Toujours plus de logements en zones inondables
Les maires, qui délivrent les permis de construire, peuvent-il contenir la pression démographique... et celle des promoteurs?
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Face à «la pression démographique»
Dans la moitié des communes du panel, le nombre de logements exposés baisse ou stagne. Mais dans l'autre moitié, il augmente, parfois fortement. En cause, la «pression démographique» qui, parfois, peut prendre le pas sur un principe de précaution. Pour les maires de communes propulsés en première ligne, la réglementation est difficile à maîtriser. Et les pressions sont nombreuses.Une fois le deuil passé en Vendée, des responsabilités vont être recherchées. D'ores et déjà, des maires refusent d'être montrés du doigt pour leur gestion des permis de construire. L'appareil d'Etat, préfets en tête, peut-il totalement s'affranchir d'une mission qui fut la sienne jusqu'à la décentralisation?
Le POS et les tables de la loi
Bien avant que le principe de précaution ne soit inscrit en 2005 dans la Constitution, une abondante réglementation censée organiser la construction immobilière en France, a été produite. L'un des socles de cette réglementation est le plan d'occupation des sols (POS), créé en 1967, qui découpe un territoire en zones urbaines et zones naturelle et - selon l'expression consacrée du code de l'urbanisme - «fixe les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols, qui peuvent notamment comporter l'interdiction de construire». Pour tout promoteur immobilier ou propriétaire d'un terrain, ce sont de véritables tables de la loi qui imposent des contraintes pas toujours bien acceptées. Or, le POS appartient au passé. Il a été remplacé par le plan local d'urbanisme (PLU) qui a vu le jour avec la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU) de décembre 2000. Toutefois, les anciens POS subsistent, et le PLU a la même valeur juridique que son prédécesseur. Une réforme pour rien? Pas tout à fait, puisque que PLU intègre une dimension de développement durable qui n'existait pas avant lui.
Les maires propulsés en première ligne
En fait, la vraie réforme du POS remonte à 1983, lorsque les élus des communes dotées d'un POS (ou, aujourd'hui, d'un PLU) ont hérité de la responsabilité de délivrer les permis de construire et les autorisations d'urbanisme auparavant élaborés et validés par les services de l'Etat. Certes, les Directions départementales de l'Equipement (DDE) peuvent toujours être sollicitées pour donner leur avis. Mais ce sont les maires qui délivrent les permis, après une instruction des dossiers réalisée par les services de la commune éventuellement aidés par ceux de l'Etat.
Pour des spécialistes, cette décentralisation des compétences en matière d'urbanisme au niveau de la commune a été une aberration, dans la mesure où les dossiers concernés requièrent des compétences techniques, mais aussi un recul politique pour pouvoir résister à certaines pressions, comme celles des promoteurs immobiliers. Lors de précédentes catastrophes, on a déjà déploré que des habitations ou des campings aient pu être installés dans des zones inondables. Lorsque le foncier manque, les pressions se font plus fortes...
Des retards dans la prévention des inondations
D'autres réglementations ont été prises qui viennent s'ajouter aux instruments dont disposent les élus pour rendre leur décision. Ainsi, depuis 1995, ils peuvent s'appuyer sur un plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN), annexé au PLU et qui a pour objectif de réduire l'exposition aux risques notamment dans des zones submersibles ou sensibles aux incendies. Notamment, un PPRN peut déterminer la hauteur du premier plancher d'une habitation en zone inondable. A L'Aiguillon et à La Faute, les maisons de la zone la plus touchée sont de plain pied...
Plus précisément, les préfets ont le pouvoir de prescrire le caractère inconstructible d'une zone, en établissant après enquête publique et avis des conseils municipaux concernés, un plan de prévention des risques inondation (PPRI). Mais avec la décentralisation des compétences, la mise au point de tous les PPRI souhaitables a manifestement tardé: fin 2007, six communes sur dix soumises à un risque majeur d'inondation étaient pourvues d'un PPRI. En Vendée, les mesures de prévention et de sauvegarde qui auraient dû être définies pour être ensuite appliquées par la collectivité publique et les particuliers, ont fait cruellement défaut. Car c'est une chose de savoir que Météo France émet une alerte route à l'approche d'une tempête et d'une forte dépression atmosphérique au moment d'une marée de fort coefficient. Mais c'est autre chose de savoir interpréter cette couleur sur le terrain, et de prendre les dispositions adéquates. C'est, en principe, le rôle d'un PPRI.
Malaise chez les fonctionnaires de l'Equipement
Les querelles au sein de l'appareil d'Etat ont beaucoup contribué à affaiblir les services de l'Equipement, et à réduire les capacités techniques d'un corps d'élite reconnu - les ingénieurs des Directions départementales de l'Equipement - mais jugé trop conservateur. Notamment, un bras de fer s'est engagé lorsque les Régions se dotèrent de directions de l'Equipement qui devaient fusionner avec les DDE pour éviter les doublons. Mais c'était sans compter sur l'attachement des personnels des DDE à l'échelon départemental, et à leur pouvoir spécifique. Finalement, la fusion des services n'a peu eu lieu, et les Régions ont créé leurs propres directions de l'Equipement. C'est l'exemple d'une duplication de compétences qui aura nui à tout le monde... et aux DDE en premier lieu, qui ont vu s'étioler leurs ressources humaines et s'envoler un savoir-faire que le corps des Ponts et Chaussées entretenait depuis plus de deux siècles. «On est maintenant parvenu àun état de dislocation avancée des compétences techniques», regrette un responsable de ce corps qui craint que le projet de réforme de l'Etat ne les préserve pas.
Certes, cette réforme devrait permettre de régler les problèmes de duplication sur le terrain, mais pas de rétablir la compétence sur ces dossiers à un échelon plus centralisé que celui des communes. Le niveau régional, par exemple, ne devrait-il pas être plus étroitement associé aux décisions qui participent de la première mission de l'Etat (qui est d'assurer la sécurité des citoyens)? Depuis une décennie, on assiste plutôt à un mouvement inverse, l'Etat ayant plutôt tendance à se défausser de ses prérogatives techniques. Or, la réforme en question n'a pas vocation à inverser cette tendance.
Gilles Bridier
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Image de Une: La Faute après le passage de la tempête Xynthia Regis Duvignau / Reuters
Mis à jour le 03/03/2010 à 7h00










































Vous écrivez : "ce sont les maires qui délivrent les permis de construire" et plus loin : "cette décentralisation des compétences en matière d'urbanisme au niveau de la commune est une aberration". Vous parlez de la pression des promoteurs sans préciser que ce pouvoir discrétionnaire des maires est une porte ouverte à la corruption. Sinon comment expliquer certaines voltes-faces dès qu'un terrain réputé non-constructible change de propriétaire ?
"des maires refusent d'être montés du doigt pour leur gestion des permis de construire", dites-vous, on les comprend ! Cependant maintenant qu'il y a eu mort d'hommes, il faudra bien que l'état prenne ses responsabilités vis-à-vis de toutes ces populations qui ont été incitées à s'installer dans des zones dangereuses.
Trop facile de tirer sur l'ambulance une fois la tragédie arrivée.
La pression touristique est telle qu'il est bien difficile de ne pas construire toujours plus de pavillons. Désormais, on ne veut plus d'immeubles, on veut vivre tout ensemble, les uns sur les autres alors que vous faites quelques kilomètres dans les terres, il n'y a plus grand monde.
Je suis particulièrement éberlué quand j'entends une fois de plus Mme Royal s'exprimer sur les ondes et nous dire "Ségolène Royal a ainsi déclaré lundi 1er mars au matin sur France Inter: «Il va falloir reconstruire des digues suffisamment puissantes, solides et hautes. Elles sont très anciennes, n'étaient peut-être pas faites pour supporter un tel choc. Il faut maintenant en tirer les conséquences».
Je rappelle que depuis 6 ans, elle fait de la région Poitou-Charentes, l'excellence environnementale. Une fois de plus, elle n'a rien vu arriver au même titre que les faillites d'entreprises.
Elle a le culot incroyable de profiter de la tragédie pour s'exprimer sur les ondes au moment de la campagne des régionales ! C'est tout simplement une honte car elle n'a pas beaucoup de place dans la reconstruction du département. Le président des Pays de Loire est resté bien plus discret. Il aurait été de bon aloi que Mme Royal accompagne la visite de M. Sarkozy et M. Bussereau plutôt que de faire cavalier seul, comme à son habitude.
Les digues sont un gros problème certes, mais Mme Royal n'a pas perçu le problème de l'envasement du fleuve Charente. Cet envasement rétrécit le lit du fleuve mais celui de l'estuaire.
L'océan a inondé les terres du littoral mais la Charente elle a inondé les champs et certains quartiers de villes.
Le département n'est pas riche mais les priorités ont toujours été les mêmes : le touriste, les festivals, etc...Que voulez-vous faire?
Même si c'est mesquin à dire ! et vraiment pas le jour à en discuter, mais alors, lorsqu' un compatriote tue une autre français, il y a homicide et il passe devant les tribunaux, n'est-ce pas ?
Et là ? que va-t-il ce passer ?
A d'accord ! il s'agit d'élus, et de pas n'importe quels élus !
De plus, ces élus sont nombreux que ce soit du nombre, de l'échelon, de l'ancienneté ou de la qualité !
Comme le nombre de décédés, il est imressionnant ! ah bien sur, il fallait les avertir : on le savait 18 h à l'avance, ah la belle affaire ! et alors ! pourquoi ne pas avertir toute une population pour la faire echapper à la mort pendant 18 h ? A quoi servent les gendarmes ? les pompiers ? Toutes ces personnes auraient pris peur, mais on était en week end ! des psycholoques auraient disponibles, non !
Qu'ont fait les préfectures concernées ? rien ! par contre, les fonctionnaires, eux, recevront leur salaire entier de février 2010 ! merci pour eux, il peuvent dormir tranquille !
d'abord les services de la préfecture étaient à pied d'oeuvre,
ensuite les pompiers aussi,
les gendarmes aussi,
l'edf aussi,
je le sais par quelqu'un qui habite justement LA FAUTE SUR MER;
alors lorsqu'il n'y aura plus de fonctionnaires et que tout sera payant, zone inondable ou pas, les gens paieront.Comme dans les pays anglo-saxons !
De plus, je connais des fonctionnaires qui se "la coulent douce", ceux qui vont récupérer chaque WE en hiver les gens qui font du ski hors piste...!!!
Dites leur de dormir tranquilles, j'en connais qui vous répondront.
Il y en a un peu assez de toujours taper sur les fonctionnaires et dès qu'il y a un pépin de se retourner vers l'état.