Société / Monde

Un Américain s’appelle Aziz, Starbucks le renomme ISIS

Temps de lecture : 2 min

ISIS est l’acronyme anglais pour l’organisation terroriste État Islamique.

Un verre Starbucks, par Adrianna Calvo via Pexel. 
Un verre Starbucks, par Adrianna Calvo via Pexel

Niquel Johnson a 40 ans. Et cela fait 25 ans qu’il se fait parfois appeler par son nom musulman: Aziz. La semaine dernière, à Philadelphie, il a acheté trois boissons chez Starbucks. Comme à chaque fois dans les cafés du géant américain, un employé a demandé son prénom. Comme à «d’innombrables» reprises dans un Starbucks, il a donné Aziz.

Mais trois choses se sont passées ensuite, raconte le Washington Post. Quand sa commande a été prête, ce n’est pas son nom qui a été crié dans le café mais le type de boisson. Ensuite, ce n’est pas son prénom, Aziz, qui a été marqué mais «ISIS», l’acronyme anglais pour l’organisation terroriste «État islamique en Irak et au Levant». Niquel Johnson ne l’a pas remarqué avant qu’un ami ne repère le nom dans une librairie. «J’étais choqué et en colère. J’ai pensé que c’était de la discrimination», a-t-il déclaré.

Le troisième élément à cette histoire, c’est que quatre jours après que l’histoire ait buzzé sur les réseaux sociaux, Starbucks a téléphoné à Niquel Aziz Johnson pour lui dire que la société avait «corrigé» la situation lors d’une conversation avec sa nièce nommée Alora. Le problème c’est que, selon Johnson, cette personne n’existe pas. Starbucks a pourtant réagi en arguant qu’après «investigations, nous ne pensons pas que c’était un cas de discrimination. Le client s'est approché et a fourni le nom Aziz. Le barista l'a orthographié à tort. Nous avons contacté M. Johnson et nous nous sommes excusés pour cette regrettable erreur», selon son porte-parole Reggie Borges.

Ce dernier élément a encore plus déconcerté Niquel Johnson, qui envisage d’intenter une action en justice. Ce dernier s’attendait à ce que Starbucks soit «plus prudent» après les incidents à Philadelphie l’année dernière. Deux jeunes hommes noirs avaient été arrêtés dans un des Starbucks, au seul motif que les deux demandaient à attendre l’arrivée d’une connaissance avant de consommer. De grandes manifestations avaient suivi et Starbucks avait annoncé une journée de formation.

«J’ai l’impression qu’ils ne prennent pas le problème au sérieux, a estimé Niquel Aziz Johnson. On pourrait penser qu’ils auraient compris depuis. Comment pourraient-ils permettre à quiconque de parler pour moi?».

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