Égalités / Monde

Le fondateur d'une thérapie de conversion fait son coming out

Temps de lecture : 2 min

Pendant plus de vingt ans en Caroline du Sud, McKrae Game a dirigé une organisation censée rendre les personnes LGBT+ hétérosexuelles.

Gay Pride de New York, le 30 juin 2019. | Angela Weiss / AFP
Gay Pride de New York, le 30 juin 2019. | Angela Weiss / AFP

En 1999, McKrae Game a fondé Hope for Wholeness (Espoir de plénitude), une organisation religieuse dont le slogan est: «Se libérer de l'homosexualité grâce à Jésus-Christ». Ce programme propose des séances de thérapie, des conférences et un cursus de réorientation sexuelle aux personnes LGBT+ qui voudraient être hétérosexuelles. Game y enseignait que les gays et lesbiennes vont en enfer et que l'homosexualité peut être surmontée si ses causes psychologiques sont identifiées.

Vingt ans plus tard, à l'âge de 51 ans, McKrae Game vient de faire son coming out. Sur Facebook, il a aussi présenté ses excuses aux personnes qui ont sollicité ses services et a appelé à «mettre fin à ce dangereux cycle de honte et de condamnation».

Il dénonce désormais les thérapies de conversion, interdites dans dix-huit États américains, mais Hope for Wholeness continue d'exister légalement en Caroline du Sud. Le site internet de l'organisation explique que l'homosexualité est une «addiction sexuelle» contraire au «plan de Dieu pour l'humanité».

«J'étais un fanatique religieux qui a fait du mal à de nombreuses personnes. Des gens m'ont dit qu'ils avaient tenté de se suicider à cause de ce que je leur ai dit», a-t-il déclaré dans une interview.

Il fait désormais partie d'une longue liste d'anciens leaders de thérapies de conversion qui ont fait leur coming out et critiqué le mouvement dont ils faisaient partie. La plupart avaient été élevés dans des familles religieuses et homophobes. Selon une étude de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), environ 700.000 adultes américain·es ont participé à ce genre de thérapies.

En janvier 2019, David Matheson, un mormon spécialisé dans la thérapie de conversion, a déclaré qu'il était gay. Et en 2014, neuf ancien·nes dirigeant·es de groupes de thérapie de conversion ont publié une lettre ouverte appelant à une interdiction nationale de cette pratique, après avoir été témoins du «mal fait aux personnes qui ont essayé de changer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre».

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