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En Inde, les personnes musulmanes se retrouvent sans-papiers

Temps de lecture : 2 min

Des millions de citoyen·nes ayant vécu en Inde toute leur vie doivent désormais prouver leur nationalité.

Des musulmans célèbrent l'Aïd el-Fitr, le 16 juin 2018 à Guwahati, la capital de l'État d'Assam en Inde. | Biju Boro / AFP
Des musulmans célèbrent l'Aïd el-Fitr, le 16 juin 2018 à Guwahati, la capital de l'État d'Assam en Inde. | Biju Boro / AFP

Porté par sa large réélection à la tête de l’État indien en mai, Narendra Modi et son parti, le Bharatiya janata party (BJP), tentent de mener dans le nord du pays un coup de force nationaliste hindou sans précédent.

Modi est parvenu à se faire réélire en mobilisant sa base hindoue grâce à une campagne aux forts accents nationalistes, qui a éclipsé son bilan économique mitigé. Dès cet été, le gouvernement a donc continué sur sa lancée en révoquant l’article 370 de la constitution, qui conférait au Cachemire un statut d’autonomie partielle.

En plus d’une situation très tendue dans cette région à majorité musulmane convoitée par le Pakistan, le New York Times rapporte que les événements s’accélèrent aussi à Assam, une région proche des frontières avec le Myanmar et le Bangladesh.

Selon le journal américain, les musulman·es de la région voient leur citoyenneté remise en cause et risquent d’être considéré•es comme des migrant·es présent·es dans le pays illégalement. Des centaines de personnes ont d’ores et déjà été arrêtées.

Chasse aux migrant·es

Cette chasse aux migrant·es est justifiée par le gouvernement par l’arrivée jugée néfaste de musulman·es sur le territoire indien. Des arrivant·es que le puissant ministre de l’intérieur Amit Shah n’a pas hésité à qualifier de «termites». Il a même assuré que son parti allait les «prendre un par un et les lancer dans le Golfe du Bengale».

Des musulman·es ayant vécu toute leur vie en Inde doivent donc désormais chercher des documents pouvant prouver leur citoyenneté ou celle de leurs ancêtres. Or, ce peut être une tâche difficile et de nombreuses familles se hâtent de mettre la main sur des actes de propriété ou des certificats de naissance datant de plusieurs dizaines d’années.

D’après le New York Times toujours, les autorités indiennes sont en train de construire de vastes centres de détentions pour toutes les personnes considérées comme migrantes illégales.

À côté de cela, le BJP vient de passer une loi ouvrant la citoyenneté aux migrant·es hindou·es, chrétien·nes, sikhs, bouddhistes, parsis et jaïns des pays voisins. Soit toutes les religions majeures d’Asie du sud à l’exception de l’Islam.

Slate.fr

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