Sciences

Nous avons transformé l'apparence des chiens, mais pas seulement

Temps de lecture : 2 min

Une étude démontre pour la première fois que la reproduction sélective a altéré leur cerveau.

La différence entre deux corgis se trouve peut-être dans leur cerveau. | anya potsiadlo via Unsplash
La différence entre deux corgis se trouve peut-être dans leur cerveau. | anya potsiadlo via Unsplash

Du massif dogue allemand au chétif chihuahua, le chien a la particularité de regrouper des types de morphologie complètement différents au sein d'une même famille. Certaines races sont plus à l'aise pour courir, d'autres pour sauter, nager ou chercher.

Après environ 15.000 ans d'existence et particulièrement depuis le XIXe siècle avec la reproduction sélective, l'espèce a développé une multitude de variations physiques. Une étude de l'Université de Géorgie, aux États-Unis, vient de démontrer pour la première fois que ces modifications cosmétiques ont aussi altéré le développement du cerveau de ces canidés.

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont fait subir une IRM à 62 chiens, représentant 33 races. «La première question que nous voulions poser était: les cerveaux de différentes races de chiens sont-ils différents?», indique Erin Hecht, neuroscientifique à Harvard et autrice principale de l'étude.

Des débuts encourageants

Pour représenter ces différences, l'équipe a créé six cartes de réseau neuronal correspondant à des fonctions comme l'odorat ou le mouvement. Ces images révèlent une «corrélation significative» avec des traits communs associés à chaque race. «L'anatomie du cerveau varie entre les races de chiens, souligne Hecht, et il apparaît qu'au moins une partie de ces variations est due à la reproduction sélective pour des comportements particuliers comme la chasse, l'élevage et la garde.»

Jeffrey Stevens, directeur d'un laboratoire spécialisé à l'Université du Nebraska à Lincoln, a qualifié l'utilisation de l'IRM d'«astucieuse» et ses prémices d'«excitants». «L'un des points sur lesquels je pense qu'il existe un peu de désaccord dans la littérature et dans l'opinion des gens, c'est l'utilité d'associer les comportements aux races», nuance Stevens. Il ajoute que les IRM ont été réalisées alors que les chiens n'effectuaient pas de tâches spécifiques à leur race, rendant difficile l'établissement d'un lien entre race et comportement.

La prochaine étape est de les observer en situation de travail, annonce Hecht: «Par exemple, déceler les différences entre un border collie qui remporte une compétition d'élevage dans le monde extérieur et ses frères et sœurs qui, peu importe la raison, préfèrent rester couchés sur le canapé.»

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