Société / Monde

Aux États-Unis, des tests ADN dans les camps de détention

Temps de lecture : 2 min

L'administration Trump souhaite autoriser ce type de fichage sur les immigré·es sans-papiers.

L'administration soutient que ces tests ADN sont essentiels à la protection des frontières et à l'évaluation des personnes qui entrent illégalement. | John Moore / AFP 
L'administration soutient que ces tests ADN sont essentiels à la protection des frontières et à l'évaluation des personnes qui entrent illégalement. | John Moore / AFP 

Pour le moment, aux États-Unis, seules les personnes détenues sur la base d'accusations criminelles peuvent faire l'objet d'un prélèvement ADN.

Selon les informations de BuzzFeed News, l'administration Trump souhaite élargir ce processus et autoriser les fonctionnaires des douanes et de la protection des frontières (CBD) à réaliser ce type de procédure sur des immigré·es sans-papiers et présent·es dans leurs centres de détention.

Si ce projet proposé par le ministère de la Justice est mis en œuvre, l'ADN de centaines de milliers de personnes pourrait être prélevé.

L'efficacité débattue

Les porteurs de ce projet citent une loi: la DNA Fingerprint Act of 2005. Ce texte permet aux organismes fédéraux de prélever de l'ADN sur les personnes sous leur garde, y compris celles qui ne sont pas américaines.

Mais en 2010, Janet Napolitano, à l'époque secrétaire à la Sécurité intérieure sous la présidence Obama, a réduit la portée de ce texte en déclarant que les personnes qui n'étaient pas détenues sur la base d'accusations criminelles et celles qui étaient en attente d'une procédure d'expulsion ne verraient pas leur ADN recueilli.

La proposition faite par l'équipe Trump changerait complètement la donne.

Les fonctionnaires de l'administration soutiennent que la généralisation des tests ADN est essentielle à la protection des frontières et à l'évaluation des personnes qui entrent illégalement dans le pays. Ils expliquent que les résultats d'analyses génétiques pourraient être réunis dans une base de données nationale afin d'établir des correspondances avec des activités criminelles antérieures potentielles.

Pour d'autres, un tel dispositif n'apporterait rien de plus en matière de sécurité. «Je ne comprends pas ce qu'ils veulent en tirer», confie à BuzzFeed News John Sandweg, ancien haut fonctionnaire chargé de l'immigration au sein du gouvernement Obama, qui se demande pourquoi une personne ayant commis un crime sur le territoire américain se retrouverait dans un centre de détention pour migrant·es.

Des voix s'élèvent aussi pour dénoncer une nouvelle politique susceptible de changer le regard porté sur les immigré·es. «Pour la première fois, ils traiteraient les sans-papiers comme des criminels dans la mesure où les tests ADN de ce type ne sont utilisés que dans un contexte purement criminel», déclare Jonathan Meyer, ancien avocat général adjoint au département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

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