez BHL) et de la politique comme les Sex Pistols un matin de gueule de bois... Verdict: direction pole emploi pour un job de troll en chef dans le privé avec lettre de recommandation de Titiou Lecoq. Bonne chance à tous les deux. Finalement, je reste en Chine où il n'y a ni média ni politique.
D'intéressants questionnements et commentaires dans cet article traversé par la question de la "personne" en rapport avec la "communauté nationale"; quelques personnes bien décrites par Peter Wright notamment. Les affirmations concernant Frédéric Lefebvre sont là pour centrer la problématique sur le personnage du troll et son champ d'interprétation de référence. Evidemment il n'y a là que pétition de principe, aucune argumentation critique, que de la critique... Tout est prêt à penser.
Du coup l'article passe à côté du sujet. Vincent Peillon n'est pas le niais philosophique que l'on a besoin de camper. Parmi ses nombreux ouvrages je note trois titres dont celui de celui cité ici paru début janvier (tiens!).
Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Le Seuil, Paris, 2010
La Révolution française n’est pas terminée, Le Seuil, Paris, 2008.
Jean Jaurès et la religion du socialisme, Grasset, Paris, 2000.
Vous noterez la prégnance du terme religion qui note le fait qu'on a affaire à un idéologue peut-être plus qu'à un philosophe critique. Du coup c'est le "pouvoir" des idées qui compte et justifie la stratégie de l'homme et surtout du courant idéologique qu'il représente ici.
Au lieu d'une manoeuvre de benêt méchant que propose le prêt à penser trollesque on peut aussi discerner à propos du débat sur l'identité nationale une stratégie en trois volets parfaitement menée.
- Le déplacement de l'objet : glisser de la question essentielle de "l'identité nationale" à la question contingente du débat lui-même.
- Le détournement du sujet : éliminer la question du "sujet communautaire" c'est-à-dire "la communauté nationale" pour focaliser l'attention sur les intentions données comme perverses des sujets organisateurs.
- La destruction du projet : celui de renforcer la conscience d'une identité nationale française posé comme un projet immonde, un "abaissement".
Que faut-il comprendre? L'idéologie de Mr Peillon et des groupes qui le font agir nient l'existence de la notion même d'identité nationale. C'est leur position anthropologique, celle qu'ils essaient d'imposer depuis 200 ans (voir le second titre cité), celle d'un certain système français, d'une quasi religion que justement Nicolas Sarkozy met à mal. C'est de ce combat là qu'il s'agit, au fond. Le sens du concept de laïcité en est d'ailleurs un des enjeux emblématique. Les histoires de trolls et de pantins sont faites pour endormir le public, journalistes et lecteurs.
- Le déplacement de l'objet : glisser de la question essentielle de "l'identité nationale" à la question contingente du débat lui-même.
La question du débat n'est pas contingente, c'est la notion même de débat qui est une escroquerie dans cette affaire.
L'identité nationale n'est pas quelque chose qui se décrète, et donc dont on pourrait débattre. C'est quelque chose que les historiens constatent et commentent lorsque le temps leur a laissé une distance suffisante par rapport à l'objet de leur étude.
Qu'est-ce qu'aurait été un débat sur l'identité nationale en 1938, en 1942, en 1945 en 1958 en 1981 etc. ?
Et à quoi cela aurait servi? Est-ce que cela aurait changé quoi que ce soit à l'évolution de la France et des français ?
Par contre l'histoire nous montre que lorsqu'un régime soulève ce genre de question, que ce soit hier en Allemagne, avant-hier dans feu la Yougoslavie ou aujourd'hui en Afrique, c'est toujours pour trier entre les "bons" et les "mauvais" ressortissants.
Alors je ne soupçonne pas Sarkozy d'avoir voulu lancer un triage ethnique, mais Dieu qu'est-ce qu'il a la mémoire courte. C'est toujours stupéfiant à quel point il semble improviser en permanence, sans prendre le temps d'une réelle réflexion. Il est comme un gosse hyperactif a qui on a donné une boite d'allumette.
La question est quid de l'identité nationale française à une époque ou toutes les nations ou régions petites et grandes sont concernées. Vincent Peillon ne s'y trompe pas lui qui ne cesse de faire appel à une réflexion philosophique et politique fondamentale. Seulement c'est sa position idéologique qui fait problème. Une discussion devrait porter là-dessus mais cela reste dans le non dit.
Vous y contribuez (au non dit) avec une série d'affirmations tendancieuses et approximatives, procès d'intention et compagnie pour en venir à vous payer votre tête de turc habituelle (plutôt d'origine hongroise).
Seule concession cette manie nationale du débat là où cela réclame concertation. Le débat, affrontement des positions, privilégie les grandes gueules et les habiles. Pseudo démocratie. La concertation suggère un bien commun auquel contribuer et une considération réciproque… Les opposants ont réussi à faire un vrai débat (sur le débat) là où il fallait entendre concertation.
Mais si la méthode est discutable la question reste essentielle. Quid des identités, nationales et autres, par temps de mutation de civilisation (internet, reconfigurations européennes, redéploiements économiques, politiques, sociaux, etc...). La première chose c'est de réfléchir à ce que c'est, aujourd'hui et demain, qu'une identité nationale avant d'en tirer des conclusions pour l'identité française. Je vous suggère http://coherences.com/BLOG-HM/theme/actu/identite/
Article bien court dans sa réflexion et de mauvaise foi.
" Rentrer dans le jeu médiatique pour le dénoncer est une absurdité. " ah oui, et vous faites comment, vous, pour dénoncer le jeu médiatique ?
Vous n'auriez jamais parlé des livres de Peillon sans ces "coups d'éclat". Vous n'êtes pas meilleur que la plupart des journalistes, qui ne savent pas chercher l'information, se documenter par eux-mêmes, lire des livres d'une certaine épaisseur, qui plus est quand ils ne sont pas accompagnés d'une belle campagne de com'.
En plus, malgré votre "relatif" jeune âge et votre travail sur un site internet, vous êtes déjà tellement enfermé dans votre petit milieu que vous ne comprenez même pas l'opinion publique.
Ahlalala... Je tiens à rectifier la vérité : j'ai lu en intégralité Une religion pour la République, la foi laïque de Ferdinand Buisson. Si si. Je vous jure. Et je pense qu'on n'est pas très nombreux.
Pour revenir au sujet, je dis précisément l'inverse : ses coups d'éclat effacent ses livres.
En outre, je vous signale que j'ai 57 ans.
Ouah tu les fais pas !!
:)
Cet article d'apparence sérieuse procède trop par affirmations péremptoires. On peut même se demander si ce n'est pas la mauvaise foi qui guide l'auteur. Lorsqu'il avance par exemple :
"[Peillon] veut mettre fin au débat stérile pour revenir à l'essentiel. (...). Mais les moyens qu'il adopte provoquent l'effet contraire et cantonnent le débat à la vaine polémique."
Dans l'affaire Chabot, il faut être sourd et aveugle pour ne pas constater que :
1. L'infâme "débat" sur l'IN s'est arrêté net (il était déjà en bonne partie discrédité), Besson depuis est "dans un igloo au pôle sud", comme disait hier un commentateur.
2. La question de l'indépendance des médias a fait irruption jusque sur les plateaux télé.
Autre exemple précis d'aveuglement (ou de mauvaise foi ?) de la part de l'auteur :
"l'attitude de Vincent Peillon est totalement contre-productive pour le PS."
Il se trouve que chronologiquement, c'est précisément à partir du "coup de Peillon" vis à vis du débat Besson-Le Pen, que le PS est soudain monté dans les sondages (auparavant les écolos faisaient quasi jeu égal avec lui, faut pas avoir la mémoire courte !). Parce qu'il (le PS) se retrouvait soudain davantage perçu comme un parti "combatif" (ce qui lui faisait particulièrement défaut) ? Un observateur attentif et scrupuleux ne peut exclure l'hypothèse d'un rapport de cause à effet entre le "coup de Peillon" et cette soudaine (et étonnante) remontée du PS. Mais le scrupule ne semble pas être le souci premier de l'auteur du présent billet, qui encore une fois fonctionne trop par "affirmations péremptoires".
Finalement cet article ne fait qu'aller dans le sens du vent du "buzz" d'hier ("son récent mea culpa" dixit l'auteur), grosse distorsion tendant à faire croire que Peillon se repentait voire s'excusait de l'affaire Chabot en janvier...
Analyse de cette désinformation par "buzz" interposé : http://antennerelais.canalblog.com/archives/2010/03/03/17108644.html
PS. Sortir une phrase apparemment semi-débile, d'un très long et très remarquable entretien de Peillon à "Mag Philo", tendrait à confirmer l'hypothèse d'une mauvaise foi (ou d'un stupide à priori) de la part de l'auteur du présent billet.
Pour aller au vif de cet entretien à "Philo Mag" : http://antennerelais.canalblog.com/archives/2010/02/09/16856766.html
"On peut même se demander si ce n'est pas la mauvaise foi qui guide l'auteur."
Je vous retourne le compliment. Venant de quelqu'un qui a adhéré à la fanpage de Vincent Peillon sur Facebook, j'ai l'impression que vous êtes un peu partie prenante...
A mon avis l'entretien dans mag philo n'est pas particulièrement remarquable. Mais c'est sans doute personnel.
Sinon, de manière plus générale, ça me parait un peu naïf de penser que Vincent Peillon a mis un terme en France au débat sur l'identité nationale. Quant au problème de l'indépendance des médias, je me demande si ce n'était pas déjà le thème de campagne d'un certain François Bayrou...
La réflexion au sujet de la chaise vide ne me semble pas aboutie. Si à la rigueur elle peut aboutir à la conclusion d'une erreur, logique, philosophique ou stratégique, il ne s'agit pas de troll. L'appareil médiatique a fait un spectacle de la chaise vide de Peillon parce que justement il s'agit de la fin du spectacle: ce qu'est une chaise vide c'est un discours, et il n'est pas nécessairement spectaculaire. En l'occurrence sa chaise vide ne l'était pas et c'était bien ce qui a posé problème aux professionnels du spectacle.
Quant à Bourdieu il faisait aussi du spectacle quand il ne faisait pas la politique de la chaise vide indiscutablement non spectaculaire dans son cas. On pourrait d'ailleurs poser la question du spectacle plus largement car dans cet article il y a confusion entre spectacle et troll je crois, ce qui me semble être une erreur.
Dynamiter la mise en scène (pour en créer une nouvelle nécessairement: 68 est terminé, Debord avait raison de parler d'une société du spectacle mais il n'y voyait aucune organisation sociale, et préfigurait donc la fin de l'Histoire, alors qu'il s'agit d'une opportunité d'émancipation) n'est pas non plus le travail du troll, bien au contraire: le troll utilise la mise en scène existante pour en dynamiter la dimension signifiante. Je ne suis pas trop Peillon mais d'après ce que j'en sais et ce que j'en écoute il y a un fond et une réflexion chez lui qui seraient chez Lefebvre, s'il était sincère, le signe d'une grave maladie mentale.
Je suis absolument d'accord. Il n'est pas un vrai troll. Il veut même mettre fin au trolling mais pour y arriver il en adopte les méthodes et les pousse à leur extrême. C'est cette démarche que je remets en question. Je ne suis pas certaine de son efficacité.
Par contre, une chaise vide, une dépêche AFP pendant le direct, une lettre pour réclamer la démission de la chef de l'info - tout cela ma parait relever du registre du spectaculaire.
Autant Lefevre en Troll, je comprenais. Ces interventions répétées avec pour unique but de créer des débats pour tester certain sujet sur ordre de l'Elysée, son gout de la provoc et le crétinisme incommensurable de ceux qui écrivent ses interventions en font une caricature de troll transposé à la politique (j'espère que tous les bons mots dont il nous a abreuvé ne sont pas tous de lui... j'ai toujours pas digéré le "droit de réserve pour les lauréats du Goncourt" !!! )
Autant Peillon (qui a eu ces bons et ces mauvais moments) ne dit pas 18 bêtises à la minute, et parfois même à des idées. Mais c'est aussi une grande gueule qui aime la politique "des coups médiatiques qui ont presque un sens même si plus tard on se rend compte que c'était en fait assez ridicule".
Peillon, Valls, Dray et Hamon pour 2017 -> 2022, ça nous assure un avenir haut en couleur, et de belles bagarres, à nous partisans des socialistes :) (une "dream team de choc"... enfin bon, que sera sera)
Pour moi, Peillon ressemble plus à un Bayrou en effet (son coup d'éclat contre Ségo, son utilisation des médias et ses critiques des collusions, rappellent les manières du Mr du centre).
Je suis bien d'accord pour la dépêche. Le spectacle de la chaise vide n'est pas contrôlé par la personne absente, sauf lorsqu'on quitte le plateau télé. Toute la mise en scène a été faite par la télévision, Peillon n'a eu de cesse par la suite de tenter de détruire les mises en scène des différents média (ce qui ne peut être fait que sur la scène), ce qui est très difficile mais a plutôt bien marché (dans la mesure où le mass media n'est pas encore mort, ce qu'a fait Peillon était tout simplement impossible il y a 15 ans).
M. Peillon me semble, à première vue, plutôt sympathique car il manie les idées et "donne l'impression" d'en avoir. Je l'avais entendu il y a 1 an ou 2 dire qu'il ne courait pas pour les primaires du PS auxquelles il ne serait pas candidat. Mais je ne l'ai pas entendu le redire depuis. Il semble que ses initiatives n'aient d'autre but que de faire parler de lui. Je trouve ses saillies comme celle contre Devedjian plutôt rafraichissantes, si un homme politique a été un voyou pourquoi le cacher ? Mais le besoin de faire parler de lui gâche le message. M. Peillon sera probablement candidat aux primaires du PS, mais il est comme les autres, un apparatchik qui a le melon.
Allez, je vais faire long, mais il m'a fait cogiter, cet article, ce qui est plutôt bon signe.
A son débit:
L'article de 65.
D'accord: mauvais timing, aucune info vraiment nouvelle ou intéressante, une réception prévisible. Pas à son honneur, très clairement.
Son analyse de ses provocations:
Il y a un certain manque de lucidité, chez lui... Il a l'air un peu perdu dans le tourbillon qui le suit depuis Chabot, en ce moment.
C'est discutable:
Rencontre de Dijon: Hum... Je ne suis pas sur que ce soit lui le troll, sur cette affaire-là. Il n'a pas réagi très finement, clairement (un peu de subtilité narquoise aurait été plus approprié, ama, type "Quand certains bossent, d'autres se font mousser."), mais pas de mauvaise foi là dessus.
La non-présence chez Chabot et la demande de démission.
Il laisse l'impression de pas avoir assez de coffre pour rentrer dans le lard de Besson et Le Pen. Par contre, c'est le seul qui l'a vraiment ouvert à ce moment, en prenant des risques. Ca reste courageux, quoi qu'on en dise, et plutôt efficace électoralement, a priori.
A son crédit:
Existence médiatique:
Non, on n'a pas commencé à parler de lui en 2007. Il avait été assez présent en 2002, en portant avec Montebourg l'idée d'une VIème république, notamment. A l'échelle du net, c'est l'infini, certes (mon dieu, Youtube n'existait pas!). Un joli projet, l'air de rien, argumenté, malin, qui essayait de faire bouger les lignes en interne au PS et qu'ils avaient réussi à faire relayer médiatiquement en dehors du parti.
Si on prolonge un peu, il avait quand même été président de la commision parlementaire (en 2000) qui avait entendu et relayé Denis Robert au moment de Clearstream 1.
Le rassemblement:
Voir une initiative (dont il sortira peu de choses concrètes, à mon avis, mais c'est un autre problème) comme celle-ci prendre un peu d'ampleur est plutôt positif, non ? On organise des forums thématiques, on invite du beau monde venant d'horizons divers, on synthètise des positions assez larges sur le spectre politique, etc... Pas vraiment la manière de faire d'un troll, tout de même. C'est toujours en cours, d'ailleurs...
Bilan sur l'article et le bonhomme:
Peillon me laisse plutôt l'impression d'un type foncièrement maladroit, en ce moment. Il sait que c'est le bordel au PS, qu'il y a des trucs qui dysfonctionnent lourdement (une démocratie sans opposition digne de ce nom, en particulier) et il se débat là dedans, avec impulsivité et maladresse. Il est en train de se griller partiellement, en effet.
Par contre, cet article, s'il est intéressant (dans son sujet et son angle.) aurait gagné à un peu plus de précision et de profondeur. Un petit topo sur le parcours du bonhomme avant de jouer le jeu de la polémique artificielle, par exemple. Un petit quelquechose sur l'incapacité chronique des dirigeants du PS à assumer leur rôle. Il n'est d'ailleurs pas le seul. Ma député et d'autres responsables importants du PS (Julliard, en particulier) m'ont dit clairement qu'ils ne savaient plus quoi faire pour faire passer leurs communiqués de presse, que c'était devenu très difficile, etc... (et, bien sûr, que c'était la faute des journalistes).
GF
PS: 57 ans... Ouah. Les MILF paraissent de plus en plus jeunes, maintenant ;)
PPO (Petit Pinaillage Orthaugrafique): Pourquoi pas de majuscules dans son tag ?