Monde / Économie

Le changement climatique va coûter cher à tous les pays

Temps de lecture : 2 min

Aux États-Unis, la somme pour remédier à ses conséquences pourrait représenter jusqu'à 10,5% du PIB d'ici à 2100.

L'argument économique penche davantage vers l'action écologique.. | Markus Spiske via Unsplash
L'argument économique penche davantage vers l'action écologique.. | Markus Spiske via Unsplash

Récemment, un ami me disait: «Si les choses bougent si lentement en matière d'écologie, c'est que ça coûte trop cher et que ça ne rapporte pas assez.» À court terme, c'est peut-être vrai. Les entreprises doivent revoir toute leur conception de production et les États ont pour mission de rénover, de construire et de changer les infrastructures grâce à de l'argent public.

On parle un peu moins des pertes économiques liées au dérèglement climatique. Selon un rapport établi par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR), entre 1998 et 2017 le coût des catastrophes climatiques dues à des épisodes de climat extrême a explosé de 251%. Une hausse qui correspond à une somme de 2.908 milliards de dollars.

À l'avenir? D'ici à 2100, le changement climatique pourrait coûter aux États-Unis jusqu'à 10,5% de son PIB, explique un rapport du National Bureau of Economic Research.

Dépenses substantielles

Au moment où l'on s'inquiète du ralentissement de l'économie mondiale, cette nouvelle étude, qui s'est penchée sur les données économiques de 174 pays entre 1964 et 2017, met en garde contre une réduction beaucoup plus importante de la croissance économique si le changement climatique n'est pas maîtrisé.

«Ce n'est pas seulement le niveau de température qui affecte l'activité économique, mais aussi ses changements persistants au-dessus de la normale», a expliqué au Washington Post l'un des co-auteurs de l'étude, Kamiar Mohaddes, qui anticipe les dommages que ces bouleversements ne manqueront pas de causer sur les infrastructures et les aides qu'il faudra apporter aux collectivités côtières, à la santé, au bien-être, aux écosystèmes et aux pêches.

L'étude révèle qu'une augmentation continue de la température d'environ 0,04 degrés par an –un chiffre avoisinant les conclusions du rapport 1,5 degré du Giec– dans le cas d'un scénario de maintien du statu quo, de fortes émissions entraîneraient une réduction de 7,2% du PIB mondial par habitant d'ici à 2100.

Risques généralisés

Les pays les plus durement touchés seront les pays tropicaux et les pays les plus pauvres. À la différence des études précédentes, celle-ci conclut qu'aucun pays ne sera épargné et qu'aucun ne tirera un avantage économique du changement climatique.

«Le changement climatique sera coûteux pour tous les pays», a déclaré au Washington Post Kamiar Mohaddes, économiste à l'université de Cambridge. Le Canada, par exemple, pourrait perdre plus de 13% de son PIB d'ici à 2100, tandis que le Japon, l'Inde et la Nouvelle-Zélande pourraient également subir une perte de 10%.

En revanche, si les États réduisaient leurs émissions de gaz à effet de serre conformément à l'accord de Paris sur le climat, ces effets pourraient être limités à une perte de 1,1% du PIB par habitant.

À long terme, il semble dorénavant que l'argument économique penche davantage vers l'action écologique.

Slate.fr

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