Société

Quand les Black Panther tenaient les armes, la NRA était plus modérée

Temps de lecture : 2 min

La NRA est connue pour sa défense pied-à-pied du port d'armes, mais ce n'a pas toujours été le cas.

Des Black Panthers en formation lors d'une manifestation anti-fasciste à Oakland en décembre 1969. | AFP
Des Black Panthers en formation lors d'une manifestation anti-fasciste à Oakland en décembre 1969. | AFP

Le lobby des armes américain, la célèbre National Rifle Association, connue pour ses positions pro-armes jusqu’au-boutistes, est l’un des groupes à l’influence la plus importante à Washington. À chaque fusillade de masse, le lobby s’empresse de s’opposer à d’éventuelles lois de contrôle des armes à feu. Ce qu’elle a encore une fois fait après les récentes tragédies dans le Texas et l’Ohio.

Aujourd’hui, son inflexibilité dans sa défense du second amendement confine à la parodie, mais cela n’a pas toujours été le cas. En 1967, la NRA a même soutenu le Mulford Act, une loi californienne interdisant le port visible d’armes chargées en public. Pourtant, le droit à l’«open carry», c’est-à-dire porter une arme non dissimulée et disponible à tout moment, est un droit aujourd’hui défendu avec ferveur par la NRA.

En 1967, le fraîchement créé mouvement afro-américain d’inspiration marxiste Black Panther Party exerçait pleinement son droit de port d’arme. Ses militant·es suivaient les voitures de police à Oakland et écoutaient leurs radios afin d’être présent·es, et armé·es, lors d’arrestations.

Policer la police

Le but des black panthers était de «policer la police» et de rappeler leurs droits aux interpellé·es. Ces actions, bien que tout-à-fait légales à époque, étaient impensables pour les américains conservateurs et notamment pour le gouverneur de Californie cette année là, Ronald Reagan.

C’est en réaction à ces patrouilles que Don Mulford, un élu républicain d’Oakland, porte au vote la loi qui porte son nom, avec le soutien de la très conservatrice NRA. En réponse, trente panthers armés de fusils à pompes et d’armes de poing pénètrent dans le capitole de l’État de Californie afin de dénoncer «une législature raciste destinée à garder les noirs désarmés et impuissants».

Cette manifestation très médiatique a finalement poussé la loi à être adoptée, Reagan déclarant même qu’«aucune raison ne pourrait expliquer pourquoi, dans les rues d’aujourd’hui, un citoyen devrait porter une arme».

Ironie de l’histoire, la promulgation du Mulford Act a lancé une vague de gun laws restrictives dans l’ensemble des États-Unis. Ces mêmes lois contre lesquelles lutte ardemment la NRA aujourd’hui car elles contreviennent selon eux au second amendement, qui affirme que le port d’arme ne peut être remis en cause car «Une milice bien organisée [est] nécessaire à la sécurité d'un État libre.» L’exact argument des Black Panther de 1967.

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